Esteren Tour : Essen SPIEL et concert Adeliane le 27 oct

Dans un peu moins de deux semaines, nous vous donnons rendez-vous au SPIEL pour une nouvelle date de la tournée. Nous serons dans le HALL 6, stand 6C123. Vous pourrez rencontrer l'illustrateur Gawain et l'auteur Nel, la chanteuse du nouvel album Adeliane Clarisse Mây ainsi que son compositeur François Rousselot.

Le point d'orgue de cette date sera sans aucun doute le concert du vendredi 27 octobre à 16 heures, à l'intérieur du centre de convention, Messe Essen, dans la salle EUROPA. Vous pouvez réserver vos places sur cette billetterie en ligne. Un grand merci à nos partenaires qui rendent cet événement possible : les organisateurs du Spiel, Syrinscape et l'éditeur Matagot.

Wir sehen uns dort :)



Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios (5)

Je poursuis ici ma série d'articles consacrée aux scénarios et canevas, à ce qui est attendu, et au contraire ce que je préfère surtout ne pas lire. Aujourd'hui, je présente quelques uns des petits riens qui sont présents assez régulièrement, et qui sont systématiquement pointés, et finissent fréquemment supprimés. Autant les identifier en amont et les corriger d'office.

Les petits riens formels qui picotent


La manière d'écrire est propre à un individu, et ses spécificités -- quand elles sont maîtrisées -- sont qualifiées de style. 

Le style est un mélange résultant du lexique habituellement utilisé, du nombre de mots par phrase, du choix des temps verbaux, de l'usage ou non de conjonction et subordonnée, ou d'adjectifs ou d'adverbes. L'utilisation de figures de style fait aussi partie du style, et quantité d'autres éléments de langage qui ne me viennent pas à l'esprit. 

Cependant, l'écriture dépend aussi du type de texte qu'on rédige. Je n'écris pas de la même manière pour un scénario ou un texte romanesque (nouvelle incluse) ou un mode d'emploi ou un mémoire de recherche.

Cette introduction générale passée, je présente quelques travers assez communs et qui donnent souvent lieu à de pénibles pertes de temps.

Faire, dire et répétitions


Si vous pouvez éviter le verbe "faire", faites-le ! Il peut finir par apparaître aussi fréquemment que le verbe "schtroumpfer" chez de célèbres lutins bleus à bonnet blanc... Si vous avez un problème de manque de synonymes, allez sur le site du CNRTL

Dire... c'est un peu pareil... mais en moins grave dans les scénarios vu qu'il n'y a pas souvent de dialogue.

Corollaire : attention aux répétitions à l'identique ou juste de mots de la même famille.

Phrases longues


Quand vous écrivez une phrase qui mesure plus d'une ligne (colonne simple) sur votre écran, vérifiez bien qu'elle est non seulement grammaticalement correcte, mais aussi fluide. Un scénario n'est pas un lieu où faire l'étalage de votre capacité à développer une phrase longue, interminable, telle qu'on aura oublié ce qu'elle veut dire à la fin, ou parfois même au milieu. (Là, c'était une phrase longue par exemple, avec des ajouts dispensable de subordonnées relatives et propositions coordonnées). 

Il y a deux raisons pour lesquelles les phrases longues (même si j'aime en écrire) sont à considérer avec précautions :

1. Beaucoup de gens qui écrivent des phrases longues... écrivent des phrases longues qui ne respectent pas les règles grammaticales et syntaxiques (des sujets et des verbes et des accords farfelus). Aimer écrire des phrases longues ne signifie pas que vous maîtrisiez le sujet. Si ça peut vous consoler, sachez que mes propres phrases longues ont été régulièrement retoquées, pour raison syntaxique ou ...

2. Le confort du lecteur. Le scénario est un texte qui doit pouvoir être lu avec aisance par un jeune meneur débutant, et dans des conditions de jeu (relecture rapide en cours de partie). Certains passages seront lus à haute voix pour diverses raisons. Donc même si on a une phrase longue, il faudra qu'elle soit assez clairement articulée pour être compréhensible à la seule écoute.

