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Documentation : des inspirations naturelles pour les feondas

A cours de ma dernière promenade en forêt, j'ai ramené une pile de visuels pour me servir d'aide mémoire ou de base de réflexion pour des descriptions. Parmi elle, j'en ai trouvé trois qui me paraissaient être faciles à exploiter pour des feondas.


Pénétrer dans l'antre


Le trou que vous voyez doit avoir approximativement le diamètre de mon auriculaire. Il y en avait de semblables dans toutes la forêt, très typés, avec une entrée nette, pleine de soie presque semblable à du papier. Il me semble qu'il n'y a qu'à changer l'échelle pour trouver cette structure, ce repaire menaçant. Même s'il mesurait 20cm de diamètre et qu'il était très nombreux, ce serait dérangeant. Évidemment en encore plus gros, avec la possibilité d'entrer dedans, on a immédiatement un cadre anxiogène.


La bête


Il s'agit là d'une vieille souche arrachée, renversée, avec de l'herbe et des fougères et des vestiges de racines (surtout visible de l'autre côté de la butte, mais ça ne rendait pas en photo). On discerne aussi des blocs de pierres. D'après un panneau sur un sentier de randonneur, la forêt était une "arène granitique" (parsemée de rochers érodés, couverts de mousses et lichens).

Quand j'ai vu la souche, je me suis dit : "la tête difforme, une sorte de fourrure d'herbe sur les épaules, des bras larges..." Elle me faisait l'effet d'une sorte de géant à demi-enseveli.


Structure de terre noire


Je suppose qu'il s'agit de traces d'activité de vers de terre, mais elles étaient très nombreuses, situées en zone humide (terrain pré-marécageux si vous préférez) et d'une teinte très marquée. Il me semble que vouloir traverser un pré humide avec de telles structures, disons de 30 à 50cm de haut, éparpillées tout autour, pourrait être assez dérangeant.


Documentation : une forêt tapissée de mousse et de myrtilles

Dans la série des sorties automnales et des prises de photo pour inspiration, voici un nouveau petit compte-rendu d'une journée en forêt et les liens vers les précédents :

- Une forêt de sapins, épicéas, hêtres, bouleaux et allouchiers (ou alisier ou sorbus aria) tapissée de mousse, myrtilles et fougères (album de la sortie : toutes les photos, utilisables selon licence creative commons si d'aventure vous trouviez un "truc" utile)

Toutes les photos ont été prises par mes soins avec les moyens du bord (mon smartphone, en attendant que j'apprenne à utiliser un véritable appareil photo!) et un jour très sombre, elles peuvent paraître désaturées : les couleurs réelles des mousses étaient plus vive. Si on augmente artificiellement la saturation de la photo on est souvent plus proche de l'effet visuel réel. Il demeure qu'un jour très gris, tout paraît bien plus terne que par un soleil éclatant. 





Se perdre ou se cacher

Cette forêt était exploitée, comme en témoignait de nouvelles plantations au milieu de vastes clairières pleines de buissons de myrtille m'arrivant aux cuisses (même si je ne suis pas grande, ça reste quand même de gros myrtilliers !).

Dans un tel environnement, la vue peut porter loin car les sapins ont été plantés seulement à 3 ou 4m les uns des autres. Le résultat : un sous-bois tapissés d'épines de conifères et de mousses dans les zones assez claires. Comme les arbres ont dû lutter pour la lumière, poussant haut et bien droit, ils ont sacrifié toutes leurs branchettes inférieures :


Vous discernez ici le type de sol et l'état des branches lorsqu'elles restent attachées au tronc. C'est une différence importante entre le sapin qui pousse avec assez d'espace et surtout, de lumière : ce dernier a des branches inférieures vivantes et épaisses, de sorte qu'on peut grimper dedans. Là, avec des arbres plantés, poussant près les uns des autres et tous en même temps, les petites branches de la jeunesse meurent et prennent des allures d'ossements.

Si l'on l'exclut le relief (forêt en pente pour une bonne partie), l’œil pouvait voir jusqu'à une centaine de mètres par endroit. Par contre, les troncs d'arbres étant épais et très nombreux, il était assez facile de disparaître derrière et perdre de vue ses compagnons de marche.


Voici une vue de ce que donne cette même forêt dans les clairières (nombreuses, à cause, m'a-t-on dit de la tempête de 1999, mais je n'ai pas vérifié l'information)

De plus près le tronc prend l'aspect d'un sentier :



La vie colonise le bois mort : 



La lumière touche le sol, très vite, le lichens et la mousse s'installent...

Les fougères prennent place (j'ai retrouvé mes amies de 1m à 2m, les même que dans l'autre sous-bois où j'ai testé le camouflage intégral en bord de chemin)

Bientôt de nouveaux arbres poussent à leur tour : la durée de vie d'une clairière est peut être de dix ans, guère plus.

