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Le blog des Ombres continue sur Patreon

Depuis 2009, ce blog a accompagné l’aventure des Ombres d’Esteren.

Au fil de plus de 600 articles, il a accueilli des annonces, des nouvelles de production, des aides de jeu, des photos des dizaines de conventions et beaucoup de fragments de cette longue route parcourue ensemble... Aujourd’hui, son rôle évolue.

À partir de maintenant, ce blog, ainsi que celui en anglais Shadows of Esteren, ne seront plus mis à jour. Les deux resteront en ligne et accessibles comme des archives : une bibliothèque de ressources, de souvenirs et de documents que vous pourrez toujours consulter :)

Pour la suite, nous vous donnons rendez-vous sur Patreon, qui devient notre nouveau journal de développement.

Suivez le développement, participez aux sondages, accédez aux contenus en avant-première

Sur Patreon, vous pourrez suivre plus directement le développement des prochains projets dans l'univers des Ombres, découvrir des aperçus des travaux en cours, accéder plus tôt à certains contenus et participer à des sondages pour nous aider à orienter la suite.

L’abonnement de base sera gratuit : il permettra de suivre les publications et de recevoir les nouveaux articles. Pour celles et ceux qui souhaitent nous soutenir plus directement, un abonnement mécène sera également proposé.

En devenant mécène d’Esteren, vous soutenez directement le développement du monde de Tri-Kazel. Comme tous les membres gratuits, vous bénéficiez d’un accès anticipé aux contenus, de regards en coulisses et de sondages exclusifs pour façonner l’avenir du jeu. Vous obtiendrez aussi :

▶ votre nom dans les crédits des prochains livres ;
▶ l’accès à du contenu exclusif et à des sondages réservés aux mécènes ;
▶ quelques surprises et cadeaux en chemin :)

Un immense merci à toutes celles et ceux qui nous suivent depuis toutes ces années. Ce blog reste en ligne. Mais pour suivre le développement en cours, désormais, tout se passe sur Patreon !

Et l’avenir arrive vite : une campagne Ulule pour fêter la fin du premier cycle des Ombres approche, et il est bien possible que nos abonnés Patreon, qu’ils soient membres gratuits ou mécènes, profitent de quelques jolies surprises ^^

Rendez-vous ici pour la suite de l'aventure : www.patreon.com/agate_esteren

À très vite,

Nel et toute l'équipe 

10 ans

Voilà. Il y a 10 ans sortait le tout premier livre de la gamme des Ombres. Nous avions prévu une jolie fête avec nos amis musiciens, brasseurs et artistes... mais la crise actuelle nous a empêché de mettre en œuvre cette date si particulière du Esteren Tour. Ce n’est bien sûr que partie remise !

Merci de nous avoir accompagnés pendant toutes ces années. Esteren continue à vivre, c’est aussi grâce à vous. Nous entrerons bientôt dans le cycle des Secrets alors que celui de Dearg se termine. Pour l’instant, nous sommes simplement heureux d'être toujours là. 

Prenez soin de vous !


 

Proposer des canevas - Autoévaluer votre texte (15)

Ayant reçu quelques demandes de retour sur des canevas, j'en profite pour tenter de fournir un outil d'autoévaluation qui permette aux auteurs qui se lancent dans l'exercice de repérer rapidement eux-mêmes des points saillants qui pourraient être à retravailler. 

Si l'on devait faire une comparaison avec un exercice scolaire, il faudrait répondre "oui" à chacun des critères éliminatoires pour avoir tout juste la moyenne. Aucun ne doit manquer. Valider les critères d'évaluation de base vaudrait une note assez bonne. Développer les aspects d'évaluation avancé permet de faire vraiment la différence. 

Remarque complémentaire : il s'agit d'une synthèse, il est tout à fait possible que j'oublie ici des aspects importants. Je tâcherai de mettre à jour si je constate un manque. Les commentaires permettent de signaler si vous en repérez ;-)

1/ Les critères éliminatoires


Il faut pouvoir répondre positivement à chacune des points évoqués ici pour que le canevas puisse être évalué sérieusement. Si un de ces critère éliminatoire est présent, il faut retravailler le texte pour corriger l'aspect problématique.


1.1/ Le texte pèse-t-il strictement moins de 17K ?


Les canevas sont présentés sur 2 à 4 pages, parfois avec une annexe (plan) occupant 2 pages. Une page de texte pleine à raz-bord pèse dans les 5 à 5.6K (5000 à 5600 signes / caractères espaces compris). Les livres de la gamme ont en moyenne un visuel (croquis ou plus grande illustration) par double page. De là, il appert que s'il est possible dans l'absolu de faire tenir un canevas de 20K de texte pur sur 4 pages, cela ne se fait qu'au prix de deux doubles pages de texte dense, sans aucune illustration. En conclusion : le signage idéal pour remplir 4 pages avec un ensemble aéré et illustré est de l'ordre de 16K.

1.2/ Le texte comprend-il au moins un aspect horrifique bien identifiable ?


L'horreur est un élément important des Ombres d'Esteren. Chaque canevas en présente au moins un aspect, une dimension horrifique. Le panel des possibilités est assez large, mais le choix de l'auteur doit être bien identifiable : en lisant le lecteur ne doit pas se demander "c'est peut-être ça le truc horrifique ?".Voici un aperçu des formes habituelles de l'horreur présentes dans les textes des Ombres d'Esteren

Psychologique : doute existentiel, deuil douloureux, culpabilité extrême, enfermement, tourments intérieurs, terreur, folie, désespoir, etc.

