Le Esteren Tour 2014 continue...

Nous vous donnons rendez-vous à Cannes et Amienspour les 132ème et 133ème dates du Esteren tour :



À Cannes, vous pourrez participer à l'une des parties proposée par Benjamin Diebling. La particularité de Ben ? Il était déjà meneur sur Esteren en 2010 lors du lancement au Monde du Jeu ! Il a aussi assuré la captation vidéo lors du concert des Ombres en novembre dernier en compagnie de Romain d'Off/on et de Vincent de SciFi-Universe.

Ils vous proposera trois scénarios inédits :
  • Un Choix de vie, écrit par Iris et que vous pourrez retrouver dans l'édition augmentée du Livre 2 Voyages.
  • L'Enfant de la rivière écrit par Nelyhann, qui sera publié dans le troisième épisode de Dearg et qui se centre sur l'arc narratif de la Culpabilité, incarné par Adeliane
  • Redresser les âmes tordues, écrit par Iris et qui sera prochainement publié dans JDR magazine et dans le supplément "Ghost Stories".

Vous pourrez également rencontrer Akae et Pénombre sur l'espace Jeu de rôle tenu par le GRAAL pour des séances de dédicaces. Ce sera aussi l'occasion de découvrir leurs autres projets !

Ensuite, à Amiens, nous vous donnons rendez-vous le samedi 15 mars à partir de 14 heures sur le stand de Martelle pour une séance de dédicace et une petite table ronde sur le système des Arcs narratifs animée par son auteur, Nelyhann.

Nous évaluons la possibilité d'aller à Caen et à Rennes prochainement mais rien n'est fait... On vous tient au courant !

Participez au nouveau Kickstarter dédié à Esteren !

C'est de la folie, en l'espace de trois jours, le nouveau Kickstarter dédié à la version anglaise des Ombres d'Esteren a récolté plus de 55.000 $, dépassant le score (déjà honorable!) atteint par la version anglaise du Livre 1 Univers, qui avait elle aussi bénéficié d'une telle campagne. Nous sommes fiers de porter ainsi les couleurs du JDR Français, merci à tous de rendre ça possible !

Cette campagne est dédiée à la traduction du Monastère de Tuath en anglais. Sa particularité est que les frenchy et autres francophones peuvent participer grâce à la contrepartie Grenouille de Farl. Elle donne accès à l'édition limitée de Tuath + paliers atteints, le tout pour 75€, frais de port inclus, le tout en version française. Cette édition spéciale de Tuath inclut notamment le premier jeu de société dans l'univers des Ombres, avec comme nom de code "Deduction". 


Plusieurs paliers ont déjà été débloqués et donnent notamment accès au DVD du concert du 30 novembre à Lyon ou à un exemplaire de la figurine de Joris (format 35mm, résine, sculptée par le talentueux Roberto Chaudon). Vous pourrez également ajouter comme option un exemplaire de l'édition limitée du Livre 2 Voyages et du Livre 3 Dearg. Sans doute parmi les dernières occasions ! Si vous avez loupé le coche des campagnes Ulule, c'est le moment !

Rejoignez l'aventure!






Si vous avez des questions, n'hésitez pas....

Le lien : https://www.kickstarter.com/projects/1176616619/shadows-of-esteren-a-medieval-horror-rpg-tuath

Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 10

Voilà le dernier épisode de notre aventure ! Steren va-t-elle survivre ??! L'histoire débutée un vendredi 13 se termine un 14 février ... la boucle est bouclée !

Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Pourquoi le plancher ne craquait-il pas ? J’avais placé tant d’espoirs dans ce bois censément pourri, et voilà qu’il soutenait un homme en armure lourde. J’étais désespérée et révoltée contre le hasard cruel qui aidait ce monstre. Je l’entendais qui prenait l’échelle que j’avais empruntée. Elle avait fini par glisser à terre, il la ramassa et la cala. Il commençait à grimper, de tout son poids. Le bois grinça, mais tint bon.

