Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 8

1/31/2014 09:00:00 PM Esteren 0 Comments

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Je me retournai pour prendre appui et élan, mais ce que je vis m’arracha un cri. Je crus voir son visage se déformer et prendre la forme d’un masque grimaçant, noirâtre. Mon coup perdit le peu de force qu’il avait. J’étais paralysée par la peur. Une partie de moi me suppliait de reprendre le dessus sous peine de mourir, mais c’était plus fort que moi, je n’arrivais pas à bouger. Tandis qu’il me tirait à lui, j’avais l’impression d’être une mouche immobilisée par une araignée qui s’apprêtait à la dévorer vivante.


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Une Raison d'agir - épisode 8



« Ma chambre est là. »

Je m’entendis dire ces paroles, j’ignore même pourquoi. C’était une tentative pathétique pour le calmer alors qu’il semblait sur le point de déchaîner toute sa violence sur moi, et qu’il devait savoir que je voulais lui échapper.

« C’est bien, allons-y. »

Encore une fois cette impression d’absurde me revint et je ne savais plus si je devais avoir peur des coups ou de devenir folle. Il faisait très sombre. J’ouvris la porte, mais il me tenait fermement un bras.

« Je vais allumer la lumière. »

Il acquiesça, sans me lâcher. J’allai tout droit, laissant mon armoire et mon lit à ma droite, pour me diriger vers une coiffeuse munie de tiroirs sur laquelle se trouvait un chandelier. La clarté de la bougie me permit de voir le visage de Cethern dans la glace devant moi. Je ne pouvais m’empêcher à ce moment d’avoir l’espoir fou que je me trompais, que c’était une sorte de plaisanterie cruelle, qu’il allait redevenir lui-même. Je le souhaitais tout autant que je n’y croyais pas, et j’étais proche de désespérer. Cet ennemi qui avait surgi chez moi par cette nuit d’orage pouvait m’infliger les pires sévices : il était bien plus fort, il avait une armure presque organique, et j’étais seule. Les larmes me montèrent aux yeux. J’hésitais à me résoudre à mon sort.

Le visage de Cethern dans le miroir… Les mains gantées de métal, il m’enlaçait en me plaquant contre le meuble, il me griffait bien plus qu’il ne me caressait et arrachait des pans de tissu de ma robe. Contempler son reflet qui me serrait et me lacérait, parfois jusqu’au sang, lui arrachait des rires d’une joie mauvaise. Comment tolérer cela, même d’un faux Cethern ? Certes, nous nous étions mariés sur un malentendu, mais il restait pour moi comme un frère. Allais-je supporter qu’un monstre utilise son visage comme un masque, le souille et m’inflige cela, à moi ?

Non ! J’étais encore vivante, je serrai les dents et ne criai pas. Le monstre haletait tant que de la buée commençait à couvrir le miroir.

« Laisse-toi faire. »

Apparemment j’avais dû me crisper, le gêner, je ne sais pas. Il me mordait le cou et l’épaule, s’excitait, mais comme je l’avais présupposé, son armure ne lui permettait pas d'en venir facilement aux fins qu’il escomptait. C’était stupide, ça l’énervait, il devait au moins défaire la solide coquille qui le protégeait des mauvais coups sur les parties sensibles de son anatomie. Le problème était d’y parvenir d’une seule main, en portant un gant d’armure. Il n’était que force brute et pulsion, il ne réfléchissait pas beaucoup. Soudain, je pris conscience de ce que j’estimais être de la stupidité. Ce fut comme une révélation. Cet être qui m’avait terrifiée était primaire, sans subtilité, et j’avais été bien sotte de ne pas m’en rendre compte plus tôt et de ne pas en avoir tiré parti d’une manière ou d’une autre.

Il me prit par mes nattes pour me coucher sur la coiffeuse d’une main et relever ma jupe. Je ne touchais plus le sol, j’étais presque le nez contre la glace désormais totalement couverte de buée. Je sentais qu’il n’en pouvait plus de se coller contre moi, il griffait mes cuisses, m’écrasait péniblement entre lui et le bois. Mais il luttait toujours avec sa coquille, et les griffes de ses gants de métal se retournaient contre lui.

Ma tête fut tirée brutalement en arrière par l’étranger qui prenait mes nattes pour des rênes, et j’écarquillai les yeux de surprise. Une main invisible écrivait à l’envers sur le miroir. Était-ce la réalité ou une création de mon esprit qui cherchait désespérément à échapper à la fin sordide qui m’attendait ?

« Bats-toi. Tue-le. »

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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

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Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 7

1/24/2014 09:00:00 PM Esteren 0 Comments

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Du coin des yeux je voyais qu’il avait fini de manger. Il avait encore bu du vin et s’était tourné vers moi. Je comprenais plus ou moins qu’il était question de me violer pour son dessert. Pourquoi le voyais-je comme un viol ? De mon point de vue, nous avions un mariage de raison… Mais quand je le voyais dans cette armure qui avait dû être portée jusqu’à la fin de Gwaird par un de ses héros mort dans des circonstances abominables, avec un ton presque métallique d’automate de chair, tout mon être se révulsait. La seule perspective d’un contact intime avec une chose animée aussi roide et rude me donnait une sorte de nausée glacée.


