Esteren Tour : Cidre & Dragon

Une première date pour la rentrée à Cidre & Dragon ! Nous serons au numéro 8 de la rue des jeux, dans l'espace Jeux de Rôle. Une séance de dédicace aura lieu le samedi 15 septembre.

Le festival aura lieu les 15 et 16 septembre 2018, à Merville-Franceville qui se trouve en Normandie, dans le Calvados, à mi-chemin entre Caen et Cabourg, sur la côte. L'ouverture aura lieu le samedi à 10 heure.

Le site du festival : https://www.cidreetdragon.eu/ 
 

Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios (14) - Le vol d'idée

En suivant cette série, vous aurez constaté que les thèmes des articles proviennent souvent de discussions, remarques et questions que je reçois. Le vol d'idées est une question qui n'est pas fréquemment abordée, mais suffisamment régulièrement pour ne pas la considérer comme anecdotique. Tout le monde a déjà entendu parler de loin du plagiat littéraire, de la triche aux diplômes de recherche, ou du vol d'invention (brevet, etc.).

Alors faut-il avoir peur d'exposer ses idées à un éditeur ?

Une relation de confiance

L'édition d'un ouvrage ne fonctionne bien que si éditeur et auteur nouent une relation de confiance. Par principe, on admet que le partenaire cherche à agir pour le mieux, et en cas d'ambiguïté, on l'interroge, et il répond. Seulement la confiance n'apparaît pas du jour au lendemain, et ceux qui ont déjà souffert d'expériences déplaisantes (tromperies, clauses peu claires, rapport de force, etc.) sont inévitablement échaudés.

En résumant, la relation se présente un peu comme suit :

◾ L'auteur investit du temps, de l'énergie, et beaucoup de sensibilité.

◾ L'éditeur investit du temps, de l'énergie et de l'argent.

Il n'y a pas de recette miracle (ou alors je ne la connais pas) pour être sûr de quelqu'un. J'ai l'impression que le plus sûr reste encore de voir comment il fonctionne, comment il travaille, et évaluer si son attitude et ses réalisations sont convaincantes.

Dans tous les cas, si on ne se sent pas "bien", ce n'est pas la peine de s'embarquer dans une galère qui consommera à coup sûr du temps et de l'énergie, sans que la destination atteinte ne soit forcément satisfaisante.

Le vol d'idées existe-t-il vraiment ?

Oui et non.

En premier lieu il faut savoir que les idées ne sont pas protégées (en tous cas pas sur les créations écrites). Seul le texte effectif -- l’œuvre -- est protégé. Si vous discutez avec un auteur potentiel de votre dernière idée, il pourra l'utiliser. Mettons que je parle de ma campagne de la Forêt engloutie, et que raconte qu'il y a dedans un monstre-nénuphar qui n'a l'air de rien, et paf, attaque les gens isolés par surprise dans les marais. Je ne pourrais pas me plaindre si je découvre 1 an après que mon interlocuteur a tellement aimé le nénuphar tueur qu'il l'a placé dans une nouvelle, un roman ou un scénario.

Maintenant, suis-je inquiète ? Non. Dois-je cesser de parler absolument de toute œuvre en cours d'élaboration ?  Je ne pense pas.

Si l’œuvre de mon interlocuteur est un succès, sera-ce à cause exclusivement du nénuphar-tueur ? Probablement pas. Il aura su mettre en scène une ambiance et une histoire, et sa réussite sera la sienne. Et puis... même s'il publie son nénuphar-tueur, ça ne m'empêche pas de le faire de mon côté (et d'avoir un meilleur nénuphar-tueur tant qu'à faire !).

Peut-on parler de vol s'il n'y a pas de perte ?

Nous puisons sans arrêt des bribes d'idées ici ou là. Quand on dit "Esteren a des ressemblances avec Princesse Mononoke, Berserk et Akira", il s'agit de nommer des œuvres qui ont été assez puissantes pour nourrir l'envie d'écrire et donner de l'énergie -- l'inspiration -- à certains des premiers auteurs de la gamme.

Une création est féconde lorsqu'elle donne des bribes d'idées à d'autres créations. C'est même à cela qu'on reconnaît une œuvre réussie. A la limite, si vous parvenez à donner envie à d'autres de vous "copier", c'est que vous avez trouvé quelque chose. Et si la copie veut exister, elle doit à son tour avoir une saveur propre, originale, et bref, être féconde.