Gothique : château inquiétant, hérédité familiale pesante, obscurantisme, maison hantée, fantôme, monstres enfouis sous des couches de secrets dissimulés, magie noire, sombre rituel, corruption par des puissances maléfiques etc.

Romantisme noir : sublime mêlant beauté et danger, fascination et répulsion, inquiétude attirante, etc.

Gore : violence, sang, carnage, répulsion viscérale, massacre, etc.

1.3/ Le texte est-il bien organisé selon la structure d'un canevas ?


Lorsqu'il s'agit de proposer un canevas, il est souhaitable de... proposer un canevas.

◾ Les racines résument le problème, ses tenants et aboutissants, sans contradiction internes (avec le reste du canevas) ni externe (avec l'univers). Elles peuvent être accompagnées d'un encadré présentant les personnages essentiels et la chronologie par défaut des événements. Ces informations résumées pourront servir tout le long de la maîtrise du canevas.

◾ Le tronc concentre toutes les informations permettant d'impliquer les personnages. Une fois que les événements du tronc sont passés, l'aventure commence vraiment. Un tronc doit permettre à une grande diversité de personnages et groupes de PJ de jouer ce canevas. Cela peut passer par une entrée par défaut dans le canevas et une seconde option plus adaptable.

◾ Les branches décrivent les péripéties et les adversités principales. C'est ici que se situe le cœur de l'action et que les personnages prennent des initiatives. L'essentiel du signage est concentré dans cette partie. La richesse des branches fait l'intérêt de l'histoire pour les joueurs.

◾ Les feuilles constituent l'épilogue (récompense des PJ notamment) et l'ouverture : elles sont assez courtes et doivent idéalement avoir un intérêt pour le meneur (ouverture sur une autre histoire).

◾ Le vent est une section courte (de l'ordre de 1 K ou moins) qui donne des pistes pour distiller l'ambiance imaginée par l'auteur.


1.4 / Le texte comprend-il moins de 2 fautes de grammaire par phrase ?


Ce nombre est un simple ordre de grandeur : à partir de deux fautes dans des phrases ici ou là, le texte commence à être vraiment problématique. Il s'agit d'un exercice d'écriture : la maîtrise de la langue est indispensable. Prenez au minimum le temps de soumettre votre texte à un correcteur type "Word". Si vous n'avez pas d'amis passionnés par la relecture et que vous savez que vous avez des lacunes graves, que vous ne voyez pas comment les dépasser, investissez dans un logiciel de correction (on m'a dit du bien d'Antidote, mais il peut en exister d'autres). L'essentiel est de fournir un texte globalement propre.


1.5 / Les informations sont-elles rassemblées de manière ergonomiques et présentes chacune à 1 seule occurrence ?


Les informations que vous donnez doivent être aisées à retrouver au moment de la lecture puis de la maîtrise. Gardez à l'esprit :

◾ Le meneur doit comprendre tous les tenants et aboutissant en moins de 2 minutes de survol : les racines et les encadrés informatifs associés doivent permettre cette première appréciation.

◾ Le meneur doit pouvoir retrouver facilement une information à 1h du matin, en même temps qu'il maîtrise avec des joueurs qui lui parlent : les blocs de texte de plus de 1000 signes d'affilée sont à bannir. Utilisez des sous-titres, des listes à puces, des termes en gras, des encadrés.

1.6 / Les personnages ont-ils des initiatives à entreprendre ?


Une des pires choses qui puisse se produire en JdR est de s'ennuyer. Il est essentiel que les joueurs puissent tous prendre des initiatives. Il y a de multiples manière de priver de possibilité d'agir. Voici quelques exemples à éviter :

◾ A l'exception de la "bonne" action (= celle prévue par l'auteur en rédigeant son scénario), tout échouera automatique.

◾ Si les PJ comprennent dès le début qui est le méchant (ou le problème), tout est fait pour les dissuader de résoudre l'affaire afin de pouvoir jouer une scène soigneusement décrite et préparée.

◾  Les événements se déroulent suivant une chronologie qu'il est impossible d'enrayer.

1.7 / Le canevas peut-il être utilisé uniquement avec le Livre 1 - Univers et l'ouvrage dans lequel il est publié ?


Nous sommes ici dans un critère qui relève de l'édition. Il est gênant qu'un canevas doivent pour fonctionner s'appuyer sur plusieurs ouvrages en plus du Livre 1 - Univers et celui dans lequel il est publié.

Pensez à votre situation en tant qu'acheteur d'un livre : voudriez-vous découvrir que son contenu est inutilisable si vous ne possédez pas 3 autres ouvrages ? Que la connaissance d'autres livres améliore l'expérience de jeu : oui. Mais il ne faut pas "piéger" l'acheteur avec des prérequis suggérant une dépense. Toutes les informations indispensables au déroulement du canevas doivent être là, dans votre texte.

Par ailleurs, devoir chercher des données dans plusieurs ouvrages est incompatible avec le point 1.5 relatif à l'ergonomie de présentation des informations.

Remarque complémentaire : si votre canevas utilise une créature, on peut à la rigueur admettre qu'elle figure en annexe du canevas avec une fiche la présentant sur le modèle des créatures dans le Livre 2 - Voyage.