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Une Raison d'agir - épisode 7

La seule chose qui m’évitait de sombrer dans la panique était une pensée stupide : comment comptait-il s’y prendre sans ôter son armure ? Elle paraissait presque collée à sa peau, comme une carapace d’insecte. J’essayais d'analyser cette protection sans le regarder avec trop d’insistance, pour ne pas provoquer quelque chose qui précipiterait ma fin. Je ne voyais aucun défaut. Même les articulations étaient agrémentées d’une sorte de cuir ou de toile cirée qui se pliait et se dépliait au gré des mouvements, tout en paraissait très solide. Il n’y aurait qu’un épéiste talentueux pour trouver là un point où frapper. Moi, avec mes poings ou une dague, je perdrais mon temps.

« Où est ta chambre ? »

La menace se précisait. Je déglutis difficilement sous le choc. Quelles alternatives avais-je ? Fuir dans le château et me cacher ? Courir dans ma chambre, m’y enfermer ? Dans les deux cas il pouvait me rattraper et j’imaginais que sa violence à mon égard serait bien pire. Devais-je me soumettre ? Des milliers de femmes s’y résolvent bien pour des motifs d’intérêt politique ou par manque d’argent…

« Conduis-moi. »

Il aurait dû savoir. Ses questions indiquaient qu’il n’était pas Cethern, même pas un Cethern perverti, mais bien quelqu’un qui avait son visage et ne connaissait que des bribes de sa vie. Cela signifiait qu’il ne connaissait pas le château. Peut-être que cela me donnait une chance ? Je devais au moins pouvoir le distancer, et peut-être fuir ensuite avec son cheval. Cela valait la peine d’essayer ! Je me levai et allai dans le couloir en marchant, avant de me mettre soudainement à courir comme jamais vers le fond, pour atteindre l’escalier en colimaçon menant à l’étage. De là les pièces, en état ou non, parfois reliées par des échelles pour monter jusqu’aux combles, m’offraient une réelle opportunité. Malgré sa rapidité dans cette armure monstrueuse, il devait peser au moins trois fois mon poids. Le sol pouvait craquer… J'avais une idée, et elle me donnait de l’espoir. Je savais où aller, où trouver mon salut.

Je n’avais que peu d’avance, il était vif. Je gravis les marches aussi vite que possible, relevant amplement ma robe pour ne pas trébucher. Il ne perdait pas son temps à me couvrir d’insultes, il me suivait, de près, je le devinais. La terreur m’étreignait, il me semblait que cet escalier ne finirait jamais. Enfin, l’étage ! Je crus être presque tirée d’affaire, mais il s’était jeté à terre pour m’attraper à la cheville. Il tira sèchement. Je fus emportée par mon élan vers l’avant, et je m’écrasai douloureusement sur le parquet rugueux du couloir. J’avais le souffle coupé et je savais qu’il fallait que je trouve rapidement une solution… Il me parut judicieux d’essayer de lui casser le nez, d’un coup de talon de ma jambe libre. Je me retournai pour prendre appui et élan, mais ce que je vis m’arracha un cri. Je crus voir son visage se déformer et prendre la forme d’un masque grimaçant, noirâtre. Mon coup perdit le peu de force qu’il avait. J’étais paralysée par la peur. Une partie de moi me suppliait de reprendre le dessus sous peine de mourir, mais c’était plus fort que moi, je n’arrivais pas à bouger. Tandis qu’il me tirait à lui, j’avais l’impression d’être une mouche immobilisée par une araignée qui s’apprêtait à la dévorer vivante.
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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

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Beauty de Rino Stefano Tagliafierro

1/23/2014 11:20:00 AM Esteren 0 Comments


Une vidéo magnifique de Rino Stefano Tagliafierro que l'on partage avec vous ! Le metteur en scène nous fait voyager parmi 100 œuvres classiques... assez incroyable !





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Le Esteren Tour 2014 : C'est parti !

1/23/2014 07:34:00 AM Esteren 0 Comments

Et voilà, c'est reparti ! Après une date mémorable le 31 novembre dernier, nous repartons sur la route pour une 131ème date le 25 janvier (ce weekend !!!) à Villejuif pour la deuxième édition des Saturday Night Geekers !


Retrouvez Chris pour une séance de dédicace. Voici le site avec la billetterie et les infos pratiques : http://www.weezevent.com/saturday-night-geekers

Nous préparons d'autres dates... restez branchés !



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Dearg : compte-rendu de partie pour le focus Gaol

1/19/2014 06:34:00 PM Esteren 0 Comments

ATTENTION SPOILER !
Si vous êtes joueur, ne lisez pas l'article d'aujourd'hui...

