La préparation en amont de la création d'un supplément

11:27 Iris d'Automne 1 Comments

Ces temps-ci mon travail consiste essentiellement en préparation du futur, sous la forme de "thema", ouvrages thématiques de 60 à 120 pages. Je me trouve très en amont des sorties et ébauche des suppléments qui ne verront peut-être jamais le jour, la décision de passer en phase de "réalisation effective" ayant lieu une fois que les "Idées" sont bien posées.





Idées, l'évolution dans les ombres... 


Des thèmes intéressants, il n'en manque pas pour Esteren, mais il faut idéalement qu'ils répondent à plusieurs conditions : je tiens à avoir suffisamment de matière avant le début de la rédaction ; dans le cas de scénario, il me paraît essentiel de déjà disposer d'un squelette bien détaillé ; si possible, pouvoir y placer des figures de mécène (la promesse de publier les figures a été faite, elle doit être tenue !) ; avoir un plan d'ouvrage qui fonctionne bien.


Comme déjà dit, mon travail a lieu essentiellement dans l'ombre et très en amont :

  • Thema Occultisme : il m'a occupée en août - automne 2012 pour la rédaction brute et les premières relectures de fond
  • "Ghost stories" : même période en 2013, et début 2014 pour les finitions des textes
  • ... Et aujourd'hui, je suis en réflexion / développement sur plusieurs autres, dont trois sont plus avancés. A l'occasion je ferai sans doute un point sur la tambouille de création, comment, pourquoi, quels choix... 

Je "profite" de ce temps de relatif calme pour moi pour peaufiner les ébauches, et pouvoir gagner un maximum de temps lorsque j'entrerai dans la phase suivante : le rédactionnel "pur".

Textes, la pression de la deadline


Rédiger les textes "bruts" n'est pas une mince affaire. Quand la décision est finalement prise de sortir un livre, il est nécessaire de boucler cette phase au mieux et au plus tôt, car elle conditionne :
  • les commandes d'illustration 
  • les traductions 

Étant en début de chaîne, tout retard impacte sur la suite et met les illustrateurs, les traducteurs et la maquettiste sous pression pour rattraper le temps perdu, sachant qu'eux-mêmes peuvent connaître des pépins à leur niveau...


Le résultat : des journées entières à ne faire qu'écrire... Pour me faire une idée, j'ai mesuré mon rythme : 2000 signes par heure pour un texte problématique, 5000 signes par heure quand je sais précisément où je vais. (On voit ici l'importance de la préparation en amont : le rythme de rédaction peut-être doublé)


Le problème, ce n'est pas tant le rythme horaire de pointe, que le fait de tenir sur la longueur. 

  • Une page sans illustration (une figure par exemple) : environ 5000 signes, donc 1h de travail
  • Une double page de bestiaire, dans les 8000 signes, donc pas loin de 2h de travail intense
  • Grosso modo, le mieux qui puisse être fait, est 1 page de livre par heure

La fatigue est préjudiciable : il est impossible de rester au maximum de son rythme et concentration en permanence. J'ai calculé pour l'instant que mon record était de l'ordre de 31 000 signes sur une journée... en ressortant rincée. Lorsque je suis en phase rédactionnelle, c'est du 7j / 7 et je ne m'autorise pas de faire moins de 2 pages par jour. Ce rythme de forçat, et le travail en amont, expliquent comment il a été possible de rédiger le contenu additionnel de "Voyages" en l'espace d'à peine un mois et demi (pas loin d'une centaine de pages juste pour moi en fait).


Mais il y a un ennemi mortel, pire que la fatigue : l'interruption. Être coupé dans son élan, en pleine concentration, par un coup de téléphone, une tâche urgente (ou pas du tout, mais qui se présente quand même), casse le rythme. A ce moment là, la fatigue du travail accumulé se révèle pleinement et reprendre le chantier d'écriture devient très difficile. Pire que l'interruption unique : les multiples interruptions bien sûr.


Pour finir, une fois qu'on a enfin terminé arrivent les relectures de fond : on est parvenu à un degré d'épuisement sérieux, et il faut trouver un moyen, dans un délai aussi court que possible, de regagner ses forces, et de parvenir à prendre assez de distance avec le travail accompli pour accepter les retours des relecteurs de fond (dont le tact n'est pas toujours la vertu première !). 


Arrive la phase de reprise : réécriture de passages problématiques, insertion d'encarts, développements, ... Pour Voyage elle a pris près de deux mois d'aller-retours constants sur les textes ; pour Ghost stories, il me semble que ce n'était qu'un mois et demi. Le volume du texte n'est pas directement corrélé avec le temps requis pour sa reprise. Pour Occultisme... lors de la reprise j'ai rédigé quelque chose comme 40 pages de plus et ai fait relire le tout, repris... ce qui a ajouté dans les 3 mois de travail. Actuellement on arrive au bout, avec dernière relecture de fond du Coordinateur, avec là aussi des reprises de textes, heureusement pour l'instant pas trop importantes.


En définitive, le travail de reprise du texte est souvent aussi long que sa rédaction initiale !


(C'est assez démoralisant au début, après on se fait une raison et on prévoit un temps plus large pour l'écriture, afin d'inclure les reprises dans l'estimation de la date de fin).


Développement


C'est là que ça devient inconfortable pour tout le monde... sauf pour moi ! Les illustrations, les relectures de forme, la maquette, la relecture maquette... Tous ces posts sont assez stressants car lorsqu'on en est là, le livre est généralement annoncé, une souscription & une date de sortie commencent à être sérieusement en vue. 


... mais comme j'ai déjà eu le gros de ma phase de travail, la plus éprouvante surtout (relectures de fond), la suite, même en devant assurer un bon rythme de l'ensemble en apportant un soutien de coordination, est un véritable plaisir. 


Surtout... je peux de nouveau me plonger dans les "Idées" des ouvrages suivants, phase qui est pour moi de loin la plus agréable. 


... en fait, quand un livre sort, ça me fait bien sûr plaisir, mais je suis depuis un bon moment déjà sur d'autres chantiers ... dont tout le monde ignore l'existence... car ils errent... dans la nuit des rêves... 


Bouh !

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