2/ Éléments d'évaluation de base


2.1 / Le texte utilise-t-il une hiérarchie de titre ?


Utilisez la hiérarchie de titre fournie dans votre traitement de texte pour permettre aux relecteurs et maquettistes de travailler dans de bonnes conditions, mais aussi au meneur de retrouver rapidement les informations en jeu. Bannissez les blocs de texte sans titre : il faut pouvoir d'un coup d’œil retrouver une donnée. De manière générale, prévoyez 1 titre ou sous-titre tous les 1000/1500 signes.

- Titre 1 : titre du canevas
- Titre 2 : racine / tronc / branches / feuilles / vent
- Titre 3 : scènes au sein des branches
- Titre 4 : encadrés

2.2 / Le texte utilise-t-il le format de présentation des informations techniques ?

Lorsqu'un jet ou un combat ou un empoisonnement ou l'utilisation de pouvoirs surnaturels sont prévus, le texte doit respecter la formulation adéquate. Pour connaître cette formulation, il faut se référer aux textes déjà publiés. Par exemple : jet de Relation (Diplomatie) compliqué (14) plutôt que jet de Diplomatie (14).

2.3 / Les personnages ont-ils une raison valable de prendre des risques ?


Même s'il y a un consensus entre les joueur quant au fait de vouloir jouer, il ne faut pas compter uniquement sur leur bonne volonté pour tordre la psychologie de leur personnage. Il y a des astuces de maîtrise pour contourner certaines difficultés posées par des scénarios heurtant les valeurs d'un PJ, mais il y a des limites à ce que le meneur peut demander. 

En concevant le canevas, l'auteur doit s'assurer que l'implication prévue dans le tronc soit assez solide ou efficace pour justifier les prises de risque prévues dans les branches. Les PJ peuvent bien sûr être trompés par les PnJ sur les dangers qu'ils encourent, mais cette solution ne peut pas être utilisées systématiquement.
 
Par ailleurs, si tout le long de l'histoire, les PJ sont maltraités, houspillés et humiliés par les PnJ qu'ils sont censés aider, il est tout à fait possible qu'ils abandonnent l'affaire. 

Les récompenses des feuilles permettent dans une certaine mesure de compenser de mauvaises surprises dans les branches, mais comme elles ne sont pas connues à l'avance par les joueurs et les PJ, elles ne peuvent pas suffire à elles seules pour faire tenir l'implication et la volonté de prendre des risques.

2.4 / Le texte fait-il l'économie de stéréotypes courants ?


Ici j'ajoute un sous-questionnaire qui permettra peut-être de repérer les stéréotypes fréquemment présents dans les textes. Il en existe bien d'autres, mais éviter ceux-là est déjà un bon début.

◾ Est-ce qu'au moins une femme importante pour l'histoire sort des rôles listés ci-dessous ?


- une mère aimante / une mère cruelle et castratrice ; 
- une épouse dévouée / une épouse morte ; 
- une jeune fille ou jeune femme séductrice manipulatrice (utilisant sa beauté comme une arme) / victime de viol ou de possession / au cœur d'un triangle amoureux qui la tourmente
- une fillette image de la douceur innocente / une fillette ou jeune fille trop gâtée et capricieuse / une fillette possédée par un démon / une fillette mourante - malade - bref, victime à sauver
- une guerrière belle mais seule et farouche car blessée par la vie
- les larmes aux yeux et le cœur lourd suite à un drame qui l'a ravagée

◾ Est-ce qu'au moins la moitié des soldats, artisans, marchands et habitants sortent des profils listés ci-dessous ?


- homme de 25 à 40 ans
- célibataire + sans enfant + sans parent ni cousinage ni fratrie
- sans ambition + sans initiative, ni courage, ni volonté

◾ Est-ce que les antagonistes humains échappent à au moins la moitié des traits listés ci-dessous ?


- homme de 25 à 45 ans
- brun et yeux sombres / portant une capuche dissimulant son visage
- célibataire + sans enfant + sans parent ni cousinage ni fratrie
- seigneur sorcier
- psychopathe / cynique / mégalomane / sadique
- odieux avec tout le monde

◾ Est-ce que PnJ évitent la plupart des traits listés ci-dessous ?


- un être cher est menacé, ils ne font rien d'autre que supplier les PJ d'agir
- ils ne réagissent absolument pas à des anomalies qui alertent tous les PJ
- les gardes sont constamment bornés / incompétents / égoïstes / insensibles
- les notables sont bornés / incompétents / égoïstes / insensibles
- les religieux sont bornés / incompétents / insensibles


2.5 / La progression dans l'histoire évite-t-elle les impasses sur un échec sur un jet ?


Quand des jets sont demandés, l'histoire doit être intéressante même en cas d'échec. Il ne faut pas qu'un échec sur un jet oblige soudain le meneur à improviser des pans entiers d'intrigues. Il ne faut pas non plus qu'un échec sur un jet aboutisse à arrêter la partie au bout d'1h de jeu sur un "tant pis vous avez perdu".

Pour illustrer le problème, imaginons une scène de crime. L'auteur prévoit la présence d'un indice essentiel qu'il faut trouver immédiatement, sous peine de conséquences tragiques. Les PJ doivent réussir un jet de Perception standard (11) pour le trouver. Ce n'est pas une difficulté trop élevée, mais il est toujours possible que les PJ échouent tous. Que se passe-t-il alors ? Rien. Généralement les meneurs autorisent de nouveaux jets pour sauver le scénario, tout le monde autour de la table y met du sien pour faire mine d'ignorer ce passage obligé qui résulte d'un défaut de conception.