Nous vous présentons un compte rendu de Pierrot le Fou, un membre de la communauté. Il est très complet et retrace le focus "Gaol" publié dans l'épisode 1 de Dearg. Un retour plutôt positif mais qui témoigne aussi de ce qui a pu coincer. Si vous êtes un meneur, nous espérons qu'il pourra vous aider à avoir une vision plus claire sur le déroulement d'un focus !

N'hésitez pas à venir vous inscrire sur le forum des meneurs pour lire plus de retours sur les publications.

C'est parti :

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 Ça y est, ma table a fini de jouer Gaol le week-end dernier !
D'abord, et même si je redévelopperai ce point à la fin : je tiens à dire que mes joueur-se-s ont adoré !
Il nous a fallu trois séances, donc au final entre 15 et 20 heures de jeu (on ne compte plus à la fin), ce qui est sans doute un peu trop long, mais là aussi j'y reviendrai plus tard.

Mise en place
Pour votre information, je n'ai pas les personnages prétirés à ma table. Effectivement, à intervalles réguliers, cette situation me contraint un peu à triturer le background de mes PJ, pour coller à la gamme officielle. C'est un souhait de ma part : je n'ai pas le temps de réécrire tout un scénario, et je ne m'en sens pas les reins assez solides. La table est au courant de la situation, et comme nous avons volontairement assez peu développé les backgrounds à la création, cela laisse une marge de manoeuvre, quand même.
Tout ça pour dire que les PJ ne sont pas du tout issus du val de Déarg, même si ils ont joué Poison, Automne Rouge, Mots Vengeurs, et finalement Loch Varn. Le personnage qui occupe le Premier Rôle est un barde de Tulg Naomh, issu d'une famille de grands marchands. J'ai donc décidé de créer un lien familial entre sa mère et la famille de Maorn. À 15 ans, les relations sont tendues entre le fils, qui veut devenir barde, et son père, qui voit son fils en marchand lui succédant, et donc, pour lui mettre un peu de plomb dans la cervelle, il est envoyé dans la famille de Maorn, qu'il ne connaît pas. Ses parents, connaissant Maorn, espèrent que son caractère dur et froid l'endurciront un peu.

Première soirée de jeu : découverte du Val, et développement des liens avec Maël et Céliane
Nous avons donc commencé comme prévu par la première scène, l'entraînement. La copine qui avait décidé d'interpréter Maorn s'en est donnée à coeur joie, elle qui n'a pas du tout l'habitude d'interpréter ce genre de personnages !
La suite s'est déroulée de façon très linéaire, aussi bien les rencontres avec Maël qu'avec Céliane. Je n'avais pas prévu de faire jouer Argan à un des joueurs, mais celui qui interprétait Céliane l'a fait spontanément dans la forteresse, lors des scènes où justement Céliane est absente. Il en a aussi profité pour bien se lâcher sur Maël et le Premier Rôle ! Sadiques mes joueur-se-s ?
Lors de la scène 4 - Jalousie, j'en ai aussi profité pour donner la possibilité à la joueuse qui incarne une varigale de la jouer, dans l'objectif aussi de créer des liens avec Déarg. Cela peut se justifier dans son background, et du coup elle a notamment commencé à développer des liens avec Aïnlis, Yldiane et Mirna. Lors de cette scène, le naturel est également revenu au galop avec le Premier Rôle : son personnage est un coureur de jupons, et même si je lui ai bien fait comprendre qu'il était éperdument amoureux de Céliane, il n'a pas pu s'empêcher de draguer un peu, notamment le groupe de filles mentionné plus haut. Heureusement, ces dernières n'ont généralement pas leur langue dans la poche et l'ont vite rembarré. Maorn a aussi lancé un concours d'éloquence sur le thème de l'amour au cours du mariage, qui a été remporté par le Premier Rôle, devant Maël. Cela lui a permis de briller un peu devant Céliane, car par ailleurs, quasiment dès le départ, il s'est mis dans la tête qu'elle avait choisi Maël.
Lors de l'attaque des brigands, j'ai fait de Céliane une redoutable chasseuse : le copain qui l'incarnait a eu plein de chance aux dés, alors que les caracs que j'avais imaginé vite fait étaient vraiment légères !
La soirée de jeu s'est terminée avec l'annonce de Wylard, maintenant le suspense...!