Le style oral


Par style oral j'entends : phrases sans verbe, phrases commençant par une conjonction de de coordination, lexique familier, ellipses et raccourcis de la pensée (manque d'explicitation), usage de digressions, parenthèses ; la ponctuation peut aussi imiter les pauses de la parole (...) ; utilisation d'expressions calques de l'anglais ; calembours ; détournements de titres de film ou d'expressions...

Certains JdR font le choix d'un style oral à l'écrit, à un degré ou un autre. Ce n'est pas le cas de notre équipe. Nous sommes très soucieux de présenter un texte écrit... qui a les caractéristiques d'un texte écrit (là, sur ce blog, j'écris avec un style oral qui me paraît approprié à ce style d'écrit... mais en me retenant sur les smileys malgré tout !).

Aller (conjugué) + infinitif


Cela me fait tiquer à chaque fois : "il va faire", "les PJ vont découvrir"... Il y a une quantité invraisemblable de ces locutions, et (c'est personnel) elles m'exaspèrent. 

Soit il faut utiliser le présent, soit le futur. Or là, on a un usage intermédiaire entre présent et futur. En concordance des temps, en placement chronologique, ... il y a toujours une zone de flou quand ce type de "conjugaison" apparait. Le pire étant qu'elles sont 

(a) soit très fréquentes, au point de constituer le temps verbal dominant dans le texte (donc répétition du verbe aller sous toutes ses formes)

(b) soit en alternance avec des temps verbaux plus "conventionnels" (imparfait, présent)... 

Dans un cas comme dans l'autre, ça boite fréquemment. Alors oui, j'évite de signaler à chaque fois que je les lis, parce que c'est devenu un usage, que c'est compréhensible. Au final, ce aller (conjugué) + infinitif endosse une fonction de futur proche (apparemment). 

En principe, on devrait avoir un usage des temps verbaux qui indique quand l'action se passe :

- présent = présent
- futur = futur
- futur antérieur = une action future qui précède une autre action future laquelle est conjuguée au futur (ils viendront quand ils auront fini de déjeuner)

Si j'étais certaine que aller (conjugué) + infinitif avait un usage bien délimité dans le texte, avec un sens précis, qui n'est pas juste une ignorance des temps verbaux, je me crisperais moins à chaque fois que je le vois. Je me dirais avec satisfaction "cet auteur a une pensée précise, et complète la conjugaison française par un temps verbal construit qui sert exactement à combler le vide de la grammaire" (un peu comme la construction d'un temps "manquant" pour un verbe défectif -- les verbes qui n'ont pas de conjugaison complète à tous les temps, comme "extraire" par exemple, que vous aurez du mal à conjuguer au passé simple).







Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios ? (4)

Je poursuis cette série d'articles consacrée à la création de scénario en proposant aujourd'hui un détour par la fonction de relecteur de fond. Pour faire aboutir un texte dans de bonnes conditions, il est souhaitable que l'auteur et le / les relecteurs de fond se comprennent bien et se fassent confiance.

La relation à la relecture de fond


Du point de vue de l'auteur, il peut être difficile de confier son texte à quelqu'un et recevoir des critiques pénibles ou des suggestions hors de propos. Pour être réussie, la relecture de fond doit cumuler certaines qualités.

Bienveillance


La bienveillance implique que le lecteur ne parte pas d'un a priori négatif, mais accepte l'idée que l'auteur s'est donné du mal et essaie de faire passer des idées qui lui tiennent à cœur. Le relecteur de fond va devoir s'exprimer sur un texte, une création de l'esprit, et donc un sujet sensible.

Sincérité


Il est tout autant nécessaire d'être sincère dans la relecture de fond. Un excès de bienveillance peut aboutir à trouver des excuses à toutes les faiblesses qui figurent, et au final, ne rien corriger ou pointer. La sincérité sans bienveillance est blessante, et peut donner lieu à des moments très difficiles pour l'auteur.

Compétence


On accepte d'autant mieux des critiques, des remarques ou des suggestions qu'on estime son lecteur compétent, et que ledit lecteur est lui-même lucide par rapport à sa maîtrise de tel sujet ou tel aspect. Un relecteur néophyte peut -- grâce à un regard neuf -- repérer des choses sur lesquelles d'autres ne réagissent pas ; un relecteur expérimenté repèrera sans doute plus de failles qu'un débutant. Au final, il n'y a pas un critère uniforme et absolu de compétence de la relecture.