Les idées vivent, s'échangent et circulent.

Au moins dans l'écrit, il me semble qu'il n'y a pas à s'inquiéter que des gens puisent dans vos idées.

Sélection darwinienne des idées


Quand je travaille à un projet de scénario, mon approche consiste à préparer (dans la mesure du possible) un ensemble d'idées, de squelettes. Disons 3 à 5 par exemple. Ensuite a lieu une discussion éditoriale, et on détermine laquelle sera développée (ou développée en premier si plusieurs s'avèrent intéressantes).

J'ai l'impression qu'il en va souvent des idées comme des espèces : les meilleures (mieux structurées, plus adaptées, etc.) survivent et prospèrent, les autres vont sommeiller, être perfectionnées, recyclées ou laissées de côté. En présenter plusieurs permet d'avoir de bonnes chances de travailler sur quelque chose qui vous plaira.

En ce sens, il me paraît indispensable d'apprendre à avoir des idées, s'investir, et accepter qu'elles ne soient pas retenues. Pour travailler sur la longueur, j'ai le sentiment qu'il faut s'impliquer et savoir lâcher prise ; apprendre à renoncer à un moment, revenir plus tard. Il s'agit d'un mélange de détermination et de souplesse. La détermination permet de ne pas perdre de vue votre cap (créer, développer des idées qui vous tiennent à cœur) ; l'adaptabilité vous donne les moyens de gérer les contraintes.

Ne jamais arrêter de créer


On craint moins de perdre des idées ou qu'elles ne soient pas utilisées, si on en a un stock suffisant. Il est indispensable de réserver du temps, chaque semaine, à mener des recherches, réfléchir, écouter, noter. Les premières idées qu'on a viennent peut-être par hasard, mais sur la durée, il est important d'apprendre à en avoir, trouver ce qui nous convient comme méthode pour créer. Ce n'est pas juste une histoire de fulgurance, c'est aussi beaucoup de travail.





Photographie prise par mes soins lors d'une visite d'une exposition consacrée au pastel, au Petit-Palais. Vous les voyez les mignons pique-assiette ? Évidemment le gâteau, c'est votre idée ! (métaphoriquement s'entend). S'ils picorent quelques miettes du gâteau, est-on vraiment perdant ? (en plus ils sont mignons et ça donne le sentiment que notre gâteau est bon !)

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Pour nous envoyer vos scénarios, écrivez-nous !  
Pour en savoir plus...

◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 1 - Introduction
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 2 - Attention aux stéréotypes
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 3 - Les contraintes et buts d'un scénario du commerce
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 7 - Quoi et dans quel ordre ? 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 8 - Le chemin de fer 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 9 - Les genres difficiles 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 10 - Les évidences qui ne le sont pas  
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 11 - Enquête de vérité 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 12 - Auteur professionnel 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 13 - Le talent

Chronique de campagne dans la Forêt engloutie (1) - Ce que veulent les joueurs

En lisant ce blog, vous avez déjà pu voir que je travaille depuis un moment sur une campagne "Forêt engloutie" qui est actuellement jouée en "play by forum" en parallèle de sa rédaction.

- J'avais évoqué la question de sa structure en entrelacs, une méthode d'écriture et d'organisation des données visant à faciliter une maîtrise avec un groupe à composition fluctuante et avec des temps de parties limités (4h à 6h max). L'entrelacs est lié par défaut à des arcs narratifs qui facilitent l'organisation, ainsi dans un canevas d'étape, il est indiqué les arcs narratifs les plus aisément impliqués dans l'intrigue, ceux qui seront au cœur de l'affaire.

- Également, des recherches graphiques pour l'environnement marécageux, lui donner une identité. Outre cela, il y a des plans ébauchés, dont celui du petit château de Terfynisel.

- Certaines figures importantes sont déjà illustrées pour Terfynisel et les marais ; ou les Ronces présents dans les environs, notamment Cendres ; la mystérieuse Servane (mieux connue par mes joueurs comme "la sorcière") ; le célèbre feond nénuphar (on le trouve assez drôle jusqu'à ce qu'on constate les dégâts !)