Deuxième soirée de jeu : voyage vers Eaux Salées et enquête
Lors de cette deuxième partie, un joueur n'était plus avec nous. C'est un des côtés pratique des foci : le seul personnage indispensable, c'est le Premier Rôle !
Nous avons de nouveau réparti auprès des deux autres joueur-se-s les seconds rôles, car ils incarnaient auparavant Céliane, Maorn, et ponctuellement Argan. Je me suis gardé Jerryl, et leur ai présenté tous les figurants présentés dans Déarg I - page 81.
Voulant leur laisser le plus d'autonomie possible dans le focus, pour ne pas qu'ils aient trop l'impression d'être enfermés dans un carcan, j'avais un peu préparé le voyage du val de Déarg jusqu'à Eaux-Salées, à l'aide de Voyages VF (très pratique, j'ai hâte d'avoir la version augmentée ! c'est quand ? ). Par conséquent, le voyage a duré un peu de temps, et la soirée était déjà bien avancée quand nous sommes arrivés à Eaux-Salées.
Après quelques temps dans le domaine, qui a surtout servi à mettre en place Maël et le Premier Rôle dans le domaine, j'ai décidé de lancer l'enquête. J'avoue que je stressais un peu, ne sachant pas trop comment amener la table à trouver les indices. Bon, en fait ça s'est fait naturellement. Très rapidement, ils se sont en peu enfoncés dans les villages qui se trouvent dans les marais, et je me suis dit (comme les PJ d'ailleurs) que Jerryl avait forcément des contacts avec les villageois misérables des marais. Du coup, après quelques interrogatoires des villageois, ils ont obtenu les informations principales. J'ai présenté Jerryl un peu comme un Robin des Bois aux yeux des habitants des marais, ça me semblait assez logique à vrai dire.
Au retour de l'enquête, j'ai complètement zappé de jouer la scène de rencontre avec les Roseaux de Fer aux Salicornes, le relais de voyageurs ! Ça n'a pas posé de soucis pour la suite....
La scène 3 a été très narrative, et la soirée étant alors très avancée, nous nous sommes arrêtés au début de la scène 4, lors de l'annonce de l'attaque des Roseaux de Fer...

Troisième soirée de jeu : attaque des Roseaux de Fer, puis retour à Déarg
Étant donné le "retard" accumulé lors de la précédente soirée, j'ai prévenu tout de suite que j'allais être beaucoup plus dirigiste et directif. Il fallait absolument qu'on finisse le scénario ce soir-là, pour plusieurs raisons ! Cela a bien été accepté par la table.
Donc, nous avons joué la mission de secours vers le château du duc Mac Tremen : c'était très bien pour avancer tout de suite sur un bon rythme !
J'ai joué les choses de façon très linéaires là-aussi, laissant assez peu d'initiatives aux joueurs (une joueuse incarnant Jerryl, un joueur interprétant Maël, en plus du Premier Rôle). J'ai quand même cru au départ que Maël allait se porter au secours du duc au lieu de poursuivre Jerryl, mais ça l'a fait, ouf !
J'ai bien insisté sur la thématique du mariage entre les clans nobles, et ça a bien marché pour Maël, je crois.
Pour la scène 5 de l'acte, qui à mon sens est une des plus importantes et une des plus difficiles à mettre en scène, j'ai fait sortir alternativement certains joueurs. Celui qui incarnait Maël se l'est gardé pour lui, tandis que la joueuse a interprété Geleis. Pour cette scène, je n'ai pas hésité à copier certains des passages du pdf et à les imprimer, notamment le paragraphe "Une histoire de rivalité" (expurgé des quelques infos "sensibles" ), et je n'ai pas regretté, car la joueuse s'est notamment bien appuyée dessus et a sur emmener le Premier Rôle là où je le voulais. Quant à Maël, alors que je ne m'y attendais pas du tout, il est sorti de l'ombre pour aborder le sujet avec Deaglàn et Doern ! J'en ai alors profité pour qu'il comprenne l'importance des réalités des nobles, de leurs responsabilités, etc... Doern et Deaglàn lui ont également demandé de garder le secret. Ça a marché !
À la fin de l'Acte, Maël et le Premier Rôle ont discuté longtemps, sans révéler exactement ce qu'ils savaient l'un et l'autre. Maël a voulu garder le message pour lui.
Le voyage retour pour le coup a été beaucoup plus rapide qu'à l'aller !
Le début de l'Acte III a roulé : en mode narrativiste, je me suis contenté de divulguer les infos importantes, voulant me garder du temps pour la scène du moulin. J'ai laissé quand même une occasion au Premier Rôle de briller aux yeux de Céliane lors de la scène 2.
J'ai adoré le début de la scène 3 : ils ont tous halluciné de voir débarquer Wylard ! Maël s'est dit dans un premier temps que ce serait l'occasion de s'appuyer sur lui pour écarter Argan de la forteresse, mais il a vite dû déchanter ! La première partie du repas, avec l'annonce de la grande quête de Wylard, les a tous un peu scotchés, et puis je les ai un peu laissé souffler... avant de relancer le tout avec les projets de mariage de Wylard ! Là, c'était le top ! Maël qui demande un délai pour réfléchir, Wylard qui lui laisse quelques heures... Et finalement Maël qui accepte, sans que je n'ai rien besoin de lui souffler, c'était vraiment cool !
On a ensuite rapidement enchaîné avec la scène de l'incendie. La joueuse jouait cette fois Aline, je l'avais un peu brieffé avant pour qu'elle convainque le Premier Rôle de la suivre. Là encore ça a marché. Sur place, les jets de résistance mentale ont volé, ainsi que les jets pour résister à la fumée et la chaleur, parce que le Premier Rôle n'a pas trop su quoi faire tout de suite. Puis, son idée était de mettre à l'abri Céliane, avant d'essayer de libérer Maël. Voyant qu'elle ne partirait pas sans eux, il a pensé un moment à l'assommer, puis ils ont essayé de bouger à deux la poutre entravant Maël... et là, alors que je ne lui avais rien dit (personne ne savait que Maël mourait, et Aline venait de mourir sous leurs yeux) Maël a eu la réaction parfaite. Il m'a demandé si il avait une dague, j'ai confirmé... il a sorti sa dague et se l'est enfoncée dans le ventre sous les yeux de Céliane et du Premier Rôle ! Trop la classe !
La fin du scénario s'est déroulée de façon très narrative. Je n'ai pas fait joué la scène de tentative de suicide par la noyade, par manque de temps et fatigue de tout le monde. Je me suis réservé aussi l'épilogue pour la fin, parce que là, on est quand même 5 ans dans le passé du Premier Rôle.