En tant qu'auteur, posez-vous la question de ce que vous attendez de quelqu'un et n'hésitez pas à explicitez vos besoins en matière de retour. 

Demandez aux débutants s'ils comprennent tout ce qu'ils lisent et si tout est limpide, s'ils se sentent capables de mener le scénario rapidement après l'avoir lu. 

Demandez aux plus expérimentés s'ils voient des failles de structure, des moyens de mieux organiser les idées.

Modération


Le relecteur (fond ou forme) n'est pas là pour faire sien le texte d'un auteur. Il n'a pas vocation à obtenir un texte "pile dans ses goûts". Sa mission est d'accompagner l'auteur dans la démarche qui est la sienne.

Exemples : Le scénario Loch Varn (Livre 0 - Prologue) prend à rebours des habitudes de construction dramatique en semant une forme de confusion. Au contraire, "Une chambre bien rangée" (Occultisme) a un format chronologique classique et rationnel. Les approches des auteurs sont différentes dans les deux cas, avec une intention, plonger dans le doute, ou explorer l'anormal dans le banal. Des conseils de relecteurs visant à changer ces aspects seraient inappropriés puisque passant à côté du but recherché par l'histoire.

En tant qu'auteur vous pouvez aider les relecteurs de fond à vous comprendre à l'aide d'encadrés et de notes d'intention. Si vous voulez créer une histoire réaliste, les relecteurs de fond savent qu'ils doivent être à l'affût des éléments de cohérence qui seront fondamentaux ; à l'inverse, si l'histoire est à demi- onirique ou étrange, à la manière d'un Twin Peak de David Lynch, alors le bizarre n'est pas un défaut, mais un ingrédient clef. 

L'auteur doit parvenir à devenir suffisamment lucide sur sa création pour expliquer -- au moins quand elle est achevée -- le type d'émotion qu'il souhaite susciter. 

De son côté, le relecteur de fond doit en tenir compte pour orienter sa relecture en ce sens. 





Vous voulez proposer des canevas ou scénarios (3)

Je poursuis cette série d'articles en rebondissant sur une discussion que j'ai eue avec un membre de la communauté qui me parlait de sa perception de l'écriture de scénarios. En particulier, il pointait les "carcans" des formats de scénarios "classiques". Au travers de ce débat sur les règles de présentation et le format d'écriture se pose celle de la légitimité desdites règles. Je pense que le fond de l'affaire revient à se demander : pourquoi écrit-on des scénarios ? Je parle ici des scénarios "du commerce", c'est-à-dire ceux destinés à figurer dans une publication. Mon analyse n'a pas prétention à couvrir tout le champ des réponses possibles, elle vise avant tout à expliciter mon attitude lorsque je m’attelle à une relecture de fond, et par là, ce que j'évalue pour estimer si le texte que j'ai est satisfaisant -- toujours et rigoureusement par rapport à cette question de la publication envisagée.

A quoi sert un scénario (du commerce) ? 


Un point fondamental : le scénario doit faire gagner du temps au meneur. Quand un meneur achète un scénario, il cherche à gagner du temps.

Corollaire : si vous aspirez à rédiger un scénario qui puisse être publié, il faut entre autre chose qu'il fasse gagner du temps, dans chacun des domaines évoqués ci après.

... certains meneurs sont aussi intéressés par le fait de voir comment les auteurs traitent un thème ou conçoivent des histoires dans une ambiance très typées, mais je vais laisser cet aspect de côté pour cet article. 

1. Réduire le temps de recherche


En premier lieu, le meneur s'épargne en grande partie ou en totalité le temps de recherche : documentation ; création de PNJ, de lieu et de créature. 

Il en découle que le scénario doit fournir une description suffisante des lieux et des protagonistes. Si l'histoire aborde un thème pointu quelconque, il doit être accompagné d'informations permettant au meneur de le mettre en scène.