Je vous propose ici une nouvelle série d'article ayant pour point commun les réflexions en coulisse sur la conception de cette campagne, et quelques clins d’œil à ce qui s'y déroule. Il s'agit d'une illustration des méthodes de travail, avec leurs tâtonnements et le plaisir de voir les joueurs explorer les intrigues, tisser des liens, s'impliquer et foncer dans la gueule du feond.

Mais que veulent les joueurs ?


Quand j'écris et mène, je me pose quantités de questions. Comment faire pour satisfaire autant que possible les uns et les autres ? Est-ce que je comprends bien leurs attentes ? Qu'est-ce qui les amuse ? Cette intrigue qui me plait tant est-elle appropriée à ce groupe ? Ceci n'est-il pas une fausse bonne idée ? Etc.

Récemment ces questionnements -- et des expériences ou échos d'expérience provenant notamment de parties de JdR dysfonctionnelles -- m'ont amenée à proposer un ensemble de grands groupes de goûts. Mes premiers sondages dans mon entourage m'incitent à penser que le modèle n'est pas totalement erroné, même s'il peut être certainement perfectionné.

Pour l'instant, j'identifie les axes de goûts suivants (sachant qu'ils peuvent tous être combiné mais que j'ai rarement vu de joueurs avoir plus de 3 goûts très marqués) :

- Accomplissement : surmonter un défi à composante physique / action
- Comprendre : trouver la vérité, déduire, créer un plan, bref surmonter un défi plus intellectuel
- Immersion dans le monde : voyager, apprendre des anecdotes, connaître le monde du jeu comme s'il était réel
- Immersion dans les relations proches : amitié, amour, bavardages, petites querelles et réconciliations
- Spectaculaire : pas de temps mort, des événements grandioses, des feux d'artifices, des effets spéciaux -- et un certain sentiment de puissance
- Tragédie : des dilemmes moraux, des émotions puissantes, le risque de l'échec, de la folie ou de la mort, des revirements puissants, des scènes à fendre le cœur, et aussi des historiques tourmentés, des psychés douloureuses et sensibles.

Note : il s'agit des goûts des joueurs. Il est peu probable que les personnages joueurs menés par un joueur aimant les tragédies se réjouissent de leur sort (ce serait assez antinomique, non ?).

Participez en nous disant ce que VOUS aimez !


Pour poursuivre la réflexion en étendant le champ des avis, j'ai préparé un petit sondage, et dès que j'aurai assez de réponses, je pourrai vous faire une synthèse. C'est par ici !




Photographie prise par mes soins au cours d'une visite du Jardin des fontaines pétrifiantes à côté du massif du Vercors (très chouette si vous aimez les jardins... certes, cette illustration n'a pas de lien évident avec ledit jardin !)

Esteren Tour : Japan Expo

Prochaine date de la tournée, ce samedi 7 juillet et dimanche 8 juillet à la Japan Expo ! Nous sommes invités par la boutique Majestik Games. Un grand merci à eux :)

Nous serons dans le hall 5A, stand L124, juste à côté de l'espace jeu de société sur le plan général.




Esteren Tour : Paris est ludique

Rendez-vous ce weekend pour Paris est Ludique ! Nous sommes invités par Ulule, un grand merci à eux !

► Infos pratique
Pelouse de Reuilly 75012 PARIS (place Cardinal Lavigerie) - Métro (8) Porte Dorée
Nous serons dans l'espace jeu de rôle, à droite en entrant.


Pass Week-end : 5€ / Moins de 8 ans : GRATUIT / Toutes les activités sur le site sont GRATUITES
SAMEDI 23 JUIN 2018    -   10h-20h
DIMANCHE 24 JUIN 2018    -   10h-18h




Prochaines dates de la tournée

La tournée continue :

Paris est Ludique les 23 et 24 juin pendant lequel nous sommes invités par Ulule. Vous voulez participer à cette date et nous aider sur le stand ? Envoyez-nous un message :)

► La Japan Expo, les 7 et 8 juillet à Paris toujours : nous sommes invités par la boutique Majestik. Là aussi, nous recherchons quelques volontaires pour nous aider à accueillir la foule. Contactez-nous si vous vous sentez d'affronter les hordes de cosplayeurs.

► La GenCon d'Indianapolis : ce sera notre 7e date là-bas du 2 au 5 août !

