Figure : Servane

Certains membres de la communauté se sont impliqués considérablement dans la vie et le développement des Ombres d'Esteren. C'est le cas notamment du vaillant Pierstoval, concepteur de Corahn-Rin, le générateur de Personnage qui facilite la vie à tout le monde : joueurs, meneurs et auteurs.

Pour le remercier nous lui avons proposé de participer à la conception d'une figure actuellement prévue pour rejoindre "Forêt engloutie" (titre de travail, ouvrage en cours de rédaction). Il souhaitait une illustration s'inspirant du travail de son épouse, Hélène Rock - artiste photographe et plus particulièrement des portraits d'Alvina.


Voici un aperçu du cheminement de Gawain :








Et la version finie / quasi finie :




Vues de l'ilot d'Eschen


J'aimerais aussi m'arrêter le long de la côte, à Eschen. Vous connaissez sans doute cet îlot mystérieux, au moins de réputation. De la côte, on ne peut l'atteindre qu'à marée basse, quand un petit chemin de
pierres assemblées par d'anciens habitants apparaît. Le reste du temps, Eschen est coupé du monde par un bras de mer dans lequel personne n'oserait naviguer, car les parages sont presque toujours recouverts d'une épaisse brume blanche, qu'aucun regard ne peut percer. 

Je voudrais vraiment aller voir le cercle de pierres qui se trouve sur cet îlot. On m'a raconté que les demorthèn y tiendraient un culte traditionnel, s'accompagnant de sanglants sacrifices en l'honneur d'esprits de la nature sauvages. On m'a également dit que les feondas n'ont jamais posé le pied sur Eschen et que les seules personnes à avoir voulu s'y établir ont disparu, laissant derrière elles leur petite demeure vide moins d'une année après leur arrivée.
Aoda Mac Iseanor, fille (disparue) du duc de Seol
Livre 1 - Univers, p. 57


Intéressés à l'idée d'en savoir plus ? Les mystères d'Eschen pourraient être révélés dans une prochaine publication. Ce post vous donne déjà une idée des travaux préparatoires pour les illustrations, avec un croquis que j'avais réalisé pour expliquer comment je voyais les lieux, puis une réalisation par Akae :-)







Travail en cours : Le sanctuaire antique

Un aperçu du travail de création du côté de Gawain pour l'illustration "Sanctuaire antique" :




Faits d'hiver, un canevas pour Esteren proposé par Netzach

Le forum des Ombres d'Esteren foisonne de créativité. La communauté a déjà proposé plusieurs dizaines de scénarios et canevas originaux pour les Ombres d'Esteren ! Afin de soutenir ces initiatives, l'équipe du jeu et l'éditeur ont inauguré la CUVOE, la licence précisant les Conditions d’Utilisation des Visuels des Ombres d’Esteren. Cette licence a été accompagnée de la mise à disposition d'un premier Set graphique contenant divers éléments visuels tirés de la gamme officielle. Ces éléments sont utilisables par la communauté dans le cadre de ses créations pour les Ombres d'Esteren.

Certains membres de la communauté ont utilisé ce set graphique pour mettre en page leur création. Cet article est l'occasion de mettre en lumière le travail de l'un d'eux : le canevas Faits d'hiver, imaginé par Netzach. 

Résumé : Partis à la recherche d'un groupe de chasseurs disparus, les PJ se retrouvent forcés de passer la nuit dans un refuge situé en pleine montagne. Ils sont en compagnie d'un groupe de soldats dont ils ne connaissent rien, alors qu'un dangereux prédateur rôde à l'extérieur...

Vous pouvez retrouver ce canevas en le téléchargeant. Bon jeu à tous et pensez à venir faire un retour de votre partie à l'auteur, sur le fil de discussion dédié. Pour y accéder, il vous faut être inscrit sur le forum et avoir obtenu l'accès au forum privé des Secrets.