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Une Raison d'agir - épisode 10


Je secouai la tête. Que pouvais-je faire ? Je n’avais cessé de reculer ! Qu’aurait-fait Cethern ? Pour moi, il avait toujours été un battant, quelqu’un qui n’abandonnait jamais face à l’adversité, quitte à agir avec témérité. Je sentais confusément que, s'il parvenait à m'inspirer cette qualité, rien que cette nuit, cette leçon me servirait durant toute mon existence. Si j’arrivais à apprendre cela de lui, notre bref mariage aurait déjà eu un sens. Neuf mois, le temps d’une gestation, le temps de devenir moi-même, plus entière.

Jambes tremblantes, je me relevai et avançai à petit pas tandis qu’il montait. Il était presque là. J’arrivai au haut de son échelle, et m’assis tant bien que mal sur la poutre pour pouvoir pousser de mes deux bras, en appuyant aussi mes jambes sur le bois. Je risquais de tomber à mon tour si j’arrivais à faire basculer l’échelle, mais je n’avais pas le temps d’y penser. Pour moi, c’était un exploit.

Soudain, l’échelle se décolla de la poutre. Je devinai le mouvement du monstre pour tenter de m’agripper pour m’entraîner avec lui, mais je fus plus vive cette fois et poussai plus fort. D’abord tout alla très lentement, dans une succession de nombreux grincements… Et cela s’accéléra, pour devenir un fracas, un cri. Le plancher céda enfin sous l’impact, et il tomba. Une chute d’une quinzaine de mètres, accompagnée de débris. Tout s’arrêta dans un ultime craquement sinistre, tout en bas.

Me rattrapant de justesse à ma poutre, je glissai, ne me tenant plus que du bout des doigts ! Allais-je connaître le même sort que mon ennemi juste après l’avoir défait ? Je serrai ma prise, et pris une inspiration. Que faire ? Me lâcher le plus souplement possible trois mètres plus bas, sur le plancher intact de mon étage, et espérer ? Dans un dernier sursaut, je décidai de me balancer en direction du mur avant de lâcher prise, le sol devait être plus solide sur les bords, pensai-je. Je lâchai, les mains endolories et blessées par quelques échardes, et tombai durement sur le sol. L'impact fut brutal, mais moins douloureux que ce que j'imaginais. Je me relevai en me cognant au mur. J'étais choquée, couverte d'ecchymoses et de griffures, mais j’étais hors de danger.

Je m’assis sur les marches de pierre de l’escalier en colimaçon, cherchant mon souffle, essuyant les larmes qui noyaient mes yeux. Je savais que j’étais sous le choc, c’était juste nerveux. J’étais soulagée.

« Tu as toujours été plus intelligente que moi. »

Cethern ? Son fantôme ?

« Je ne veux pas rester, je ne veux pas devenir ce qu’il est devenu. »

L’horreur m’étreignit. Je compris que j’avais tué mon époux, et le fait que son âme ne se soit pas trouvée dans son corps me parut n'être qu’une excuse bien faible…

« L’armure. Tu n’aurais jamais pu m’aider sans la détruire, et elle est indestructible. Entièrement en tugarch’. Personne ne doit jamais l’avoir. »

S’il disait vrai, l’armure à elle seule pouvait valoir autant que son trésor. J’étais pourtant d’accord avec lui, cette chose devait être mise hors d’état de nuire. J’avais besoin de comprendre pour me sentir moins mal, pour que le cauchemar de cette nuit ne frappe plus jamais, pour mettre un terme aux horreurs de la nuit.

Quelque part, j’avais trouvé ma raison d’agir.



Le lendemain, dès l’aube, j’étais allée trouver le cadavre de l’intrus. Le corps de Cethern était brisé et l’armure semblait moins vivace. Ce fut une épreuve de libérer la dépouille de cette protection qui était devenue une prison. Mon idée était de partir, de charger le métal dans des sacs de toile, et de les jeter au fond du gouffre le plus désolé qui soit. Résolue, je tirai de mon mieux la dépouille de Cethern à l’extérieur, dans la cour du château.

Les vautours étaient là.