Chacune de ces dates sera l'occasion de fêter les 200 dates de la tournée ! Des petits cadeaux vous attendent et même de la FEOND quand ce sera possible. Nous en profitons pour saluer nos amis de la Brasserie de l'Être, partenaire du Esteren Tour. Cheers !

En attendant, nous vous donnons rendez-vous ce samedi 16 juin à Amiens pour une après-midi de dédicace à la librairie Martelle, à partir de 14 heures. Il y aura des démos et quelques ateliers sur le thème de la création de jeu de rôle. Venez nombreux !


Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios (13) - Le talent

L'article du jour est inspiré de remarques que j'ai entendues récemment et ayant en commun le thème du talent d'auteur. Ils rejoignent aussi d'autres questions abordées dans des articles précédents de cette série (voir en bas d'article). Alors que certains sont convaincus que toute personne qui critique leur écrit a mal compris le texte, d'autres à l'inverse se remettent excessivement en question, et finissent par douter de tout.

"Il y a plein de gens plus talentueux que moi."


Il y a toujours des gens meilleurs que soi. Attendre d'être bon pour s'exercer aboutit juste à ne pas s'entraîner et donc ne jamais pouvoir s'améliorer. Ne vous comparez pas sans cesse à des modèles idéalisés et inatteignables, mais concentrez-vous plutôt sur ce que vous aimez.

Aimez-vous écrire ?

Aimez-vous passer des heures à imaginer une ambiance, une intrigue, un lieu ?

Si oui, le talent est une préoccupation secondaire : vous vous améliorerez de toute façon avec la pratique. L'essentiel c'est la flamme qui vous rend déterminé à persévérer.

Donc écrivez, chaque jour. Donnez-vous des objectifs : des nouvelles, un roman, une campagne en Play by forum, un recueil de scénarios, etc. et lancez-vous.

"Mon style n'est pas bon."


Dans cette affirmation, il y a souvent un mélange entre des faiblesses objectives et un manque d'assurance par rapport à des traits personnels.

La faiblesse objective, c'est le défaut de maîtrise de la langue dans laquelle vous écrivez. Si vous utilisez "faire" pour toute description d'action, votre texte sera truffé de répétitions qui seront rapidement pesantes. Si vous mélangez les homonymes, votre texte sera incompréhensible. Même chose si vous écrivez des phrases interminables dont les composantes ne s'articulent pas conformément aux règles de la grammaire (verbe accordé avec un mot qui n'est pas son sujet et autres joyeusetés qui apparaissent quand les propositions subordonnées s'enchaînent).

Si vous êtes concernés par des faiblesses techniques, oui, il faut travailler votre français.

En revanche, passé ce défaut objectif, si votre style est déclaré plat - fouillis - fade - lourd - (ou plein d'autres choses) par quelqu'un, ne vous désespérez pas immédiatement. Pensez par exemple à la réaction d'un public académique face aux premières œuvres impressionnistes ou cubistes. Ces toiles étaient considérées comme laides et mauvaises, et aujourd'hui, elles se vendent des millions.

Je ne prétends pas qu'une critique négative soit la preuve de la valeur d'un texte ! J'attire seulement votre attention sur le fait que le style est une affaire de goût et de sensibilité. Si vous décidez d'écrire à la manière de Victor Hugo, avec des figures de style à tous les étages, il y aura des gens pour dire que c'est ampoulé, tordu et incompréhensible ; et si vous écrivez dans un style sec, nerveux, avec peu d'adjectifs ou d'adverbes, on pourra vous dire que c'est plat, froid et dépourvu de sensibilité.

Quoi que vous fassiez, quoi que vous créiez, ce sera susceptible d'être critiqué et de ne pas être aimé.

Fondamentalement, la question que vous devez vous poser est : "Est-ce que ça ressemble à ce que je cherche ?" Si oui, alors c'est réussi.

Mais alors, est-ce que toute création réussie pour son auteur sera publiée ? La réponse est non ; c'est nécessaire, mais pas suffisant : il faut que cela plaise aussi à l'éditeur. Il faut donc trouver cet éditeur, ce lecteur particulier qui mettra ses moyens à disposition pour diffuser votre œuvre.