2.6 / Le texte fait-il l'économie de jeux de mots et plaisanteries métajeu faciles ?

Nous sommes ici face à un critère purement métajeu, puisqu'il concerne auteur et meneur uniquement. Il est également subjectif et relève de critères esthétiques. Il me semble qu'un scénario visant à distiller une ambiance pesante fonctionne tout simplement mal avec un contenu qui peut susciter des plaisanteries. Je pense en particulier à :

◾ Noms de personnages, lieux ou situations tendant une perche comique aux joueurs.

◾ Titre humoristiques, situations parodiques, référence littéraire ou cinématographique trop évidente etc.

Si le cinéma coréen (entre autres sans doute, mais j'ai plus d'exemples précis dans ce cas) parvient à utiliser le comique comme un ressort qui accroît le sentiment d'horreur, de désespoir et d'injustice, c'est un ingrédient qui me parait difficile à manier avec succès. Le plus souvent, l'humour fonctionne plutôt de manière contre-productive. Mon appréciation est donc : à éviter sauf à vraiment maîtriser ce ressort.

3/ Élément d'évaluation avancés


3.1 / L'intrigue proposée se distingue-t-elle de scénarios et canevas déjà publiés dans la gamme ?


Même si un canevas est bien rédigé, le fait d'avoir deux intrigues très similaires dans la gamme n'est pas idéal. Pour savoir ce qui est inédit, il est nécessaire d'avoir une vision d'ensemble de l'état des publications.

3.2 / Le texte met-il en scène des aspects de l'univers peu usités ?


Beaucoup d'aventures estereniennes se déroulent en Taol-Kaer dans des villages isolés en zone montagneuse avec une forte prégnance de la culture demorthèn. Proposer l'exploration de lieux  nouveaux est très appréciable. Pour savoir ce qui est inédit, il est nécessaire d'avoir une vision d'ensemble de l'état des publications.

3.3 / Le texte est-il bien documenté ?


La crédibilité du mode de vie et de la psychologie des personnages évoqués dans le canevas est importante. Un apport documentaire -- ne tombant pas dans l'encyclopédie -- permet d'enrichir l'univers par l'intermédiaire d'une aventure. Le souci du détail s'exprime au travers de détails des branches, des historiques de PnJ ou dans le Vent.

3.4 / Le texte pose-t-il des questions philosophiques, psychologiques, éthiques, etc. ?


Proposer des choix, ouvrir le débat entre les personnages enrichit le jeu et densifie l'univers. Il est précieux pour les personnages d'avoir de véritables alternatives et d'être en position de faire évoluer une situation.

3.5 / Y'a-t-il un potentiel de rejouabilité ?


La rejouabilité désigne le fait de trouver de l'intérêt et du plaisir pour le meneur à jouer une nouvelle fois le canevas. Pour y parvenir, voici deux pistes :

Deux explications possibles : le problème peut être d'origine surnaturelle ou naturelle, au gré du meneur. Les icônes modulaires "psychologie" (rationalité) et "pleine lune" (surnaturel) sont présentes offrant deux axes de développements à partir du même tronc.

Des choix : si une partie substantielle du dénouement dépendent des choix et de la créativité des joueurs pour résoudre un problème, à chaque fois que l'on rejoue le canevas, il se renouvelle.

3.6 / Le texte met-il en scène efficacement un point de règle habituellement peu usité ?


Il est fréquent qu'un JdR comprend des règles plus utilisées que d'autres, mais celles qui sont peu usitées peuvent néanmoins constituer une ressource, un moyen de renouveler la pratique, l'intérêt, ou mettre en avant des potentialités peu exploitées.

Parler de faible usage est évidemment assez subjectif. Je peux dire à titre personnel que j'utilise peu fréquemment certaines règles du Livre 1 - Univers (et je pourrais poursuivre sur les autres ouvrages) : mise à l'épreuve des Voies, chute, noyade, asphyxie, poison, maladie, drogues, commerce, miracles, magience, soin des troubles mentaux. Un canevas associant des enjeux dramatiques et des scènes à suspense avec des points techniques "mineurs" démontre la capacité de l'auteur à se saisir d'une contrainte technique et à lui associer un fond, une histoire, intéressante. C'est une gymnastique qui associe la création d'une narration ludique complète.

 3.7/ L'ambiance est-elle soignée ?


Poésie, pouvoir d'évocation, musique, esthétique : tout cela peut jouer beaucoup dans le ressenti des joueurs.

3.8/ Y'a-t-il des rebondissements et révélations inattendues qui ouvrent des perspectives ?


L'histoire surprend-elle ? Ouvre-t-elle des perspectives ? Donne-t-elle envie d'en savoir plus ?


Un feond araignée-mousse rencontré dans la Forêt domaniale de Bellême, fort heureusement, il était assoupi (ou bien il m'aimait bien ?)


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Pour nous envoyer vos scénarios, écrivez-nous via le formulaire de contact !
Pour en savoir plus...

◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 1 - Introduction
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 2 - Attention aux stéréotypes
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 3 - Les contraintes et buts d'un scénario du commerce
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 7 - Quoi et dans quel ordre ? 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 8 - Le chemin de fer 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 9 - Les genres difficiles 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 10 - Les évidences qui ne le sont pas  
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 11 - Enquête de vérité 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 12 - Auteur professionnel 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 13 - Le talent 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 14 - Le vol d'idée

Bonne année 2019


Voilà ! Nous venons à peine de fêter le 8e anniversaire des Ombres et nous y sommes. 2019 est là !