Plus d’une dizaine, je n’avais jamais vu cela. J’eus la curieuse impression qu’ils éprouvaient de la compassion pour moi. Je me reculai et rentrai. Ils s’abattirent sur le cadavre, une nuée de plumes fauves. Au bout de quelques heures, il ne restait plus que des os. Les contemplant avec une sorte de fascination morbide, il me semblait que cela était bien. Il fallait accepter la mort et la purification des défunts.

Respectueusement, je ramassai les ossements de mon époux pour les ramener à sa famille en y joignant mes nattes tranchées.

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FIN

Nouveau trailer pour Esteren et un Kickstarter en vue !

Demain c'est le grand jour puisque nous allons lancer notre nouvelle campagne Kickstarter pour la version anglaise du Monastère de Tuath. Le but est de financer une édition limitée avec la fameuse couverture noire... et bien sûr pleins de contenus exclusifs !

Voici un nouveau trailer pour l'occasion :


C'est un peu cruel pour la communauté francophone qui doit se contenter de l'édition standard... Et bien pour cette nouvelle campagne nous avons une bonne nouvelle pour les inconditionnels des Ombres ! Un palier spécifique vous permettra de participer vous aussi à cette grande aventure qui s'annonce!

L'occasion de découvrir ou de se replonger dans les mystères du monastère de Tuath....

Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 9

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Ma tête fut tirée brutalement en arrière par l’étranger qui prenait mes nattes pour des rênes, et j’écarquillai les yeux de surprise. Une main invisible écrivait à l’envers sur le miroir. Était-ce la réalité ou une création de mon esprit qui cherchait désespérément à échapper à la fin sordide qui m’attendait ?

« Bats-toi. Tue-le. »


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Une Raison d'agir - épisode9



Un fantôme ? J’avais passé l’hiver ici, il n’y avait aucune hantise aux Hauts-Vents ! Comment ? Qui ?

« Nomme-moi ! »

Mais nommer qui ?

Soudain je compris : le corps n’était plus celui de Cethern, il l’avait perdu au profit d’un esprit maléfique, mais il restait quelque chose de lui qui était devenu un fantôme ancré à ses propres os, prisonnier d’une chair qu’il ne pouvait plus habiter. Comment ? L’armure ? Cette chose trop vivante qui semblait presque dotée d’une volonté de jouissance et d’intensité extrême de vivre ? Un objet de pouvoir ? J’avais lu des livres à ce sujet, mais je ne croyais pas avoir un jour l’occasion d’en approcher un !

« Cethern ! Cethern ! Cethern Mac Emmanon ! »

Je criais aussi fort que je pouvais, d’une voix suraiguë, à me faire mal. Je distinguai un mouvement confus dans la glace, et devinai une silhouette vaguement lumineuse dans son reflet. Je n'eus guère le temps de m'attarder sur cette vision, car déjà je saisissais le chandelier pour en frapper l’abomination. Les bougies s’éteignirent, j’entendis des coups, des chutes d’objets, mais je n’attendis pas de savoir ce qui se passait pour courir hors de la pièce.

Encore choquée, je ne sentais ni le sang qui coulait de mes blessures, ni le froid de la nuit. Je tenais tout juste debout. J’étais tellement déstabilisée qu’il me semblait être sur un bateau qui tanguait en pleine tempête. Le couloir que je connaissais si bien, une simple ligne droite d’une quinzaine de mètres éclairée sporadiquement par la foudre, me paraissait être un tunnel sans fin. Derrière moi j’entendais les hurlements de damnés en lutte, des fauves qui s’entre-déchiraient. À peine arrivais-je au bout du couloir que j’entendis le pas lourd de mon ennemi.

« Ton plan, c’était une bonne idée. »