Conclusion


Une petite conclusion à cet article : ce n'est pas facile d'avoir la bonne attitude à l'égard de son travail créatif. Il faut s'y investir pour qu'il ait une âme et soit de qualité, et pouvoir arriver au bout de longs projets ; mais il faut aussi savoir prendre de la distance pour avoir un regard lucide sur lui. Prendre trop de distance peut rendre influençable, et aboutir à paralyser la création à force de chercher la perfection. Un livre n'est pas publié parce qu'il est parfait, mais parce qu'il a su "parler" à ses lecteurs, et en particulier à l'éditeur. Ce qui compte au fond, c'est d'écrire avec amour, et passion, mais en gardant aussi toujours à l'esprit qu'on pourra faire sans doute mieux encore. Cet équilibre fragile  permet de s'investir aujourd'hui et demain, tout en regardant les textes d'hier avec bienveillance et lucidité.




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- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 1 - Introduction
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 2 - Attention aux stéréotypes
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 3 - Les contraintes et buts d'un scénario du commerce
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 7 - Quoi et dans quel ordre ? 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 8 - Le chemin de fer 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 9 - Les genres difficiles 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 10 - Les évidences qui ne le sont pas  
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 11 - Enquête de vérité 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 12 - Auteur professionnel

Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios - (12) Devenir auteur

Après déjà plusieurs articles consacrés à la soumission de manuscrits, je vous propose un détour sur le fait de devenir auteur. En soi cette formulation est étrange : on est auteur de ce que l'on crée, peu importe le support ou la diffusion. Vous avez créé une histoire ou une aventure, peu importe combien de personnes la connaissent (ou l'apprécient), vous êtes auteur. Le propos ici sera d'utiliser "auteur" au sens d'une personne qui est rémunérée régulièrement pour ses écrits, et plus précisément dans le cas du JdR.

Une absence de diplôme


A ma connaissance, il n'existe pas de formation pour devenir auteur de JdR. J'ai bien entendu parler de M2 enseignant les techniques d'écriture -- ils peuvent donc être appliqués ici par extension --, mais dans l'ensemble, je pense qu'on peut admettre l'approximation généralisatrice : la seule formation à l'écriture de JdR qui existe est autodidacte, c'est-à-dire "sur le tas".

Par conséquent, chaque auteur à venir redécouvre un peu tout seul le fil à couper le beurre : comment s'organiser dans la journée, dans la semaine, sur la durée, comment faire passer des idées, les structurer, etc. En substance : vous allez nécessairement galérer au début et pendant un bon moment. Il s'agit de persévérer même si ce n'est pas parfait, faire de son mieux sans se décourager, et petit à petit l'aisance viendra.

Une autre activité principale


Le fait que l'on apprenne à écrire en écrivant signifie aussi qu'au moment où l'on commence à écrire, on n'est pas opérationnel. Il manque des réflexes, des notions, des repères pour être à l'aise et savoir comment s'y prendre au mieux. On perd beaucoup de temps à découvrir son rythme d'écriture, ou la manière la plus optimale d'aborder un problème.

Il en découle que tout le monde (je pense) a une activité principale comme source de rémunération au moins au début. Avoir une vie professionnelle prenante à côté (et aussi amoureuse, familiale, associative, etc.) réduit inévitablement le nombre d'heures que vous pouvez consacrer chaque semaine à vos écrits.

Supposons que vous puissiez écrire 5h par semaine, cela représenterait dans les 10K d'écriture, peut-être un peu plus, mais pas énormément. Ajoutez autant de temps ensuite pour intégrer les retours, faire les reprises de texte etc. Il faut bien être conscient que 5h à consacrer chaque semaine, c'est comme faire 1h de jogging chaque jour, qu'il vente, pleuve ou neige. C'est le même type d'engagement.

- Un canevas avec des annexes pèse dans les 30 à 40K, soit 3 à 4 semaines d'écriture avec ce rythme. Si on ajoute le traitement des retours, on peut espérer que ce sera totalement terminé en 2 mois.
- Un module pèse 50 à 100K, soit 5 à 10 semaines d'écriture dans ces conditions. Si on ajoute les retours immédiatement derrière, cela ferait environ 6 mois de votre vie dédié à ce projet.
- Pour une campagne, disons ... 700K ? 70 semaines à ce rythme. Un an et demi juste pour écrire ; soit potentiellement 3 ans de votre vie pour faire aboutir une campagne avec rigueur en ayant une vie bien remplie à côté.