Remarques sur le scénario
Comme je l'écrivais au départ, ma table a tout simplement adoré le scénario ! Tout leur a plu : l'ambiance, l'enquête, même le côté changement de rôles leur a plu. C'était une vraie crainte pour moi, car j'ai à ma table des joueur-se-s vraiment habitué à du jdr classique (Warhammer, Vampires...), mais non, c'est super bien passé ! Je crois même que c'est sans doute de tous les scénarios officiels celui sur lequel ils ont le plus accroché. Je vous livre quand même certaines de leurs remarques diverses :
- a priori ils ne souhaitent pas poursuivre avec un nouveau focus tout de suite, parce que quand même ceux qui ont interprété les seconds rôles ont malgré tout envie de retrouver leurs persos ;
- sur trois soirées, ils ont trouvé ça un peu long ; là j'imagine que c'est très subjectif, et que tout dépendra des tables ;
- en revanche, ils ont vraiment accroché à l'histoire des Mac Govrian, et à la lutte qui ne dit pas son nom pour conserver le pouvoir et s'imposer face à Argan !
Du fait qu'ils ont adhéré au principe du focus, la valse des seconds rôles s'est bien passée. Très rapidement, ils n'ont pas hésité à incarner des figurants sans même me demander, je crois qu'ils ont vraiment apprécié. Par contre, sur certains scènes, je pense que le meneur ne doit vraiment pas hésiter à leur transmettre le scénario, pour leur permettre d'incarner au mieux les rôles et faire avance l'histoire dans le bon sens ! Ça demande un peu de boulot de préparation, mais ça évite de laisser un second rôle en plan parce que le MJ a besoin de lui faire dire quelque chose de précis ! À chaque fois que j'ai transmis le scénario, ça c'est super bien passé ! Le pdf peut être utile pour ça : il est très facile de copier certains paragraphes, et de les expurger des infos sensibles, pour pouvoir ensuite les copier dans un fichier texte !
Quelques ombres malgré cela, qui ne sont d'ailleurs pas forcément dues au scénario :
- à ma table, l'humour potache est vraiment de mise, et du coup, il est vrai que pour jouer une histoire d'amour tragique, l'ambiance n'était pas forcément toujours au top ! Bon, en même temps je savais à quoi m'attendre, du coup ça ne m'a pas déçu, mais sans doute que l'histoire aurait eu un impact plus fort sans ce point noir. Je pense aussi que sans doute de nombreuses tables seront confrontées à ce problème, à chacun après de voir en fonction des joueur-se-s.
- une question qui m'a un peu turlupiné en préparant le scénario : quelle est la distance entre le domaine d'Eux-Salées et le château du duc Mac Tremen ? Ce n'est pas clairement abordé dans le scénario, et par commodité je les ai placé à quelques heures de chevauchée de distance... mais je ne trouve pas ça très logique !

Voilà, pour conclure un grand merci pour ce focus ! Moi et ma table, on veut la suite ! Vite !



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Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 6

1/17/2014 09:00:00 PM Esteren 0 Comments

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Je gardais la tête basse à examiner les pièces et les bijoux tandis qu’il mangeait et buvait à côté de moi. Il me paraissait immense, cette armure lui donnait l’air d’un géant alors même qu’il se déplaçait presque normalement avec elle.

*
* *

Une Raison d'agir - épisode 6


« Tu as trouvé ce trésor et ton armure au même endroit ?

- En effet.

- Où était-ce ?

- Dans les Mòr Roimh, en Gwidre, près du Pic Ordachaï, dans l’antique cité de Gwaird.

- Gwaird ? Cette ville troglodyte qui se serait coupée du monde durant l’Aergewin en fermant ses portes et où tous seraient morts de faim ?