Que nous réserve cette nouvelle année ? Plusieurs projets dans l’univers des Ombres d’Esteren arrivent à terme, comme la campagne Dearg ou le nouvel album Adeliane ; d’autres continuent à se développer comme le fameux livre des Secrets, la bande dessinée, un cinquième album… et d’autres projets encore, dont certains pourraient donner à Esteren une ampleur inédite - même s’il est encore trop tôt pour en parler. 2019 s’annonce une année riche et surprenante. L’aventure continue avec vous, la communauté qui nous soutient, années après années. Un grand merci pour ça, nous nous sentons très privilégiés.

Très bonne année à toutes et à tous, nous vous donnons rendez-vous au Festival des Jeux de Cannes en février pour la première date de la tournée 2019 :)

Vous retrouverez sur le blog du studio les grandes lignes du programme 2019 pour Esteren. Bonne lecture !


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ou au lancement du prochain financement participatif.

Chronique de campagne dans la Forêt engloutie (2) - Ce que veulent les joueurs (dépouillement des réponses)

Voilà près de deux mois, je lançais un sondage sur ce blog, et celui de Dragons pour demander leur avis aux lecteurs sur les attentes en jeu, dans le but de tester la validité d'une idée. Le but était de voir dans quelle mesure il est possible de demander aux joueurs d'exprimer ce qu'ils aiment, pour mieux cerner les attentes et pouvoir y répondre plus efficacement lors de la création d'une campagne ou la préparation de scénarios.

Aujourd'hui il y a près de 100 réponses (96 précisément) et il me semble qu'il est temps de dépouiller ce sondage !

Au programme de cet article :

1. Résultats du sondage
2. Analyse de contenu
3. Remarques et analyses que j'en retire




Vue sur champignon, photographie prise par mes soins

1. Résultats du sondage


Comme l'ont remarqué certains en répondant (dans les commentaires), certaines questions n'étaient pas dénuée de lien avec la théorie LNS (ludisme- narrativisme- simulationnisme). Pour ceux qui ne connaissent pas ce modèle, vous pouvez trouver des articles sur Place to go, people to be. Beaucoup de choses intéressantes parmi tous les articles traduits. Si vous avez un faible pour la théorisation, c'est un bon endroit où trouver matière à réflexion. Pour en savoir plus sur le modèle LNS, rendez-vous dans l'onglet "Théorie". L'idée centrale derrière le LNS (et d'autres) est de trouver un moyen de se parler, des codes de langage clair pour définir ce qu'on aime et ce qu'on attend. Cependant, bien que porteur sur bien des aspects, le LNS trouve ses limites et a été beaucoup critiqué, jusqu'à parfois être accusé d'être une théorie inutilisable, ce qui est un peu l'opposé de la visée d'un modèle pratique ! J'avais croisé le chemin d'une parole d'un mathématicien peu connu qui travaillait dans les années 1920 (et dont bien sûr, j'ai oublié le nom), il disait :

"Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles."

C'est ici ce dont il est question : pas de trouver une vérité ultime, mais de pouvoir proposer des modèles utiles pour fluidifier, faciliter et améliorer l'expérience de jeu en disposant de codes clairs utilisables par les auteurs lors de la création de scénarios dans le commerce, par les meneurs (pour choisir ce qu'ils veulent jouer, et l'expliquer à leurs joueurs), et par les joueurs (pour exprimer leurs attentes à leur meneur).

Les valeurs dans le tableau


Il y avait 96 entrées. Lorsque j'ai téléchargé les données pour les analyser, j'ai supprimé une entrée à 1-1-1-1-1-1 (bref, 1 partout, signalant apparemment quelqu'un qui n'a pas vraiment participé). Il reste donc 95 "véritables" réponses.

Classement des réponses


Les préférences parmi le panel des personnes qui ont répondu sont :

1 : Immersion
2 : Compréhension
3 : Tragédie
4 : Relations
5 : Accomplissement
6 : Spectaculaire


Accomplissement : 5e position




Total des points : 614
Moyenne : 6.4

Compréhension : 2e position


Total des points : 735
Moyenne : 7.7

Immersion : 1ère position



Total des points : 775
Moyenne : 8.2

Relations : 4e position


Total des points : 640
Moyenne : 6.7

Spectaculaire : 6e position



Total des points : 603
Moyenne : 6.3

 Tragédie : 3e position




Total des points : 655
Moyenne : 6.9


 2. Analyse de contenu


Avis tranchés et avis modérés 


Les données : valeurs minimales

52 personnes ont attribué des valeurs minimales inférieures à 5 (1 à 4).
24 personnes ont mis "5" comme valeur minimale.
19 personnes ont des valeurs minimales comprises entre 6 et 8.

Ce que j'en retire

Je comprends les réponses des 19 comme pouvant être traduite par "J'aime tout dans le JdR". Cependant, personnellement en tant que meneuse, je suis bien embêtée avec un joueur qui me dit "j'aime tout", parce que soit effectivement il aime tout, vraiment tout, soit il aime le JdR en général, mais ne me dit pas précisément ce qu'il préfère, or c'est tout de même le but. Pour moi ces réponses sont donc assez difficiles à interpréter - utiliser.