Dans le cas d'un module, il est possible d'écrire "à fond" au début, et ensuite finir plus tranquillement, avec toujours de la rigueur. En revanche, quand il s'agit d'écrire un gros volume, démarrer fort est peut-être utile, mais l'enjeu est surtout de tenir sur la durée.

A moins que vous soyez du genre super tenace, et que vous vous connaissez comme tel, je pense qu'il est plus sûr de commencer par un projet à taille humaine (le module ! le canevas !) pour vous faire la main. Rêver à plus grand, c'est bien, mais commencer trop gros peut aussi faire courir le risque de s'épuiser et se décourager.

... et d'ailleurs rien n'empêche de concevoir une campagne constituée de plusieurs modules : si vous arrivez vraiment au bout de tout ce qui était prévu, ce sera super, et si vous vous épuisez en chemin, vous aurez la satisfaction d'avoir déjà rédigé plusieurs aventures.

Au-delà de la première histoire


Vous avez réussi à créer un module ou une campagne courte, et mieux, elle plait ! A ce moment, vous devriez vous connaître suffisamment pour évaluer ce que vous voulez.

Peut-être que participer une fois à l'aventure de la création d'un module vous aura suffi, et pour la suite, vous n'éprouverez plus la même envie de suer sang et eau pour faire aboutir une oeuvre.

Ou bien vous vous rendrez compte que vous avez encore beaucoup d'idées, que vous n'avez fait qu'effleurer la surface et vous voudrez poursuivre. 

Peut-on en vivre ?


La question se pose avant tout pour ceux qui se rendent compte qu'ils écriront quoi qu'il arrive, parce que c'est quelque chose d'important pour eux, peu importe la forme que cela prenne.

La réponse est "oui, on peut en vivre". Mais il y a des "mais" : vous avez intérêt à être très bien organisés, à avoir des proches qui vous soutiennent (ou un bas de laine ou les deux) pour les périodes de vache maigre. Parvenir à gagner un SMIC en tant qu'auteur, c'est être privilégié par rapport à la masse des auteurs qui reçoivent très peu (et donc concrètement, n'en vivent pas). Si vous avez un métier par ailleurs bien payé ou un crédit à rembourser ou plusieurs enfants, ce n'est sans doute pas le meilleur plan d'avenir. Comme la plupart de ceux qui sont susceptibles de devenir auteurs ont une vie "avant", il est facile de mettre en balance ce qu'on a et qu'on est prêt à perdre, par rapport à ce que l'on rêve d'atteindre. Il y a un avant et un après lorsqu'il s'agit de devenir professionnel.

Le métier, même quand on a des contrats, reste précaire, et chaque année passée à vivre de vos créations est une victoire. Si vous passez un certains seuil de revenu, vous pouvez déposer un dossier auprès des AGESSA pour être reconnu comme auteur du point de vue administratif (sécurité sociale, caisse de retraite, caisse de retraite complémentaire obligatoire). Chaque année, il faudra préciser à nouveau vos gains en droit d'auteur pour avoir le droit de dépendre de ces administrations (bonne nouvelle : les démarches de réactualisation sont infiniment moins pénibles que le premier dossier).

Au-delà même des aspects matériels, faut aussi avoir conscience que les critiques peuvent être virulentes, et que les défis qui vous attendent ne diminuent pas en difficulté : stress des cadences de travail et des deadline, se renouveler malgré tout, travailler en équipe, faire face à des imprévus improbables (mais qui sont tout de même assez réguliers en fait !).

Un des buts du studio Agate


Au sein du studio Agate, nous cherchons à faire en sorte que les collaborateurs puissent vivre de leur travail créatif. C'est un but qui est en perpétuelle construction, nécessitant de se remettre sans cesse en question et de s'adapter, ne pas se laisser décourager, et rester ouvert aux opportunités. Il y a des difficultés, mais aussi de belles rencontres, de nouveaux membres d'équipe qui nous rejoignent plein d'enthousiasme et d'énergie.

... et peut-être qui sait, certains de ces futurs membres lisent ces lignes ?