- Beaucoup périrent du fait de feondas qui jaillirent des profondeurs des mines. La faim n’emporta que ceux qui s’enfermèrent à l’intérieur du dernier bastion.

- Tu y es allé seul ?

- Non.

- Tes compagnons ont donc aussi un trésor comme celui-ci ?

- Non.

- Ils n’ont pas voulu leur part ?

- Ils sont morts. »

Voilà ce qui arrive quand on pose trop de questions : on apprend des vérités qu’on préférerait parfois ignorer. À ce moment je ne voulais pas savoir si Cethern les avait tués pour garder l’intégralité du trésor. J’appréhendais de découvrir comment il connaissait les détails de la chute de Gwaird. Jamais le Cethern que j’avais connu n’aurait pu retrouver une ancienne cité tout seul. Il avait dû s’appuyer sur l’aide d’experts. Cela ne s’improvisait pas. Ils avaient dû longuement explorer la région et les sous-sols. Ils étaient tous morts.

J’étais partagée entre l’effroi et une pensée froide qui continuait d’analyser et de juxtaposer les éléments. Je me tenais près du feu, aux pieds de mon époux qui portait cette armure de l’ancien temps et dînait tout naturellement tandis qu’il pleuvait toujours dehors. Calmement et en silence, je m’efforçais de peser ce qui était en ma faveur et ce qui me desservait. La situation n’était pas bonne.

« Depuis combien de temps sommes-nous mariés ?

- Cela remonte à la fin de l’été dernier, et nous sommes à présent au début du printemps, même s’il tarde à venir en ces régions…

- Presque un an. Et j’ai abandonné ma jolie mariée seule ici…

- Tu voulais restaurer ce château pour que nous puissions y vivre décemment.

- Le temps a dû te paraître bien long à dormir seule. Heureusement que je suis revenu. »

Du coin des yeux je voyais qu’il avait fini de manger. Il avait encore bu du vin et s’était tourné vers moi. Je comprenais plus ou moins qu’il était question de me violer pour son dessert. Pourquoi le voyais-je comme un viol ? De mon point de vue, nous avions un mariage de raison… Mais quand je le voyais dans cette armure qui avait dû être portée jusqu’à la fin de Gwaird par un de ses héros mort dans des circonstances abominables, avec un ton presque métallique d’automate de chair, tout mon être se révulsait. La seule perspective d’un contact intime avec une chose animée aussi roide et rude me donnait une sorte de nausée glacée.

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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

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Une nouvelle récompense aux US pour Esteren !

1/16/2014 07:52:00 AM Esteren 0 Comments

La nouvelle édition du Livre 2 Voyages remporte le Best Art Award pour 2013, décerné par Diehard GameFAN et le tout devant Numenera et Cryptworld ! Voici le lien pour l'annonce officielle.

"Sometimes though there is just an artist or series of artists that blows everyone away."

Champomy !



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AIde de jeu pour les feondas : pièges de plantes carnivores

1/12/2014 11:38:00 AM Iris d'Automne 0 Comments

La plante carnivore est un classique des histoires d'aventures et d'horreur, cet article présente quelques données qui peuvent être utiles pour confronter les PJ à un dangereux feond végétal... En s'inspirant des propriétés réelles de ces plantes, le meneur pourra imaginer son propre feond.

 Photo de charlesnikon

Se développant dans des environnements hostiles, avec un sol très pauvre en nutriments, ou bien acide ou encore très alcalin, les plantes carnivores ont développé une stratégie de survie dans laquelle elles trouvent essentiellement leur nourriture grâce aux insectes et autres arthropodes. Ces plantes ne négligent cependant pas de se nourrir aussi du pollen ou des spores qu’elles capturent de la même manière. 

Pièges à urnes

Rouges, blancs, jaunes, dotés de motifs colorés… Les plantes carnivores dotées de pièges à urnes attirent la proie par une petite ouverture, et une fois à l’intérieur, celle-ci est prisonnière, vouée à chuter ou glisser dans le liquide, au fond de l’urne. Le fluide visqueux se distingue de l’eau en ce qu’il peut mouiller même un insecte capable de flotter à la surface normalement. Par ailleurs très acide, le liquide fait office de suc digestif.

Pièges adhésifs

Il peut s’agir de petites plantes se développant dans le sable des rivages, ou bien des lianes dans la forêt. Dans certains cas, la plante imite l’aspect d’une autre plante, comestibles, et se nourrit donc du prédateur de celle-ci. Outre l’attraction visuelle, les plantes carnivores peuvent émettre assez loin des parfums, des attracteurs chimiques qui amènent les proies à venir vers elles de loin.

Des points luisants de mucilage, perles brillante ou gouttelettes de nectar attirent les insectes notamment vers les pièges adhésifs. Le mucilage est une substance brillante, adhésive et qui gonfle avec l’eau. Plus la proie se débat, plus elle est entravée par les fils élastiques du fluide.

