Construire et publier une gamme de JDR (2014)

14:30 Nelyhann 0 Comments

Continuons la rétrospective Esteren avec l'année 2014…Vous pouvez retrouver les articles précédents ici (2010-2011), là (2012) et là (2013).
Image : Quo vadis, baby?

Adapter la trajectoire

Depuis septembre 2010, beaucoup de choses avaient changé pour notre projet. D'un côté, beaucoup de points positifs et de belles perspectives suite aux succès des premières souscriptions via Ulule et Kickstarter. De l'autre, une masse très importante de travail supplémentaire sans qu'il soit encore possible de s'investir pleinement dans le projet : en clair, gagner suffisamment d'argent pour s'y consacrer à plein temps. Mes tâches à la coordination avaient pris beaucoup d'ampleur et je rêvais d'avoir un assistant au quotidien, qui pourrait m'épauler, notamment sur les suivis de fabrication et les questions logistiques. L’équation commençait à se compliquer : plus de travail à absorber mais une structure qui restait la même.

Sur un autre registre, alors même que chaque nouvelle publication était à chaque fois un succès, il nous fallait trouver une solution pour structurer un calendrier avec des sorties régulières. Sans cela, impossible d'envisager une pérennisation de l'activité : même sans salaire fixe à sortir tous les mois, l'éditeur avait augmenté les revenus de l’équipe afin de compléter les droits d'auteur. Ajouté aux dépenses pour la production des contenus et les dates de la tournée Esteren, la note était salée. Bref, sans ressources régulières, le financement de l'aventure pouvait très vite se corser.


Renouveler l'exploit

Les résultats en 2013 étaient excellents. Notre éditeur affichait un chiffre d'affaire annuel d'environ 200.000 euros. Quand même ! Quand on sait que cette richesse était générée par une seule et unique gamme de jeu de rôle, de création française de surcroît, nous pouvions être contents ! Mais la réalité était là : le bilan financier était positif mais assez juste au final. Les coûts de production, de la tournée et du paiement de l'équipe pesaient leur poids !

Moralement, j'avoue que ce constat fut assez dur à encaisser : avec de tels succès en 2013, je pensais que nous allions pouvoir embaucher dès le premier trimestre 2014 : niet ! En l'état, ce n'était pas possible. Pas assez de visibilité. Il fallait pour cela s'assurer de faire un score au moins aussi bon en 2014 qu'en 2013 (?!). Comment faire ? Pendant un moment, je me suis senti découragé.

Bien sûr, avec une expérience plus solide comme entrepreneur, nous aurions pu anticiper cette réalité. À notre décharge, je pense qu'en 2010, il était très difficile d’anticiper notre trajectoire, en particulier le succès des campagnes de financement participatif. Nous avons passé 2012 et 2013 à nous adapter sur le tas aux mutations qui s'imposaient à nous, mois après mois.

Ce n'est qu'au début 2014 que nous avons commencé à digérer cette transformation du projet et intégrer ces nouvelles données dans notre réflexion éditoriale.


Nourrir l'ogre 

Voilà l'état d'esprit en début 2014 : des souvenirs magiques plein la tête, des espoirs fous mais aussi une certaine forme de lucidité, assez amère à certains égards. Surtout, alors même que nous voulions tenter notre chance jusqu’au bout, il était urgent de résoudre l’équation du calendrier éditorial.

Je pensais finir la rétrospective aujourd'hui mais je dois m’arrêter là pour l'instant. La prochaine fois, je vous présenterai la solution éditoriale que nous avons imaginée (nom de code : la quadrature du cercle) et je reviendrai sur l'aventure du Monastère de Tuath  sur Kickstarter.

Allez, à la prochaine !


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Voir aussi :
Partie 1 (2010-2011)
Partie 2 (2012) 
Partie 3 (2013)
Partie 5 (suite et fin)

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