Il me semblait entendre Cethern, mais je n'étais sûre de rien. Pas le temps de tergiverser, je devais me souvenir de la disposition des lieux. Il faisait sombre, une obscurité presque complète. Les bâches sur les toits empêchaient la pluie d’arriver jusqu’ici malgré les larges pans de plancher qui avaient été ôtés. Il me fallait monter à l’étage supérieur, et de là accéder aux combles par le jeu des échelles. À chaque pas dans le noir, j’avais l’impression qu’on m’encourageait, mais j’étais trop concentrée pour y prêter attention. Je savais que l’autre arrivait, il me suivait, pestait… Il avait compris que le sol était plein de vides, il avait décidé de monter par les escaliers en colimaçon pour me cueillir plus haut. Je me précipitai, gravis les échelles… Deuxième étage… Troisième étage, vite ! Il était déjà là ! Je manquai un barreau, me rattrapai, sentis que l’échelle glissait. Enfin je parvins à atteindre les poutres que je visais, celles qui permettaient de travailler sur le toit. J’étais assise en équilibre précaire sur le bois. Je ne voyais presque rien, il fallait que je me concentre pour ne pas chuter… Il arrivait, il était déjà là, en-dessous de moi. Furieux, il me disait qu’il me briserait, qu’il m’éventrerait et me violerait par mes plaies jusqu’à ce que j’en crève.

Pourquoi le plancher ne craquait-il pas ? J’avais placé tant d’espoirs dans ce bois censément pourri, et voilà qu’il soutenait un homme en armure lourde. J’étais désespérée et révoltée contre le hasard cruel qui aidait ce monstre. Je l’entendais qui prenait l’échelle que j’avais empruntée. Elle avait fini par glisser à terre, il la ramassa et la cala. Il commençait à grimper, de tout son poids. Le bois grinça, mais tint bon.

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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

Esteren nominé aux 2013 Golden Geek Awards

Les versions anglaises du Livre 0 Prologue et du Livre 2 Voyages sont nominées pour les 2013 Golden Geek Awards dans la catégorie Best Artwork & Presentation !  RPG GEEK est l'une des plus grosses communautés de gamers outre atlantique...! Si vous ne connaissez pas, c'est par là. Il y a aussi une très grosse section dédiée aux jeux de société.


On ne s’attendait pas du tout à cette nomination ! C'est donc une très belle surprise :)

Mais les autres nominés sont très solides et ça s'annonce compliqué pour nous ! Jugez plutôt : 13th Age, Fate Core System, Numenera, Shadowrun RPG 5th Edition, Star Wars: Edge of the Empire Core Rulebook ou encore Tenra Bansho Zero ! Les prix sont décernés suite au vote du public. Ca dure jusqu'au 17 février et ça se passe ici (vous devez être inscrits au site pour voter).

On croise les doigts...!

Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 8

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Je me retournai pour prendre appui et élan, mais ce que je vis m’arracha un cri. Je crus voir son visage se déformer et prendre la forme d’un masque grimaçant, noirâtre. Mon coup perdit le peu de force qu’il avait. J’étais paralysée par la peur. Une partie de moi me suppliait de reprendre le dessus sous peine de mourir, mais c’était plus fort que moi, je n’arrivais pas à bouger. Tandis qu’il me tirait à lui, j’avais l’impression d’être une mouche immobilisée par une araignée qui s’apprêtait à la dévorer vivante.


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Une Raison d'agir - épisode 8



« Ma chambre est là. »

Je m’entendis dire ces paroles, j’ignore même pourquoi. C’était une tentative pathétique pour le calmer alors qu’il semblait sur le point de déchaîner toute sa violence sur moi, et qu’il devait savoir que je voulais lui échapper.

« C’est bien, allons-y. »

Encore une fois cette impression d’absurde me revint et je ne savais plus si je devais avoir peur des coups ou de devenir folle. Il faisait très sombre. J’ouvris la porte, mais il me tenait fermement un bras.

« Je vais allumer la lumière. »

Il acquiesça, sans me lâcher. J’allai tout droit, laissant mon armoire et mon lit à ma droite, pour me diriger vers une coiffeuse munie de tiroirs sur laquelle se trouvait un chandelier. La clarté de la bougie me permit de voir le visage de Cethern dans la glace devant moi. Je ne pouvais m’empêcher à ce moment d’avoir l’espoir fou que je me trompais, que c’était une sorte de plaisanterie cruelle, qu’il allait redevenir lui-même. Je le souhaitais tout autant que je n’y croyais pas, et j’étais proche de désespérer. Cet ennemi qui avait surgi chez moi par cette nuit d’orage pouvait m’infliger les pires sévices : il était bien plus fort, il avait une armure presque organique, et j’étais seule. Les larmes me montèrent aux yeux. J’hésitais à me résoudre à mon sort.