Star rock - Muriwa - Par Jamie Wang - Nouvelle Zélande



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- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 1 - Introduction
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 2 - Attention aux stéréotypes
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 3 - Les contraintes et buts d'un scénario du commerce
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
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- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 11 - Enquête de vérité 

Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios - (11) L'enquête comme recherche de la vérité

Pour concevoir certains types de scénarios, il peut être utile de se demander comment on procède dans la vie réelle, afin de modéliser ces situations avec plus d'aisance. L'enquête se prête bien à une analyse de ce genre, car ses grandes étapes sont assez bien balisées, tant dans les investigations policières que dans la rechercher scientifique -- car oui, la recherche a fondamentalement les mêmes mécanismes qu'une enquête.

Étape 1 : Problème

Tout commence par l'identification du problème : qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui déroge par rapport à la norme ?

Il est essentiel d'être au clair par rapport à ce que l'on cherche. Plus on se pose de questions précises, et meilleures sont les chances de trouver des réponses claires à terme.

Si Halduin est retrouvé mort chez lui, on se demandera déjà si la mort est naturelle ou non; dans le cas d'une mort violente, s'il s'agit d'un suicide, d'un accident ou d'un meurtre. Pour le déterminer, il faut vérifier les circonstances du décès (chronologie, cause de la mort). Si la chronologie des événements implique un déplacement du corps, il faut retrouver le lieu du crime.

Pour répondre à la question centrale, il est ainsi souvent nécessaire de répondre à de nombreuses petites questions : où, quand, comment, qui, avec quoi, etc. Ce n'est qu'une fois qu'on a les réponses à la majorité d'entre elles qu'il est possible de répondre à la question d'ensemble.

Étape 2 : Observation


Dans la collecte d'indices, l'observation est la clef, mais elle peut être guidée par l'expérience et les connaissances.

Ainsi, prélever des empreintes digitales n'est possible qu'en ayant connaissance de leur existence, et en ayant les moyen de les collecter sans risque qu'elles soient inexploitables.

Meilleures sont les connaissances, plus le nombre d'indices est potentiellement important.

On cherche tout ce qui est lié au problème, mais ce n'est pas toujours possible, de sorte qu'on prélève souvent plus de choses que nécessaires -- cela vaut mieux que l'inverse cela dit --, et certaines s'avèreront inutiles en phase d'analyse.

Dans tous les cas, il faut collecter ce qui est périssable en priorité : certains indices peuvent tout simplement disparaître ou être tellement dégradés qu'ils ne serviront à rien. Cela vaut aussi pour certains témoignages : interrogés trop tardivement certains témoins pourraient avoir oublié, avoir été menacés, décidé de sortir une version aux forces de l'ordre pour protéger un ami etc.

Étape 3 : Analyse


Chaque analyse d'indice vise à répondre à ses questions propres à cet indice.

S'il s'agit de sang : humain ou animal ? groupe sanguin ?
S'il s'agit d'un objet : origine ? ancienneté ? son usage jusque là ? son intervention dans le crime ?

Plus les connaissances sont élaborées (de l'individu et de l'état de la science), et plus un indice  peut apporter d'informations.

Chaque analyse implique du temps, de l'énergie, et parfois de l'argent : il faut donc prioriser et déterminer quoi étudier en premier. Pour déterminer quel indice sera traité en premier, on se fonde sur des hypothèses, des a priori, des intuitions parfois infondées. Si l'analyse est méticuleuse, il n'y a pas de raison que l'analyse faite ne porte pas. En d'autres termes, l'enjeu est moins la réussite du jet de compétence que le temps passé à accomplir l'action -- temps pendant lequel on ne fait pas autre chose.
 

Étape 4 : Discussion


Une analyse donne des faits certains (composition d'un objet par exemple) et des faits probables (heure du décès comprise entre ... et...).

La phase de discussion est la plus délicate, car elle peut donner l'impression de partir en tous sens. Voici quelques points auxquels être attentif pour la structurer. 

 Les apports de connaissance et de recherches


En plus des analyses portant sur le problème, l'investigateur peut s'aider des annales, de ce qui a été déjà étudié par d'autres. Ces connaissances (sociologie, criminologie, etc.) et ces recherches peuvent contribuer à orienter les recherches :

- On sait qu'en cas de meurtre de femme, le meurtrier sera statistiquement le compagnon, un ex ou un prétendant, donc quelqu'un de proche de la victime et connu. Il est dès lors rationnel d'examiner les emplois du temps des uns et des autres.

- Si plusieurs crimes ayant des caractéristiques proches ont déjà été commis, il semble probable que les proches de la victime actuelle ne sont sans doute pas impliqués, et qu'il faut mettre les efforts ailleurs.