Exemple : imaginons que vous avez comme situation dans le scénario une cueillette de champignons. Si vous n'avez strictement aucune idée du type de terrain, des difficultés, conditions ou saisons de ce type d'événement, la description sera non seulement pauvre, mais en sus, le meneur sera en difficulté pour répondre aux questions les plus simple de ses joueurs. Il peut aussi arriver qu'un joueur soit nettement plus qualifié que le meneur sur la question, et que la partie dérive vers des débats et discussions documentaires en délaissant le jeu.

2. Réduire le temps de préparation


Le meneur qui achète un scénario doit passer moins de temps à préparer sa partie que le meneur qui crée son histoire de A à Z.

Bien sûr, il y a toujours des meneurs qui souhaitent adapter un scénario pour mieux l'insérer dans leur campagne. Il est difficile de mesurer le temps que prendra l'insertion de modifications. L'auteur peut tenter de baliser certains cas de figure : motivations variées pour démarrer l'histoire, accroches variées associées à des PNJ. Cette facilitation est à mon sens souhaitable, mais il est impossible de couvrir tous les cas de figure. Sur le plan de la conception de scénario, l'idée est avant tout d'avoir une histoire dont le commencement n'est pas trop rigide pour rendre l'adaptation possible, et fournir un ou deux exemples peut aider.

Dans tous les cas, il faut s'assurer que le texte permet de comprendre facilement les enjeux, les tenants et les aboutissants, qui est qui, qui fait quoi, qu'est-ce qui est important et qu'est-ce qui est optionnel.

3. Réduire le temps perdu en jeu



Le scénario imprimé, éventuellement accompagné de ses aides de jeu (carte, fiches de PNJ, liste d'indices, etc.) est utilisé comme support de jeu. Pendant la partie, le meneur s'appuie sur sa mémoire pour certains aspects de l'intrigue, il se laisse porter par les réactions des PJ, mais il arrive inévitablement qu'il ait besoin de trouver rapidement une information.

Pour que ces phases de recherche soient les plus fluides et courtes possibles, il est essentiel que les informations soient faciles à trouver :

3.1. Utilisez des titres pour annoncer chaque bloc de texte 


Annoncez de longs paragraphes avec des titres donnant une idée de leur teneur

... sans quoi le meneur est obligé de tout lire... et quand il y a beaucoup de pavés, ça peut être long...

3.2. Rassemblement des informations de même nature


Rassemblez les informations de même nature au même endroit, et surtout pas éparpillé à plusieurs endroit.

Exemple : mettez tout ce qui concerne un PNJ clef (biographie, secrets, attitude...) au même endroit.

Si des informations doivent figurer en doublon (parce que vraiment ça s'impose), alors faites bien attention à ce qu'il existe une zone rassemblant malgré tout les informations pertinentes par catégorie. Au minimum, faites des renvois, qu'à la lecture on sache qu'il y a un endroit où tout trouver.

3.3. Pas de répétitions d'informations


Ne pas répéter plusieurs fois la même information est important : vous allégez le texte en limitant les redites. Vous faites des économies de signage et vous évitez que le meneur qui vous lit décroche en se disant "non mais ça je sais".

3.4. Utilisez les chapeau introductif pour résumer les idées clefs


S'il y a des principes généraux d'ambiance ou d'attitude s'appliquant par défaut à toute une scène ou tout un acte, notez-les directement au niveau du chapeau introductif, dans celui-ci ou dans un encadré dédié. Ainsi, le meneur, avec une lecture de survol rapide retrouvera ces notions importantes sans fournir d'effort.

3.5. La présentation type des scénarios d'une gamme


Certaines gammes, comme les Ombres d'Esteren, ont adopté un format de présentation des informations pour les canevas et les scénarios. Pourquoi ? Pour la même raison : le meneur qui connait cette présentation type sait où chercher les données. Le classement des informations dans la gamme Esteren n'est peut-être pas parfait ou optimal, mais il donne des repères, et ils permettent de s'y retrouver et naviguer plus facilement.





De retour de la Gen Con 50 et prochaines dates de la tournée

Pour la sixième année, nous étions à la Gen Con US et ce fut une année intense et forte en émotions ! En plus de la communauté sur place, nous avons revu de nombreux amis.