Le visage de Cethern dans le miroir… Les mains gantées de métal, il m’enlaçait en me plaquant contre le meuble, il me griffait bien plus qu’il ne me caressait et arrachait des pans de tissu de ma robe. Contempler son reflet qui me serrait et me lacérait, parfois jusqu’au sang, lui arrachait des rires d’une joie mauvaise. Comment tolérer cela, même d’un faux Cethern ? Certes, nous nous étions mariés sur un malentendu, mais il restait pour moi comme un frère. Allais-je supporter qu’un monstre utilise son visage comme un masque, le souille et m’inflige cela, à moi ?

Non ! J’étais encore vivante, je serrai les dents et ne criai pas. Le monstre haletait tant que de la buée commençait à couvrir le miroir.

« Laisse-toi faire. »

Apparemment j’avais dû me crisper, le gêner, je ne sais pas. Il me mordait le cou et l’épaule, s’excitait, mais comme je l’avais présupposé, son armure ne lui permettait pas d'en venir facilement aux fins qu’il escomptait. C’était stupide, ça l’énervait, il devait au moins défaire la solide coquille qui le protégeait des mauvais coups sur les parties sensibles de son anatomie. Le problème était d’y parvenir d’une seule main, en portant un gant d’armure. Il n’était que force brute et pulsion, il ne réfléchissait pas beaucoup. Soudain, je pris conscience de ce que j’estimais être de la stupidité. Ce fut comme une révélation. Cet être qui m’avait terrifiée était primaire, sans subtilité, et j’avais été bien sotte de ne pas m’en rendre compte plus tôt et de ne pas en avoir tiré parti d’une manière ou d’une autre.

Il me prit par mes nattes pour me coucher sur la coiffeuse d’une main et relever ma jupe. Je ne touchais plus le sol, j’étais presque le nez contre la glace désormais totalement couverte de buée. Je sentais qu’il n’en pouvait plus de se coller contre moi, il griffait mes cuisses, m’écrasait péniblement entre lui et le bois. Mais il luttait toujours avec sa coquille, et les griffes de ses gants de métal se retournaient contre lui.

Ma tête fut tirée brutalement en arrière par l’étranger qui prenait mes nattes pour des rênes, et j’écarquillai les yeux de surprise. Une main invisible écrivait à l’envers sur le miroir. Était-ce la réalité ou une création de mon esprit qui cherchait désespérément à échapper à la fin sordide qui m’attendait ?

« Bats-toi. Tue-le. »

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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

Les vendredis de l'angoisse - Une Raison d'agir - EP 7

Pendant tout l'hiver, quoi de mieux que le feuilleton d'une petite nouvelle horrifique pour animer vos soirées auprès du feu ?

Chaque vendredi, à 21 heures, nous vous proposerons un nouvel épisode de la nouvelle "Une Raison d'agir" écrite par Iris, l'une des auteurs des Ombres d'Esteren. Cette nouvelle sera publiée dans un recueil nommé Hantises, à paraître en 2014. Vous retrouverez plus d'informations sur cette future publication ici.

Vous pouvez retrouver les épisodes précédents :

Dans l'épisode précédent ...:

Du coin des yeux je voyais qu’il avait fini de manger. Il avait encore bu du vin et s’était tourné vers moi. Je comprenais plus ou moins qu’il était question de me violer pour son dessert. Pourquoi le voyais-je comme un viol ? De mon point de vue, nous avions un mariage de raison… Mais quand je le voyais dans cette armure qui avait dû être portée jusqu’à la fin de Gwaird par un de ses héros mort dans des circonstances abominables, avec un ton presque métallique d’automate de chair, tout mon être se révulsait. La seule perspective d’un contact intime avec une chose animée aussi roide et rude me donnait une sorte de nausée glacée.