Les données : écart entre minimum et maximum

25 personnes ont une différence de 1 à 3 points entre leur plus haute valeur et leur plus faible valeur (par exemple minimum 5 et maximum 8, ou minimum 7 et maximum 10).

Après vérification, ce groupe de 25 recouvre entièrement les 19 ayant une valeur minimale de 6 ou plus.

Ce que j'en retire

Pour moi, les résultats dans ce groupe de 25 réponses sont si resserrés qu'ils sont difficiles à interpréter. Ils ne me permettent pas vraiment de distinguer une préférence lisible.

De manière artificielle je pourrais me dire que je peux mentalement augmenter l'écart. Dans une série à 8-8-8-6-6-5, j'en déduirais alors "ce joueur veut accomplissement-compréhension-immersion, mais n'aime pas vraiment relations humaines-spectaculaire-tragédie". Il reste que cette affirmation sur des séries resserrées court le risque de ne pas être très rigoureuse, voire d'être erronée (une réponse avec valeurs resserrées, c'est peut-être une question d'humeur du jour, de groupe de jeu, de meneur...).

Parenthèse méthode


Dans les paragraphes qui suivent, je précise si applicable si je suis partie des "avis tranchés" ou des "avis modérés". J'utilise des filtres de couleur pour mettre en évidence les valeurs basses, médianes ou hautes des différentes catégories et voir si on a du "rouge" ou "vert" nettement concentré dans certaines colonnes, de sorte qu'elles seraient thématiquement reliées dans l'esprit des gens qui ont répondu. 

Avis modérés : Accomplissement-Spectaculaire-Tragédie sont négativement associés


En étudiant les avis modérés dans tous les sens pour voir s'il y avait une quelconque tendance, je n'en ai vu qu'une, et encore, vu le faible échantillon, c'est peut-être une anomalie statistique. De quoi s'agit-il ?

Ceux qui ont signalé ne pas vraiment aimer (tout est relatif, on est dans les avis modérés) la dimension d'accomplissement, ont presque toujours mis des scores bas à la dimension spectaculaire, et de manière assez nette (quoique moins marquée), des scores bas à la dimension tragédie.

Je n'ai en revanche pas vu de lien évident entre compréhension, relations humaines et immersion dans les réponses de ce groupe.

Avis tranchés : Ceux aimant l'immersion déclarent ne pas aimer {accomplissement + spectaculaire}


En examinant la moitié des avis sur l'accomplissement, on observe une quasi superposition avec la catégorie du spectaculaire.

Plus précisément ceux déclarant ne pas aimer les dimension accomplissement + spectaculaire disent aimer très fortement la dimension d'immersion.

Avis tranché : " J'aime les relations" est un un sous-groupe de "J'aime l'immersion."


Presque toutes les personnes déclarant aimer l'aspect relationnel ont également mis de gros score dans l'immersion.

• 27 personnes donnent 237 pts à Relations avec une moyenne de 8.77
•  les mêmes donnent 239 points en Immersion avec une moyenne de 8.85 !
•  201 points en tragédie avec une moyenne de 7.17
•  197 points en compréhension avec une moyenne de 7.29
•  169 points en spectaculaire avec une moyenne de 6
•  163 points en accomplissement avec une moyenne de 5.8

Ces répondants sont généralement peu convaincus par spectaculaire et accomplissement.

Avis tranché : Qui sont les amateurs de tragédie ?


Ceux qui aiment la tragédie (31 hauts scores) déclarent majoritairement ne pas aimer le spectaculaire et l'accomplissement.

Les exceptions : 5 aimant la tragédie mettent un haut score en spectaculaire ; et autant associent la tragédie et l'accomplissement ; seuls 2 associent tragédie, accomplissement et spectaculaire en haut score (autant dire que c'est vraiment minoritaire).

Pour tâcher de comprendre où placer les amateurs du style tragique, j'ai compté les points chez ceux qui avaient mis 8 et + en tragédie.

• Ce groupe donne 272 points en tragédie ; moyenne 8,8
• 251 points en immersion ; moyenne de 8
• 228 points en compréhension ; moyenne de 7,3
• 211 point en relation ; moyenne de 6,8

• 186 points en spectaculaire ; moyenne de 6
• 173 points en accomplissement ; moyenne de 5,6

Note : j'ai vérifié aussi avec l'entièreté des avis (et non seulement les tranchés qui sont plus lisibles) : les classements et écarts restent les mêmes.

J'ai l'impression que la tragédie est très polarisatrice : quand on l'aime, c'est beaucoup.

 3. Réflexions et questionnements

Des groupes semblent apparaître

Compréhension est neutre : il s'associe équitablement avec tous les autres. 
Spectaculaire est un sous-groupe d'Accomplissement : on aime le spectaculaire si on aime déjà l'accomplissement au préalable, mais aimer l'accomplissement ne garantit pas d'aimer le spectaculaire.

Immersion est le plus grand et le plus fort ; il est le meilleur point commun dans les réponses données.
Relations est un sous-groupe d'Immersion. On aime les relations si on aime au préalable l'immersion, mais aimer l'immersion ne garantit pas d'aimer les relations. 
Relation est opposé à Spectaculaire et Accomplissement.

On pourrait faire ainsi une sorte de schéma qui représente les proximités de goûts qui semblent se dessiner :



 L'axe Raison / émotion signale le type d'implication privilégié (réfléchir en stratège ou avoir pour motivation première de réagir à ses ressentis) ; l'axe action / se laisser porter tente de définir un style contemplatif ou riche en initiatives.