La Gen Con est vraiment une convention particulière. Nous avons déjà hâte d'y retourner :)

La tournée Esteren continue avec trois prochaines dates :

ESSEN Spiel en Allemagne, du 26 au 29 octobre et pendant lequel nous donnerons un concert (le vendredi 16 heures à l'intérieur de la convention, billetterie à venir) ; SALON FANTASTIQUE de Paris du 3 au 5 novembre et DRAGONMEET à Londres, le samedi 2 décembre pour lequel nous sommes co-sponsor.

En attendant ces nouvelles dates, voici quelques photos de la Gen Con :






Tarot de Dearg : le Précepteur

Voici une première carte du tarot de Dearg. Il s'agit du second arcane majeur : le Précepteur.

Le tarot servira d'aide de jeu pour jouer la dernière partie de la campagne Dearg, actuellement en relecture. L'ensemble du tarot sera réalisé par notre invitée sur ce projet, la talentueuse Chane.


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Pour recevoir une notification au lancement des précommandes de Dearg : http://eepurl.com/bJci6b

Esteren tour : Nouvelles dates & Paris est Ludique

Une nouvelle date de la tournée approche : Paris est Ludique !

Nous sommes invités par Ulule, merci à eux. Retrouvez-nous sur leur espace pour des dédicaces et de la démo.

Nous recherchons encore une ou deux personnes pour aider sur cette date. Envoyez-nous un email si vous êtes dispo. Nous payons cash nos mercenaires en feond !

Le calendrier de la tournée a également été mis à jour. Envie de nous aider et de participer au prochain tournoi d'Exploding kittens avec les staff ?  Contactez-nous !



Vous voulez proposer des canevas ou scénarios (2)

A la suite de mon article précédent, j'ajoute quelques observations complémentaires qui sont plus de l'ordre de la réflexion sur l'impression que fera l'histoire que sur sa cohérence interne. Aujourd'hui le problème récurrent des personnages "neutres" qui ont trop fréquemment le même profil.

Genre des figurants : homme ou femme ? 

Quand vous écrivez une histoire, à moins de concevoir un huis-clos, vous aurez probablement besoin d'évoquer des figurants, des seconds rôles qui transmettent uniquement une information ou représentent une opposition ponctuelle et isolée aux PJ.

Attention à la surreprésentation des figures masculines (adultes et célibataires)


Au-delà de toute question de sexisme, voici ce que j'observe typiquement : si l'on exclut les rôles  associés à des stéréotypes forts de genre féminin (prostituée, vieille grand-mère un peu sorcière, mère, jolie jouvencelle, fillette malicieuse), tous les rôles "neutres" d'une histoire tendent à être tenus par des hommes célibataires de 25 ans à 35 ans.

C'est une anomalie démographique majeure : il s'agit justement de l'âge où les hommes insérés dans la société ont le plus de chance d'être en couple voire père de famille. Ne parlons même pas du fait que dans un monde où l'égalité des genres est la norme, il est plus qu'étrange de ne rencontrer que des hommes artisans, guerriers, marchands, pêcheurs, chasseurs, trappeurs, forgerons, varigaux, officiers, seigneurs.

Mon sentiment est que les auteurs de scénarios ne sont pas animés d'une volonté de perpétuer des stéréotypes, mais cherchent des figures "neutres", qui ne créeront pas de complications dans l'histoire : des hommes (moins de risque de sentimentalisme chez les PJ... eh oui !), pas jeunes (moins de prise en pitié par les PJ), ni vieux (encore une fois, moindre impact émotionnel), célibataire et sans enfant (pareil, ça émeut moins).

Seulement cette neutralité a des effets pervers en étant répétée : elle donne l'impression que la population est composée à 80% d'hommes célibataires sans personnalité ayant des fonctions productives dans la société. Au final, l'utilisation de figures "neutres" dont l'auteur du scénario peut espérer qu'ils n'attireront pas un intérêt démesuré des PJ peut contribuer à donner une sensation de fausseté, de décor en carton-pâte.

Alors que faire ? 


Plusieurs solutions s'offrent à vous, mais deux en particulier me semblent à la fois simples et efficace.