La phase de discussion consiste à donner du sens, à tenter de créer un tableau d'ensemble, en articulant les faits certains ; en tendant compte des faits probables assez sûrs, et en utilisant d'autres tendances issues d'autres sources d'information ou de réflexion.

Le rasoir d'Okham


Les discussions aboutissent à formuler des hypothèses sur ce qui s'est passé.  L'imagination se plait à chercher les explications les plus foisonnantes, et peut-être peuvent-elle fonctionner, mais souvent -- au moins dans la vraie vie -- il faut soumettre ses hypothèses au rasoir d'Okham.

Il s'agit d'un principe logique d'après lequel si vous pouvez expliquer un événement avec deux théories, que l'une n'implique pas beaucoup de facteurs, et que l'autre en implique énormément, ou des facteurs largement inconnus (des extraterrestres, des esprits, des sectes, etc.), alors la première explication a de bonnes chances d'être la bonne.

En clair, s'il faut faire des listes d'hypothèses pour expliquer un crime, classez-les de la plus simple à la plus complexe.

Tout n'a pas de sens caché


En JdR (et parfois dans la réalité) on s'imagine que tout a un sens caché, une seule explication globale. Les coïncidences existent (moins en JdR qu'en vrai, mais ça peut arriver).

... évidemment une coïncidence est admissible, mais si beaucoup se succèdent, on peut commencer à admettre qu'il faut chercher une autre explication, parce qu'alors le hasard parait moins probable que la manifestation d'une intention dissimulée.

... à l'inverse, un univers fictionnel dans lequel le hasard et les coïncidences n'existent pas paraitrait très artificiel (ou paranoïaque, ce qui est aussi un peu artificiel).

Formuler des hypothèses et des théories réfutables


La réfutabilité est un autre principe scientifique adapté aux enquêtes. L'idée centrale : quand je formule une théorie, je dois pouvoir dire précisément ce qui peut la mettre en échec (expérience ou observation).

Dans une enquête, si je pense que Harduin est le coupable, qu'il est venu sur les lieux du crime et qu'il a poignardé Edelin chez lui, alors la réfutabilité s'exprimera par la possibilité d'exclure Harduin de la liste des suspects s'il était trop loin des lieux du crime au moment de sa commission.

La réfutabilité implique d'être précis dans l'énoncé des théories.

Si je pense que Harduin est "impliqué" au sens large dans le crime, il peut l'avoir commis ou pas, ou l'avoir inspiré, ou avoir payé quelqu'un pour le faire... Ce soupçon flou peut mener à tout interpréter sous l'angle de "évidemment qu'il y a un lien avec Harduin", jusqu'à biaiser l'analyse des indices, et finalement créer une explication qui ne tient pas compte des faits, qui en néglige, voire qui ajoute des preuves fabriquées de toutes pièces parce que "ce salaud d'Harduin ne doit pas s'en sortir !".

Dans ce cas, notre investigateur est tellement certain de la culpabilité d'un individu qu'il néglige toute possibilité de remise en question, sa thèse est "irréfutable"... ce qui est un des pires défaut quand on est en quête de la vérité.

Conclusion


Dans un monde parfait, on a suffisamment d'indices pour avoir une certitude de 200% au terme d'une enquête. Dans un monde imparfait, il n'y a parfois qu'un faisceau de présomption, et il faut se contenter de ce résultat pour répondre au problème initial.

Quand vous écrivez un scénario de JdR, vous pouvez vous positionner sur une enquête qui peut être parfaite, ou au contraire sur une imperfection assurée. Vous pouvez aussi prévoir 15 indices pour une certitude absolue, mais estimer que seuls 5 suffisent pour deviner la vérité, de sorte que l'aventure devrait fonctionner en dépit des échecs aux jets. Vous pouvez aussi pousser les PJ à la faute, en leur mettant un suspect odieux qui a tout pour être coupable, mais ne n'est pas forcément.






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Pour en savoir plus...


- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 1 - Introduction
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 2 - Attention aux stéréotypes
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 3 - Les contraintes et buts d'un scénario du commerce
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 7 - Quoi et dans quel ordre ? 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 8 - Le chemin de fer 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 9 - Les genres difficiles 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 10 - Les évidences qui ne le sont pas 

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