Le piège adhésif peut être passif ou actif, c’est-à-dire prendre la forme d’un assortiment de tentacules qui achèvent d’emprisonner la proie qui a commencé à se faire engluer.

Pièges à nasse

La proie pénètre dans un tuyau, où, gênée par des poils orientés, elle ne peut que cheminer dans un seul sens, en direction de la base du piège où elle sera digérée. Ce type de piège se combine parfois avec un piège glissant comme ceux des plantes à urnes. Un autre complément de ce type de piège peut être constitué de parois éclairées de fenêtres translucides : la proie voit de la lumière et croit pouvoir sortir par là alors qu’elle se heurte à un mur et se trouve dans une partie très dangereuse de la structure.

Pièges à mâchoires

L’exemple le plus connu est celui de la dionée : la proie touche malencontreusement successivement deux petits fils sensibles dans la zone où elle a été attirée, et la mâchoire se referme sur elle en un à deux dixièmes de seconde. Une fois la proie enfermée, elle est lentement broyée complètement pendant plusieurs heures durant lesquelles la plante secrète des fluides qui tenant du joint de d’étanchéité autant que du suc digestif pour absorber toute la matière organique durant trois semaines.

Pièges à utricules

Efficace dans l’eau, le piège à utricule se joue en trois étapes. D’abord, la plante carnivore, dotée de cils sensibles, perçoit un mouvement à proximité. À cet instant, elle génère une très brève (un cinquantième de seconde pour le record connu) et puissante aspiration qui emporte aussi bien la proie que l’eau autour d’elle dans la poche. Le tout se referme soigneusement. Enfin, prisonnière, la proie sera tuée et digérée : noyée, étouffée, écrasée…

Symbioses

Si les plantes purement carnivores assurent l’ensemble de la prédation et de la digestion, d’autres posent le piège, mais fonctionnent en symbiose avec des micro-organismes ou des arthropodes qui les aident à assurer la digestion et lui permettent d’assimiler sa nourriture. Parmi les formes de vie inféodées à ces plantes carnivores particulières, des punaises et des araignées.


Pour en savoir plus...
"Les végétaux insolites - L'inventivité sans limite des plantes", in Dossier pour la science n°77, octobre 2012.

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Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 5

1/10/2014 09:00:00 PM Esteren 0 Comments

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Ce fut alors qu’on frappa à la porte. Ce n’était jamais arrivé, j’en restai stupéfaite. On insista. L’orage roulait, assourdissant. Qui ? Un villageois ? Pourquoi si tard ? Un varigal surpris par le mauvais temps ? Alors que je me résolus enfin à aller voir, mon visiteur commença à secouer la poignée de la porte qui fermait mal, comme tout le reste, et l’ouvrit d’un coup. Je vis une silhouette massive, noire, se découper dans la brève lueur des éclairs tandis que la pluie s’était mise à tomber à verse.

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Une Raison d'agir - épisode 5

Il entra d’un pas lourd, avec une armure ancienne dont je m’étonnais même qu’il pût la porter, et ôta son casque.

Cethern ? C’était bien son visage, ses traits, mais son expression était dure et comme absente. Je crus un instant me tromper, qu’il s’agissait d’un inconnu tant il paraissait fatigué et songeur. Quel guerrier porterait un tel équipement ici, dans une région si isolée que même les brigands la désertaient ?

À présent qu’il s’approchait de la lumière du feu, je devinais des motifs sur l’armure qui étaient proches de certaines gravures que j’avais vues autrefois dans un livre. Je ne me rappelais pas exactement de quoi il s’agissait, mais j’en conçus un profond malaise. Quelque chose en moi me disait de fuir sur le champ la noirceur que je pressentais. Pourtant, c’était Cethern, même si peu avant je songeais à le quitter en abandonnant ce foyer en ruine… J’étais perdue, et comme souvent, j’avais du mal à chercher mes pensées et mes mots en même temps. Soudain, je sursautai à sa question :

« Eh bien femme, est-ce ainsi que tu accueilles ton époux ?

- Pardon. Souhaites-tu dîner ?

- Pourquoi pas.

- Je te prépare tout. Peut-être veux-tu que je t’aide à ôter ton armure ?

- Non.

- As-tu fais bon voyage ? Tu cherchais des fonds pour restaurer les Hauts-Vents ?

- J’ai ce qu’il faut.

- Vraiment ?

- Tu en doutes ? Attends. »

Ma voix était bien peu assurée et je m’inquiétais de chaque détail. Qui refuserait d’ôter une armure aussi monstrueuse alors qu’il était trempé ? Il ressortit et revint avec un coffre métallique d’un genre et d’un revêtement que j’estimai semblables à ceux de l’armure. Le tout me paraissait d’un poids considérable. Il le déposa non loin de la cheminée, éclairé d’une clarté rougeâtre et agitée, presque vivante.