Exposition d'Asami à Lyon

Notre maquettiste Jessica "Asami" Masia expose à Lyon dans la boutique Ukronium ses travaux photos réalisés en collaboration avec Jean-François Leïva. C'est l'occasion de découvrir son travail en dehors de ce qu'elle fait pour les Ombres d'Esteren.

Ne ratez pas le vernissage ce 9 avril à 20 heures !
 
Le facebook de l'événement.


Mécènes et Bestiaire : Caemgen de Fionnfuar

La préparation des contenus des ouvrages, en particulier du placement des mécènes (des souscripteurs de haut rang avec qui nous travaillons sur un personnage), se fait en plusieurs étapes. Il s'agit dans un premier temps de faire le point avec le mécène sur ses vœux, puis de trouver la meilleure manière de placer la figure dans un ouvrage. Ensuite, j'essaie de tisser des liens, plus ou moins appuyés, des clins d’œil d'un livre à l'autre.

Voici une illustration de ce cheminement avec Caemgen de Fionnfuar, un vecteur qui s'est aventuré jusque dans les terres de Dèas pour y prêcher la bonne parole. Trouver sa place dans une société clanique aussi rude n'est pas évident et nécessite de sa part un grand sens politique et des relations humaines plus généralement. Son optimisme, sa persévérance et son habileté lui ont permis de devenir un médiateur reconnu et apprécié pour sa neutralité - du moins en ce qu'il ne défend les intérêts d'aucun clan en particulier.

J'avais envisagé de le faire paraître brièvement dans le bestiaire en tant qu'auteur d'une lettre reçue par l'un des narrateurs principaux que je mets en scène. Ainsi on aurait un premier contact avec la figure avant de la voir véritablement à l’œuvre.

Un vecteur en voyage













Une lettre venant des terres de Dèas


Lettre du vecteur Caemgen de Fionnfuar, affecté aux Terres de Dèas



Chère Annëth,

J’ai bien reçu ta gentille lettre demandant de mes nouvelles. Comme tu peux le constater, les Osags des Terres de Dèas n’ont pas jugé bon de me renvoyer en Gwidre. Pourtant, ce ne fut pas évident de gagner leur confiance ! Tout n’est assurément pas simple ici et les rapports de force sont monnaie courante. J’ai rencontré des gens extraordinaires et une culture très riche. J’espère pouvoir accomplir ma mission au mieux.

En attendant, connaissant ta grande curiosité pour les légendes, je pense avoir trouvé une histoire qui pourrait te plaire. Elle concerne le peuple tarish. Comme tu le sais, il est réputé avoir accosté il y a environ mille ans à la pointe de Hòb. Depuis, leurs descendants ne cessent d’errer dans la péninsule de Tri-Kazel comme s’ils cherchaient (ou fuyaient ?) quelque chose.

Le hasard a voulu que j’apprenne une information étonnante à ce propos d’une source que j’estime fiable. L’homme est un pilote d’Iolach, un marin remarquable et audacieux. Il est sans doute l’un des meilleurs connaisseurs des récifs et des îlots de l’extrême sud-ouest. Son travail est de monter à bord des navires voulant franchir le cap, pour les aider à le passer en sûreté. De mauvaises langues prétendent que son talent lui viendrait d’une rencontre avec « Dame Crocs de mouette », la dréine-croquemitaine des environs. On dit d’elle qu’elle hante les profondeurs et cause des naufrages, mais aussi qu’elle épargne certains élus.

D’après ce pilote, le site du naufrage des Tarishs est un îlot des Épavières. On y trouverait suffisamment de ressources pour survivre : coquillages, œufs d’oiseaux de mer, étangs d’eau douce remplis par la pluie, phoques sur l’une des petites plages… Bien sûr, il ne reste rien des navires en surface : depuis un millénaire, les coques et les mats se sont désagrégés. En revanche, on trouverait des traces dans le sable humide. Je lui ai demandé s’il était certain que ces vestiges n’étaient pas tout simplement le fait de naufrages tri-kazéliens. Il m’a alors expliqué qu’il y a un cimetière sur cette île. Le nombre de tombes encore discernable était considérable. Pour qu’il y en ait autant, il aurait fallu que des dizaines de personnes vinssent y inhumer leurs proches pendant une longue période. Comme ces tombes ne sont pas d’un style osag, il a pensé qu’il s’agissait peut-être de l’île par laquelle les Tarishs étaient arrivés. Ils y seraient revenus déposer leurs morts.