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Une Raison d'agir - épisode 7

La seule chose qui m’évitait de sombrer dans la panique était une pensée stupide : comment comptait-il s’y prendre sans ôter son armure ? Elle paraissait presque collée à sa peau, comme une carapace d’insecte. J’essayais d'analyser cette protection sans le regarder avec trop d’insistance, pour ne pas provoquer quelque chose qui précipiterait ma fin. Je ne voyais aucun défaut. Même les articulations étaient agrémentées d’une sorte de cuir ou de toile cirée qui se pliait et se dépliait au gré des mouvements, tout en paraissait très solide. Il n’y aurait qu’un épéiste talentueux pour trouver là un point où frapper. Moi, avec mes poings ou une dague, je perdrais mon temps.

« Où est ta chambre ? »

La menace se précisait. Je déglutis difficilement sous le choc. Quelles alternatives avais-je ? Fuir dans le château et me cacher ? Courir dans ma chambre, m’y enfermer ? Dans les deux cas il pouvait me rattraper et j’imaginais que sa violence à mon égard serait bien pire. Devais-je me soumettre ? Des milliers de femmes s’y résolvent bien pour des motifs d’intérêt politique ou par manque d’argent…

« Conduis-moi. »

Il aurait dû savoir. Ses questions indiquaient qu’il n’était pas Cethern, même pas un Cethern perverti, mais bien quelqu’un qui avait son visage et ne connaissait que des bribes de sa vie. Cela signifiait qu’il ne connaissait pas le château. Peut-être que cela me donnait une chance ? Je devais au moins pouvoir le distancer, et peut-être fuir ensuite avec son cheval. Cela valait la peine d’essayer ! Je me levai et allai dans le couloir en marchant, avant de me mettre soudainement à courir comme jamais vers le fond, pour atteindre l’escalier en colimaçon menant à l’étage. De là les pièces, en état ou non, parfois reliées par des échelles pour monter jusqu’aux combles, m’offraient une réelle opportunité. Malgré sa rapidité dans cette armure monstrueuse, il devait peser au moins trois fois mon poids. Le sol pouvait craquer… J'avais une idée, et elle me donnait de l’espoir. Je savais où aller, où trouver mon salut.

Je n’avais que peu d’avance, il était vif. Je gravis les marches aussi vite que possible, relevant amplement ma robe pour ne pas trébucher. Il ne perdait pas son temps à me couvrir d’insultes, il me suivait, de près, je le devinais. La terreur m’étreignait, il me semblait que cet escalier ne finirait jamais. Enfin, l’étage ! Je crus être presque tirée d’affaire, mais il s’était jeté à terre pour m’attraper à la cheville. Il tira sèchement. Je fus emportée par mon élan vers l’avant, et je m’écrasai douloureusement sur le parquet rugueux du couloir. J’avais le souffle coupé et je savais qu’il fallait que je trouve rapidement une solution… Il me parut judicieux d’essayer de lui casser le nez, d’un coup de talon de ma jambe libre. Je me retournai pour prendre appui et élan, mais ce que je vis m’arracha un cri. Je crus voir son visage se déformer et prendre la forme d’un masque grimaçant, noirâtre. Mon coup perdit le peu de force qu’il avait. J’étais paralysée par la peur. Une partie de moi me suppliait de reprendre le dessus sous peine de mourir, mais c’était plus fort que moi, je n’arrivais pas à bouger. Tandis qu’il me tirait à lui, j’avais l’impression d’être une mouche immobilisée par une araignée qui s’apprêtait à la dévorer vivante.
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Rendez-vous vendredi prochain à 21 heures !

Beauty de Rino Stefano Tagliafierro


Une vidéo magnifique de Rino Stefano Tagliafierro que l'on partage avec vous ! Le metteur en scène nous fait voyager parmi 100 œuvres classiques... assez incroyable !





Le Esteren Tour 2014 : C'est parti !

Et voilà, c'est reparti ! Après une date mémorable le 31 novembre dernier, nous repartons sur la route pour une 131ème date le 25 janvier (ce weekend !!!) à Villejuif pour la deuxième édition des Saturday Night Geekers !


Retrouvez Chris pour une séance de dédicace. Voici le site avec la billetterie et les infos pratiques : http://www.weezevent.com/saturday-night-geekers

Nous préparons d'autres dates... restez branchés !