J'ai l'impression qu'on a possiblement une piste pour demander aux joueurs ce qu'ils souhaitent faire, ce qu'ils aiment, mais ce modèle n'est pas encore très ergonomique. De fait, si autant de gens ont donné des réponses peu différenciées, il est clair que les questions n'étaient pas si claires que ça.


 Merci à tous ceux qui ont participé, c'est très précieux de pouvoir se poser et réfléchir pour développer de meilleurs modèles. A suivre dans les prochains articles ! Je continue de réfléchir à ces questions, et il me reste à dépouiller toutes les remarques et commentaires !

Rentrée Esteren

La rentrée est là ! C’est la bonne occasion de faire un tour d’horizon du projet et vous annoncer ce que nous prévoyons dans les prochains mois pour la gamme. C’est parti :

 

FINALISATION DE DEARG & PRECO BACKERKIT

Projet emblématique de la gamme, tant par son ampleur que par les difficultés rencontrées, la date de livraison de Dearg approche enfin. Tous les livres sont imprimés et notre nouveau fabricant travaille sur les accessoires. Nous pourrons annoncer une date de livraison lorsque l’imprimeur aura terminé son travail. Dans une seconde vague de livraison, tous les souscripteurs recevront la seconde saison de Dearg et le jeu de tarot : les deux fonctionnent ensemble, autour de la mécanique des scénarios modulaires. Ces deux projets font partie des cadeaux que nous faisons à nos souscripteurs: c'est la moindre des choses que nous puissions faire pour les remercier de leur soutien pendant toutes ces années. Si vous avez loupé le coche, nous ouvrons une phase de précommande pour Dearg sur BackerKit pendant une semaine. Le prix est plus élevé que pendant la souscription Ulule mais encore largement en-dessous de ce qu'il sera dans le commerce. Profitez-en !

Le premier exemplaire de l'édition limitée de la saison 1 de la campagne Dearg

SUITE DE LA GAMME

En parallèle, le travail continue sur plusieurs projets. Un bestiaire pour Esteren est en cours de conception. De quoi cuisiner vos PJ comme il se doit ! Alors que la saison 2 de DEARG est écrite et en relecture, le chantier des Secrets va reprendre. Pendant que ces trois gros dossiers mijotent dans leur coin, un petit thema arrive à maturité et vous sera proposé très bientôt : Melwan. Enfin, un petit mot sur la réédition du Livre 0 - Prologue : promis à nos souscripteurs de la réédition du Livre 2 Voyages, le travail sur la nouvelle édition du Prologue va pouvoir être finalisé. Il était nécessaire de boucler l’écriture de la seconde saison de Dearg pour s’assurer de la cohérence globale.

UN GUIDE DE MELWAN

Le thema Melwan se concentre sur la région éponyme que vous avez pu découvrir dans le Livre 0 - Prologue mais aussi dans le jeu vidéo L’Héritage des Mac Lyr. Dans la continuité du Manuel de la lune noire, Melwan sera narratif, à mi-chemin entre le supplément de jeu de rôle et le artbook. L’ouvrage lui-même est le carnet de voyage de l’éleveuse de caernides Neala, barde de Melwan, amie d’enfance d’Yldiane. Nous lui laissons la parole :

Le ciel est couvert et il pleut au loin. Le vent souffle et porte l’humidité de l’air. Je vais m’abriter dans la caselle proche. Il y a de petits abris de pierre sèche dans ce genre un peu partout dans la vallée. Les plus anciennes furent édifiées il y a des siècles. À chaque génération, les varigaux, les chasseurs et les bergers les restaurent. Nous avons tous besoin de nous sentir en sécurité quelque part.

Protégé des vents déchirants des océans par les montagnes qui l’enserrent, loin de l’agitation des cités de la péninsule et des intrigues des puissants, le val de Melwan est mon foyer. Mon nom est Neala. Je suis bergère, éleveuse, barde et un peu guérisseuse. L’apothicaire Venec compte sur moi pour cueillir les simples quand j’emmène paître mes bêtes à l’extérieur du village. Mes caenides peuvent se contenter de peu, et trouvent même à leur goût les rudes fougères des bois, mais ils aiment bien plus ces grandes prairies qui bordent la route qui mène à notre village.

J’aime bien rester ici, à regarder l’horizon, à imaginer ce qu’il y a au loin, à guetter l’arrivée des quelques voyageurs qui viennent chez nous, et saluer ceux qui partent. Je me rappelle de chacun d’eux. J’ai gravé leurs noms et leurs visages dans ma mémoire. J’ai dit adieu à la petite Adeliane chassée d’ici voilà des années ; au revoir à la fougueuse Yldiane qui avait suivi le varigal Jarn le balafré ; et j’ai guidé plus récemment l’inquiétant magientiste Talacien jusqu’à chez nous. Aurait-il mieux valu que j’aille le perdre dans la forêt ?


Nous allons lancer une courte campagne Ulule dédiée à Melwan très prochainement. En plus de ce supplément, plusieurs surprises vous attendent. Alors que les grands chantiers comme Dearg nous occupent des années, d’autres projets progressent et plusieurs sont aujourd’hui suffisamment avancés pour que nous vous les propositions en souscription. Ce sera aussi l’occasion de fêter dignement le huitième anniversaire de la sortie du livre de base des Ombres d’Esteren, publié en septembre 2010. Dès que la campagne Ulule sera en ligne, nous posterons l’annonce ici même. Vous pouvez aussi vous inscrire à la mailing list pour recevoir une notification.