Si en plus on est dans une zone humide (petit creux d'accumulation d'eau), on peut voir apparaître une végétation typique (mais il m'a été impossible de la photographier correctement à part quelques zooms)

Ci-dessous justement la sphaigne dont je connaissais le nom, mais que je n'avais jamais vu. Surtout, il s'agit d'une mousse blanche ou vert pâle ce qui est assez impressionnant :


De plus près avec sa petite bouille d'edelweiss :



Elle tapisse le sol avec une épaisseur de 5cm environ, un moelleux typique des forêts moussues, le bruit des pas est complètement étouffé. On m'a également parlé d'une espèce de mousse qui a un effet étrange : on marche, elle prend l'empreinte du pas, mais quelques minutes plus tard, toutes les traces ont disparu, la plante a repris son aspect d'origine comme si rien ne s'était passé.


Pour un prochain article, un petit complément spécial "j'ai trouvé des feondas" (ou ce qui pourrait être transformé en ces créatures).

Documentation : un sous-bois de buis

Suite de mon reportage "sous-bois" avec aujourd'hui un sous-bois de buis.

Ambiance


Le buis pousse sur un terrain calcaire. Son bois est très dense et très dur. Dans la forêt considérée, la couche d'humus était très fine, de sorte que la pierre affleurait fréquemment avec un aspect fracturé, prenant la forme de nombreux éclats sur les chemins. Le promeneur risque ainsi fréquemment la chute en tombant sur des fragments de pierres ou de branches.

Un élément très marquant dans cette forêt mais que je n'ai pu traduire sur photo : le buis est actuellement victime d'un ravageur, la pyrale du buis. La chenille dévore les feuillages et tue les buissons et arbres petits à petit, parfois très vite en cas d'infestation. La présence en masse de chenilles attire des araignées, de sorte que de nombreux buissons et branches étaient couvert de soie d'araignée densément tissée. Dans ce sous-bois sombre voletaient de nombreux papillon blanc et gris, les pyrales du buis adultes. Entre la pénombre, les bois tordus, presque couchés sur le sol, les toiles d'araignée, les arbres morts et ceux vivants, les papillons blancs (un peu sinistres) voletant : il y avait là une bonne base pour un film d'horreur. Pour note : les bois déchirés sur l'île du Calvaire sont dominés par du buis. 

En temps normale la forêt est très humide, mais elle a subi un mois de sècheresse. Si elle avait été dans son état habituel, la mousse omniprésente sur les troncs et les pierres aurait eu une allure un peu plus vive. L'enchevêtrement de troncs est la norme. Tous les 2 ou 3m, vous avez les pieds d'un autre arbre. Les troncs sont tortueux, presque torturés. Certains sont presque droits, tandis que d'autres courbés, presque couchés. Cette irrégularité aboutit à ce qu'il soit impossible pour une personne de grande taille de marcher debout. Pour ne pas avoir à se pencher en permanence dans le sous-bois (et donc hors chemin), il faut mesure moins de 1m60 ; pour tenir debout tout le long, il vaut mieux mesurer moins de 1m30 : des enfants pourraient y courir tandis que des adultes seraient courbés et en difficulté pour les suivre.

Les feuillages aux extrémités, cherchent la lumière du soleil tandis que le promeneur se retrouve à marcher dans une ombre assez dense.



Je ne sais pas si cette photo traduit bien l'impression d'enchevêtrement. On devine les trouées de lumière, ponctuelles et irrégulières. La vue ne porte pas vraiment à plus de 15m du fait de la densité des troncs, en revanche, contrairement au sous-bois de hautes fougères, impossible de mener une embuscade, car on voit très clairement et il n'y a aucune cachette pour dissimuler un humain.

Le terrain irrégulier et l'obligation de sans arrêt contourner des obstacles en étant courbés (enfin, moi je ne suis pas grande, je n'avais pas trop ce problème ^^) peuvent facilement nuire au sens de l'orientation. Un tel terrain, de nuit, par temps de pluie ou de brouillard est sans doute traître.





Pour donner un aperçu de la finesse de la couche de terre et des pierres apparentes.

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Pour en savoir plus...


Retrouvez tous les articles sur la création d'un JDR et la documentation.

Documentation : un sous-bois de pins et de fougères

Je participe à de temps à autre à des sorties botaniques et mycologiques qui sont surtout pour moi l'occasion de me documenter sur le terrain : Quelles espèces végétales vont ensemble ? Des brigands peuvent-ils bien se cacher ? Peut-on disparaître facilement ? Se perdre ? .... Je me propose de vous présenter deux types de sous-bois auxquels je n'aurais pas pensé spontanément et qui pourtant dégagent chacun une atmosphère intéressante. Voici déjà un sous-bois de pins et fougères, et puis bientôt un sous-bois de buis, les deux ayant été visités non loin de Jasseron dans le département de l'Ain.