La plus évidente consiste à tirer au sort pour chaque personnage certaines de ses caractéristiques :

- pair : femme / impair : homme
- 3d6 : valeur inférieure à 8 : moins de 20 ans ; 9-12 : tranche adulte "courante" 20-35 ans ; 13 à 15 : âge mûr ; 16+ : vieillard
- 3d6 : inférieur à 8 : disgracieux, laid ; 9-12 : dans la moyenne ; 13+ beau, séduisant

etc.

Les dés produiront parfois des bizarreries, ou reproduiront des inégalités que vous auriez préféré éviter, mais le plus souvent ils vous surprendront et vous obligeront à sortir des routines, au moins pour les PNJ secondaires et les figurants, mais peut-être aussi pour des figures plus importantes de votre histoire.

L'autre solution, c'est de réduire au maximum les protagonistes "neutre", les simples porteurs d'information. Tous les détenteurs d'une informations importantes sont prévus pour interagir et pouvoir se mêler de l'histoire ; il s'agit de concentrer l'histoire, un peu comme au théâtre, même si ça ne peut pas couvrir tous les cas de figure

Et si la seconde solution ne suffit pas, revenez à la première : le meneur peut parfaitement lui aussi improviser des figurants avec quelques jets et une réserve de prénoms courants.




Vous souhaitez proposer un canevas ou scénario

Je reçois parfois des scénarios ou canevas de membres de la communauté qui souhaitent avoir un avis et peut-être avoir la chance de contribuer en tant qu'auteurs au sein de l'équipe, ponctuellement ou plus durablement. Cet article vous donne un aperçu de ce que je vérifie en premier, avant même de lire en profondeur et du début à la fin.

Note : relire un texte de manière attentive peut prendre 1h pour 10K (signage, caractère espace compris) de volume. Alors... prenez le temps de bien finaliser vos manuscrits, voire n'hésitez pas à les soumettre à des proches, ou sur le forum officiel en section meneur pour bien finaliser votre création avant de l'envoyer, vous ferez de moi une relectrice plus heureuse !

Format

 

Ouverture de fichier


Première chose : il faut que le fichier soit enregistré en .doc (ou .docx), bref, un format courant que je n'aurais aucun mal à ouvrir.

Organisation des informations


Il est également important (pour ma santé mentale de relectrice et pour le temps que je passerai à vous relire ou annoter) de structurer le texte en utilisant les styles :

- Titre 1 pour le titre du scénario
- Titre 2 pour les Prologue / Actes / Epilogue ou les Racines / Tronc / Branche / Feuille / Vent
- Titre 3 pour les encadrés ou les Scènes
- Titre 4 si vraiment indispensable pour hiérarchiser un sous-titre à l'intérieur d'une scène ou autre, mais à manier avec une grande parcimonie.
- indiquer ***encadré*** / ***fin d'encadré*** ou ***pastille gore*** par exemple, de préférence en couleur vive (rouge, vert)
- Aucun soulignement : la gamme Esteren n'en utilise pas. Pour mettre en valeur des informations, utilisez des listes munies de pastilles, la ***pastille info importante***, ou un encadré.
- N'écrivez pas de longs textes dépourvus de sous-titre ou de pastille : il faut toujours pouvoir retrouver rapidement le sujet d'un paragraphe
- Les tests de compétence sont à présenter selon un format habituel: jet de (nom de la compétence ou autre) (qualifié : standard, compliqué, difficile...) et valeur du test entre parenthèse (11, 14, 17...). Appuyez vous sur le format des scénarios officiels pour bien repérer le style de la présentation des informations.

Relecture


Si je lis un fichier avec des phrases qui n'ont pas de sens, qui sont boiteuses d'un point de vue syntaxique et grammatical, je risque de rapidement perdre toute motivation à aller plus loin. Prenez le temps de faire une relecture complète de votre travail, de préférence à tête reposée, avant de me l'envoyer.


Contraintes de forme


Ensuite, et relevant également du qualificatif de format, mais davantage lié aux contraintes de publication, il vous faut choisir le type d'histoire : généralement canevas ou scénario. Même s'il est dans l'absolu possible d'écrire de différentes manière, dans le cas d'une publication, il y a un cadre à respecter (maquette, présentation type, organisation des idées) qui permettent aux meneur par la suite de savoir où retrouver ce qu'ils cherchent.