« Ouvre. » Je m’exécutai. Le mécanisme était usé par les années et grippé, je dus forcer un peu… Et découvris brutalement l’éclat de richesses à la mesure des plus folles espérances de Cethern. Or, pièces, pierreries et joyaux d’ambre et d’émeraude ! Avec une telle somme, les Hauts-Vents pourraient non seulement être restaurés, mais devenir une demeure riche et agréable. J’étais partagée entre l’éblouissement et une sourde inquiétude qui ne me quittait plus. Je n’arrivais pas à regarder Cethern dans les yeux. Il y avait quelque chose dans son expression qui me mettait très mal à l’aise, comme s’il m’évaluait et se moquait. Je gardais la tête basse à examiner les pièces et les bijoux tandis qu’il mangeait et buvait à côté de moi. Il me paraissait immense, cette armure lui donnait l’air d’un géant alors même qu’il se déplaçait presque normalement avec elle.

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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

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Bonne année !

1/05/2014 07:30:00 PM Esteren 0 Comments

Toute l'équipe des Ombres vous souhaite une magnifique année 2014 !

2013 fut magnifique - et vous y êtes pour quelque chose - avec des moments qui resteront gravés dans nos mémoires... espérons que 2014 soit encore plus prolifique :)


Le patron vous prépare sa lettre ouverte annuelle pour faire le point et vous présenter les grandes lignes pour Esteren en 2014. 

À très bientôt !

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Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 4

1/03/2014 09:00:00 PM Esteren 0 Comments

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Dans l'épisode précédent ...:

Les semaines se déroulèrent dans l’ennui et le silence. L’hiver vint, et la neige me parut une prison blanche, une vision de mort, morne et désespérante. Je me sentais prise au piège, presque emmurée, enterrée vivante. Dans cette prison où seule ma docilité m’avait enfermée, je passais de longues heures à étudier mes quelques livres. Sans la moindre distraction autre que le vol de mon ami le vautour qui planait souvent au-dessus des Hauts-Vents, j’avais le temps de chercher à résoudre les énigmes du langage occulte que je découvrais et apprenais péniblement. Les mystères de ce monde libéraient mon esprit. Chercher à comprendre l’étrange occupait mes pensées et m’évitait de trop m’apitoyer sur mon sort.

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Une Raison d'agir - épisode 4


Passé le solstice, les jours rallongèrent, et un varigal m’apporta la troisième lettre de Cethern. Il restait évasif sur ce qu’il avait entrepris mais semblait confiant, cela ne durerait plus très longtemps.

À la fin de l’hiver, la neige fondit sans que le début du printemps me parût apporter le moindre espoir de renouveau et de bonheur. Il me semblait que nous étions de nouveau en automne.



L’horizon était chargé de nuages noirs et le vent froid soufflait avec force, s’insinuant partout, sinistre messager sifflant. Dans la cuisine qui était devenue pratiquement tout mon univers, j’avais placé un vieux tapis enroulé contre le bas de la porte et j’avais cloué tant bien que mal un bout de toile cirée à la place d’un carreau brisé. Ce n’était pas la première tempête que j’affrontais dans ces montagnes. Le manoir des Hauts-Vents portait bien son nom.

Ce soir là, je m’interrogeais encore sur ce que je devais faire. Trop longtemps j’avais pris l’habitude d’obéir docilement sans poser de question et en faisant confiance à d’autres pour choisir ce qui était le mieux pour moi. Cependant il était patent que je ne pouvais plus continuer comme cela. Je n’allais plus rester ici abandonnée à me morfondre et mourir d’ennui. Même si je n’avais rien, je pouvais toujours marcher jusqu’à la capitale et trouver n’importe quel emploi de lettrée, scribe, copiste ou enseignante. Tout valait mieux que de me perdre là.

Le tonnerre roulait, assourdissant. Je restais près de mon feu à attendre en rêvant devant les flammes qui dansaient et crépitaient. Cette chaleur joyeuse et rougeoyante était toujours un réconfort durant les longues nuits. Au pire de l’hiver j’avais fini par dormir ici, à même le sol, blottie dans mes couvertures, me faisant l’effet d’une mendiante. Demain… Demain je ferais mes bagages. La perspective de traverser ces régions seule ne me mettait pas à l’aise, mais j’étais prise au piège, et plus j’attendais, plus il me serait difficile d’agir. Ce fut alors qu’on frappa à la porte. Ce n’était jamais arrivé, j’en restai stupéfaite. On insista. L’orage roulait, assourdissant. Qui ? Un villageois ? Pourquoi si tard ? Un varigal surpris par le mauvais temps ? Alors que je me résolus enfin à aller voir, mon visiteur commença à secouer la poignée de la porte qui fermait mal, comme tout le reste, et l’ouvrit d’un coup. Je vis une silhouette massive, noire, se découper dans la brève lueur des éclairs tandis que la pluie s’était mise à tomber à verse.


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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

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