Observations

Ce bois est dominé par des pins a un sol acide. S'il ne l'avait pas au début, il l'aura développé du fait des épines de pins tapissant le sol. On trouve également quelques espèces de chênes : le chêne pédonculé (si j'ai bien suivi les explications) et le chêne rouge d'Amérique. Ce dernier est une espèce invasive en Europe mais pourrait être trouvé dans la péninsule de Tri-Kazel, celle-ci ayant une flore mêlant Amérique du nord et Europe. Cet arbre est caractérisé par un tronc très droit, à l'écorce grise assez lisse, et des feuilles qui peuvent être être durablement rouges en automne. Ses feuilles ressemblent à celle des chênes d'ici, en plus grand et plus pointu. On trouve parait-il souvent des cèpes de Bordeaux sous les chênes rouges d'Amérique : pour les non-connaisseurs ou les cueilleurs de champignon malchanceux, le cèpe de Bordeaux est un des plus réputés, une star parmi les champignons. Tri-Kazel étant régulièrement détrempé, on peut fonder des espoirs quand à des cueillettes miraculeuses ^^

Le sol est couvert de hautes fougères atteignant pratiquement les deux mètres. Elles forment à mon sens la principale attraction de cette forêt.

Ci-dessous quelques photographies (prises au smartphone avec application) pour documenter les aspects saillants.




Avec cet angle de vue un peu improbable j'ai essayé de vous donner une idée de l'immensité du terrain occupé par les fougères dans ce sous-bois lumineux par rapport à celui de la forêt de buis par exemple, ou une autre de sapin que j'avais visité l'année dernière.

Cela ne se voit pas, mais oubliez de suite d'y aller à cheval : il y a des ronces qui barrent le chemin un peu partout et compliquent bien la progression ; à quoi s'ajoute que le sol est parfois irrégulier avec des trous, on s'enfonce à la mesure de son poids... donc le gros cheval, surtout en courant, ça n'ira pas.



Iris (oui moi ^^)... pour servir d'échelle. Certes, je ne suis pas bien grande, mais je suis bel et bien debout et au même niveau que les fougères qui mesurent facilement leur 1m80 à 1m90 pour certaines. 




Même panorama qu'en première photo, mais vertical, pour avoir une meilleure idée de la vue. L'image est prise depuis le chemin qui est au même niveau que les fougères. Il y a un petit fossé entre chemin et forêt.

Ce qui est troublant ici : on a l'impression de voir loin, alors qu'en fait, on ne voit loin que pour ce qui est au-dessus de 2m du sol (donc les troncs et les cimes des arbres). En revanche, sitôt qu'on est dans les fougères, la visibilité tombe à 5m au plus.

J'ai fait quelques tests de discrétion (si, si !). Le résultat ?

Soit "A" le voyageur sur le chemin et "B" l'observateur caché dans les fougères. Il est très facile pour "B" d'être invisible pour "A" : selon les endroits, l'observateur  disparait totalement à la vue du voyageur en étant placé seulement de 2m à 5m du bord du chemin. J'ajouterais que ces évaluation ont été faites alors que je n'étais pas du tout en tenue de camouflage, cela signifie qu'une personne équipée et préparée pourrait réduire encore cette distance.
En général en JdR on admet un déplacement de l'ordre de 9m par tour de jeu en combat, cela signifie appliqué à cette forêt que l'ont dispose d'un tour de surprise et qu'aussitôt après on peut être au contact. Le seul handicap serait venu du fossé du bord du chemin, lequel n'existe que dans des forêts ayant bénéficié d'aménagements pour drainer l'eau. 

De son côté notre observateur "B", au travers du feuillage des fougère a une très bonne visibilité sur la route. Il est invisible mais voit tout.
Concrètement en JdR, ça signifie qu'un archer connaissant le terrain peut tirer à l'arc avec une cible à moins de 10m de lui (donc vraiment facile), et pouvoir soit poursuivre au contact, soit se replier rapidement au travers des fougères. Il ne sera pas évident de le poursuivre : il faudrait identifier l'origine du tir, puis ne pas être semé dans les fougères quasi arborescentes.

En l'état, la forêt était particulièrement sèche (près d'un mois sans pluie), de sorte que chaque pas froissait les feuilles mortes au sol en plus de risquer de faire craquer des branchages apparents ou dissimulés sous les feuilles. En revanche, s'il avait fait plus humide, seul les branches mortes auraient trahi le marcheur imprudent.





Cette mousse qui poussait dans le sous-bois a bel et bien très précisément cette couleur tirant sur le cuivre oxydé ! Car oui, la mousse n'est pas toujours d'un vert tendre printanier, on peut avoir des surprises.

En marchant on sent un épais couvert de feuilles, branchages et aiguilles de pins... et parfois on voit un "truc" qui fuit pour se cacher (je pense que c'était un lézard, mais c'était trop rapide pour que j'en sois sûre). En d'autres termes, on ne sait vraiment pas sur quoi on met les pieds ni de combien on va s'enfoncer (et je suis un poids plume).


Ah oui, il y avait pas mal de grosses fourmilières aussi, ce serait ballot dans un combat de tomber dessus !

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