Mais cette pratique aurait cessé quand Dame Crocs de mouette est apparue. On m’a dit que la dréine nourrissait une haine toute particulière à l’égard des Tarishs, même si l’on ignore pourquoi. Les récits décrivant sa sauvagerie envers ces malheureux font état de naufrages sanglants et de corps s’échouant par morceaux sur les plages. J’ignore si cet aspect de l’histoire est véridique : personne n’a pu me parler d’un exemple précis où une attaque aurait eu lieu contre des Tarishs. Malgré cela, ces voyageurs sont interdits de bord sur les navires qui croisent le cap des Adieux.

D’où provient cette inimitié particulière d’un monstre pour un peuple qui est certes marginal, mais n’a, à ma connaissance, pas grand-chose à se reprocher ? J’ai bien entendu des histoires à Ard-Amrach et à Expiation, selon lesquelles les Tarishs seraient souvent sorciers, lançant des malédictions à qui leur déplairait, mais j’ai tendance à penser qu’il ne s’agit là que de racontars, exprimant avant tout la peur de l’autre. Tu n’imaginerais pas le nombre d’histoires effrayantes qu’on m’a contées sur les Osags avant mon affectation : bien peu sont vraies.

À l’avenir, je te promets de t’écrire plus régulièrement. Mieux même : pour compenser le délai que j’ai mis à te répondre, je t’écrirai avant de rédiger les rapports que l’ordre me demande. Ainsi tu auras l’assurance d’avoir des nouvelles fraîches des venteuses Terres de Dèas,

Bien à toi,

Caemgen



Chronique cinéma : Black Death

Voici un article sur le film Black Death de Christopher Smith.

La chronique est signée SeigneurAo, un membre de la communauté des Ombres. Merci à lui !

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Black Death

Aujourd'hui je vous entretiendrai d'un film un peu particulier, Black Death.
Vous n'en avez probablement pas entendu parler et, à part si vous êtes un lecteur assidu des forums d'Esteren, vous n'en entendrez probablement jamais parler, et pour cause.

Sorti en 2010, il a bénéficié de très peu de publicité et n'est pas sorti en salles. Il n'est disponible en France qu'en DVD et Blu-Ray.

C'est bien dommage mais, grâce à quelques contributeurs perspicaces, nous ne passerons pas tous à côté de cette précieuse source d'inspiration pour l'univers des Ombres.



Le pitch tout d'abord.

Dans l'Angleterre du XIVème siècle, la première épidémie de peste bubonique sévit à travers villes et campagnes.

Les hommes subissent de plein fouet ce qu'il est convenu de reconnaître comme un châtiment divin et, si certains acceptent leur sort, d'autres préfèrent se tourner vers des solutions plus radicales.

La vie du jeune Osmund, novice dans un monastère, prend une tournure bien particulière lorsqu'il accepte de guider Ulric, un envoyé de l’évêque local, à travers les marais vers un étrange village d'où émanent de sombres rumeurs.

Les habitants, épargnés par le mal, voueraient un culte païen à des forces peu catholiques, d'aucuns disent à Lucifer lui-même.

Dieu, par l'intermédiaire de sa main armée Ulric, se doit de mettre un terme à cette hérésie.

D'un point de vue thématiques, on n'est ni dans quelque chose de très original, ni dans ce qui emporte généralement mon enthousiasme.

À savoir la religion et la mort.

D'un point de vue purement technique, le film ne mériterait pas forcément que l'on s'y attarde.