L'immense majorité des histoires "courtes" (moins de 6h de jeu) tiennent bien en format canevas.

Canevas


Si c'est un canevas,

- le texte tient en 16K (16 000 signes, caractères espaces compris), grand max 19K. Rien de plus.
- vous pouvez avoir des annexes : lettre, plan de lieu, description de plantes, poisons... dont le signage est compris entre 5K et 15 K (en gros 1 page + illustration ou 4 pages illustré, ce qui revient à dire 1 ou 2 doubles pages)
- il convient de respecter le plan type du canevas : indication du style, du cadre, de la saison  ; éventuellement quelques lignes d'introduction ; puis racines (le fond de l'affaire, le résumé, les tenants et aboutissants) ; le tronc (comment les PJ se retrouvent impliqués) ; les branches (éléments principaux de l'histoire) ; les feuilles (épilogue et fins possibles) ; le vent (des conseils ou remarques pour l'ambiance visée)

Scénario


Si c'est un scénario,

- Style, cadre, saison (éventuellement durée, mais c'est moins important)
- Résumé
- Enjeux et objectifs : qu'est-ce qui est essentiel dans votre histoire, que veut-on réussir ?
- Prologue : éventuellement des précisions sur les éléments modulaires qui influencent l'ambiance ou comment trouver les indices si c'est une enquête, bref, comment prendre en main l'histoire. S'il y a lieu des précisions sur comment impliquer les PJ ou intégrer ce scénario à une campagne plus vaste. Des indications sur la chronologie des événements sont souvent utiles.
- Présentation des lieux (plus ou moins détaillée, selon les besoins)
- Présentation des figures (là aussi, plus ou moins détaillée, selon les besoins).
- L'histoire peut être organisées en Acte et Scène. Si vous utilisez les actes, assurez-vous que chacun a bien une identité claire. Sinon, souvent, utiliser uniquement des scènes suffit. Si vous utilisez des scènes dans les actes, la numérotation recommence à chaque acte, comme dans une pièce de théâtre.
- Les pastilles modulaires permettent de donner le choix au meneur d'accentuer dans un sens ou l'autre (suspense, psychologie, surnaturel, gore).
- L'épilogue clôt l'intrigue, suggère des gains d'expérience et peut proposer des suites.
- Les créatures uniques (s'il y a lieu) sont présentées ensuite, en format "bestiaire".

Plan (s)


Oui, si le scénario a une dimension géographique importante, pensez à joindre un plan, même schématique, c'est utile !

Contenu


Il y a beaucoup de choses auxquelles faire encore attention. Globalement l'essence de la relecture de fond consiste à vérifier si le scénario répond à plusieurs critères :

Est-ce cohérent ? 


Tous les éléments mis bout à bout doivent se tenir quand on a une connaissance complète de l'intrigue.

C'est parfois difficile car en écrivant on a une idée de mise en scène, d'ambiance, et on se rend compte en écrivant l'épilogue qu'en fait, si le méchant faisait ci et ça, en fait, un indice aurait dû être visible à tel ou tel endroit, et aurait compromis la dramaturgie en offrant un raccourci à des PJ vigilants et astucieux.

Si vous voulez éviter des trous dans le scénario,

- évitez les actions et rituels et complots... qui s'étalent sur des années : plus la période est longue, plus le risque est grand que ça coince quelque part
- attention à ce que les familles ne soient pas toutes limitées à "un parent, un enfant, et plus aucun autre membre en vie"
- attention à ce que tous les PNJ clef de votre histoire ne soient pas des hommes
- vérifiez bien ce que savent ou devraient savoir le gens du reste de l'univers, pas seulement vos PNJ clef pour l'histoire, mais le reste du monde. En cas d'assassinat d'un noble, normalement son suzerain va tiquer par exemple, ainsi que les voisins (appâtés par la fragilité nouvelle du domaine ? alliés ?)
- de manière générale, pensez bien que tout aura des conséquences, mineures ou majeures. Prenez le temps de vous demander "que se passerait-il si..."
- assurez vous qu'aucun PNJ n'est plus légitime que les PJ à agir. Exemple simple : dans une enquête, s'il y a des forces de police, les PJ vont se demander pourquoi ils sont les seuls à chercher le meurtrier alors qu'en principe il y a des gens payés pour ça. Si des PNJ légitimes ne peuvent pas agir, pour quelle raison ?
- faites attention quand vous maniez des principes juridiques. C'est un domaine technique et il vaut mieux se documenter un peu au préalable avant d'en faire usage, sous peine de créer vous créer beaucoup de problèmes (de cohérence et de réactions de joueurs / PJ).
- vérifiez toujours comment les PNJ ont agi (tuer quelqu'un, empoisonner...) ou pu agir.