Les acteurs ne crèvent pas l'écran, à l'exception notable de Sean Bean (Boromir dans le Seigneur des Anneaux, dont il a d'ailleurs gardé la coupe de cheveux et les vêtements, à peu de choses près) et Carice Van Houten. La réalisation est un patchwork de choix plus ou moins convaincants.

Si filmer caméra à l'épaule peut se révéler bénéfique en terme d'immersion et instaurer un rythme haletant à une scène particulièrement chargée en émotion ou en action, le parti pris de Christopher Smith dans Black Death est d'en user et d'en abuser.

Cela donne lieu à quelques beaux mouvements qui accompagnent à merveille l'évolution des personnages, mais aussi à certains passages où l'on a davantage la nausée à cause du roulis que de la nature des images -dures- qui sont distillées au fil des minutes.


Alors me direz-vous, devant un tableau si noir, pourquoi attirer votre attention sur ce film ?

Tout simplement parce que, passés ces quelques éléments disons "matériels", il recèle une force, une noirceur justement, et un potentiel indéniables à une très belle adaptation pour les Ombres d'Esteren, ou tout autre univers où l'horreur flirte avec la folie.

Au niveau de la photographie, le jeu de clairs-obscurs distillé tout au long du film ne cesse d'attirer notre attention sur les détails qui font toute la richesse de l'histoire.

Les personnages sont dotés de passés certes ébauchés (le film dure seulement 1h37, qui passent très vite) mais toutefois plus fouillés que bien souvent et, surtout, crédibles.

Le réalisme, une grande force tout au long du film, ne sera entaché que par quelques faux pas qui, cependant, trouveront parfois une explication plus loin. Ainsi, le jeune Osmund quittera son monastère pour une raison très terre à terre. Son parcours initiatique, selon la formule consacrée, se fera dans la souffrance et la douleur, tant physique que mentale.

Ulric, personnage torturé et présenté dès sa première scène comme un fanatique, révèlera bien entendu des facettes intéressantes de sa personnalité tout au long du chemin.

Les aspects spirituel et fantastique, omniprésents, seront contrebalancés par des explications, certains préféreront dire des hypothèses apportant une touche de rationalité à cette quête divine, ainsi qu'aux fondements du mal que les répurgateurs se proposent de combattre.

Jamais moralisateur, Black Death apporte à chacun des clés pour comprendre l'intrigue à sa manière, tout en laissant libre une certaine part d'interprétation, là encore sans pousser trop loin le vice en la matière (ce n'est pas l'un de ces films "Ikea", où le spectateur a davantage de travail à faire que le réalisateur).

Si la première moitié du film accuse une certaine lenteur et un côté "flou", ce n'est que pour mieux poser les bases de l'histoire et laisser le temps de comprendre la psychologie des différents protagonistes. La deuxième moitié se nouera en un huis-clos étouffant, où la frontière entre spiritualité et manipulation se brouille progressivement.



Sans spoiler.

La vie et la mort se côtoient sans arrêt voire s'entrecroisent.

Les personnages principaux sont nuancés et placés face à des choix difficiles.

Il y a de l'amour, de la haine, de la magie (ou pas), de l'extrémisme (de part et d'autre)...

Somme toute, il apparaît évident que la construction et l'ambiance de ce film se prêtent parfaitement à un scénario de jeu de rôles.

Il mérite donc que l'on passe outre ses quelques défauts de forme pour s'attarder sur le fond. A fortiori pour Esteren, où l'imbrication des différents éléments se met doucement en place pour peu que l'on s'en donne la peine. La galerie de personnages est toute faite, la marge de manœuvre en ce qui concerne la "réalité", les coulisses de l'histoire permettrait à un meneur d'adapter le degré de surnaturel à ses goûts et ceux de ses joueurs. Nul doute que de très belles suggestions fleuriront sur un tel terreau!

SeigneurAo

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Pour en savoir plus, retrouvez la critique de Black Death sur SciFi Universe ainsi que l'annonce de sa parution en France.