Le diable est dans les détails. Beaucoup d'histoires coincent dès qu'on cherche à savoir comment précisément les choses se sont passées.

Est-ce que ça tient en cas d'initiatives des PJ ? 


Car oui, certains PJ sont astucieux et vont trouver des leviers inattendus pour résoudre des problèmes. Certains ne sont pas viables (stratégies fantasques), d'autres impliquent une bonne dose de mauvaise foi de la part des joueurs, mais il arrive tout de même assez régulièrement que de bonnes idées et déductions aient lieu. Est-ce que l'histoire peut tenir le choc ?

Extension de la question du rôle des PJ, faites attention à ce qu'ils aient une motivation viable.

- Attention, un PJ mercenaire peut toujours abandonner en estimant que la paye est insuffisante par rapport aux risques.
- Un scénario qui implique un lien familial ou amical d'un ou plusieurs PJ aura du mal à bien fonctionner si ledit lien apparaît d'un coup dans votre campagne -- cela demande de la bonne volonté de la part des joueurs, mais même bienveillants, leur implication sera limitée.
- Est-ce que c'est intéressant pour les PJ ? Ont-ils de meilleures raisons de lâcher l'affaire et s'occuper d'autres choses ?

 Est-ce maniable pour le meneur ?


Le meneur peut être convaincu par l'ambiance que vous voulez transmettre, mais ne pas savoir concrètement comment faire. Si le scénario dit juste "il y a une ambiance pesante", le meneur peut se contenter de le dire à haute voix à ses joueurs, cela n'aura qu'un impact limité. Si vous donnez au contraire les clefs pour faire sentir cette pesanteur au travers d'anecdotes, de scènes qui posent l'ambiance, vous aurez rendu le scénario plus maniable et confortable pour le meneur.

Est-ce différent ?


Il y a une infinité d'histoires possibles dans un univers. On peut écrire des dizaines de variations au sujet d'un enlèvement d'enfant par exemple, ou d'un village assiégé par des créatures monstrueuses. Cependant, il y a un impératif éditorial : il faut que chaque histoire nouvelle apporte une valeur ajoutée.

En d'autres termes, il faut vous demander si votre histoire explore quelque chose de nouveau (ambiance ou situation) par rapport aux autres scénarios de la gamme.

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Voilà pour commencer ! Il y aurait bien d'autres choses à dire mais c'est déjà un bon début pour vous aider à cadrer vos créations. Vous pouvez également lire ce deuxième article sur le sujet.

Pour nous envoyer vos scénarios, écrivez-nous !



Un nouveau portail pour Esteren

Voilà, après des années de bon et loyaux services, le portail des Ombres d'Esteren a bénéficié d'une mise à niveau complète et vous pouvez le découvrir ici.

Entièrement développé par Pierstoval, à qui l'on doit Esteren maps, et co-designé avec Nel, le portail possède les caractéristiques suivantes :

- Les anciens ne seront pas perdus puisque le portail reprend le principe du précédent avec des liens vers les principales facettes de notre projet transmedia.

- La possibilité d'utiliser le logiciel Esteren maps en vous inscrivant au site. Ce logiciel en ligne vous permet de calculer l'itinéraire d'un voyage sur la péninsule de Tri-Kazel.

- Un accès à la boutique en ligne, encore en travaux, mais qui va arriver, si si !

- Écouter la musique en ligne sur Souncloud, télécharger le livre 0 directement et quelques autres fonctionnalités sympas.

Bon surf et n'hésitez pas à poster vos retours :)

Le lien du nouveau portail : https://portal.esteren.org/fr/