L'illustration de Melwan est pratiquement finie. Ici le sanctuaire demorthèn en hiver, par Sandrine & Chris   

 

ESTEREN TOUR

Depuis cet été, nous avons passé la barre des 200 dates et la tournée continue ! Nous vous donnons rendez-vous à OctoGônes – du 5 au 7 octobre, puis le 20 Octobre à Paris pour le festival Imagibière organisé par nos amis de la Brasserie de l’Être. Cette date s'annonce unique, réservez votre journée ET votre soirée ! Nous vous préparons pas mal de surprises à cette occasion. Nous serons également présents au Salon Fantastique de Paris en tout début novembre.

D’autres projets sont en cours de conception, de discussion : un peu tôt pour vous en parler mais ça s’active dans les ombres ! 2019 s’annonce une grande année pour Esteren !

Un grand merci à toutes et tous pour votre soutien depuis le début :)

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Pour être averti au lancement de la prochaine souscription Ulule, inscrivez-vous à la mailing list.

Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios (14) - Le vol d'idée

En suivant cette série, vous aurez constaté que les thèmes des articles proviennent souvent de discussions, remarques et questions que je reçois. Le vol d'idées est une question qui n'est pas fréquemment abordée, mais suffisamment régulièrement pour ne pas la considérer comme anecdotique. Tout le monde a déjà entendu parler de loin du plagiat littéraire, de la triche aux diplômes de recherche, ou du vol d'invention (brevet, etc.).

Alors faut-il avoir peur d'exposer ses idées à un éditeur ?

Une relation de confiance

L'édition d'un ouvrage ne fonctionne bien que si éditeur et auteur nouent une relation de confiance. Par principe, on admet que le partenaire cherche à agir pour le mieux, et en cas d'ambiguïté, on l'interroge, et il répond. Seulement la confiance n'apparaît pas du jour au lendemain, et ceux qui ont déjà souffert d'expériences déplaisantes (tromperies, clauses peu claires, rapport de force, etc.) sont inévitablement échaudés.

En résumant, la relation se présente un peu comme suit :

◾ L'auteur investit du temps, de l'énergie, et beaucoup de sensibilité.

◾ L'éditeur investit du temps, de l'énergie et de l'argent.

Il n'y a pas de recette miracle (ou alors je ne la connais pas) pour être sûr de quelqu'un. J'ai l'impression que le plus sûr reste encore de voir comment il fonctionne, comment il travaille, et évaluer si son attitude et ses réalisations sont convaincantes.

Dans tous les cas, si on ne se sent pas "bien", ce n'est pas la peine de s'embarquer dans une galère qui consommera à coup sûr du temps et de l'énergie, sans que la destination atteinte ne soit forcément satisfaisante.

Le vol d'idées existe-t-il vraiment ?

Oui et non.

En premier lieu il faut savoir que les idées ne sont pas protégées (en tous cas pas sur les créations écrites). Seul le texte effectif -- l’œuvre -- est protégé. Si vous discutez avec un auteur potentiel de votre dernière idée, il pourra l'utiliser. Mettons que je parle de ma campagne de la Forêt engloutie, et que raconte qu'il y a dedans un monstre-nénuphar qui n'a l'air de rien, et paf, attaque les gens isolés par surprise dans les marais. Je ne pourrais pas me plaindre si je découvre 1 an après que mon interlocuteur a tellement aimé le nénuphar tueur qu'il l'a placé dans une nouvelle, un roman ou un scénario.

Maintenant, suis-je inquiète ? Non. Dois-je cesser de parler absolument de toute œuvre en cours d'élaboration ?  Je ne pense pas.

Si l’œuvre de mon interlocuteur est un succès, sera-ce à cause exclusivement du nénuphar-tueur ? Probablement pas. Il aura su mettre en scène une ambiance et une histoire, et sa réussite sera la sienne. Et puis... même s'il publie son nénuphar-tueur, ça ne m'empêche pas de le faire de mon côté (et d'avoir un meilleur nénuphar-tueur tant qu'à faire !).

Peut-on parler de vol s'il n'y a pas de perte ?

Nous puisons sans arrêt des bribes d'idées ici ou là. Quand on dit "Esteren a des ressemblances avec Princesse Mononoke, Berserk et Akira", il s'agit de nommer des œuvres qui ont été assez puissantes pour nourrir l'envie d'écrire et donner de l'énergie -- l'inspiration -- à certains des premiers auteurs de la gamme.

Une création est féconde lorsqu'elle donne des bribes d'idées à d'autres créations. C'est même à cela qu'on reconnaît une œuvre réussie. A la limite, si vous parvenez à donner envie à d'autres de vous "copier", c'est que vous avez trouvé quelque chose. Et si la copie veut exister, elle doit à son tour avoir une saveur propre, originale, et bref, être féconde.

Les idées vivent, s'échangent et circulent.

Au moins dans l'écrit, il me semble qu'il n'y a pas à s'inquiéter que des gens puisent dans vos idées.

Sélection darwinienne des idées


Quand je travaille à un projet de scénario, mon approche consiste à préparer (dans la mesure du possible) un ensemble d'idées, de squelettes. Disons 3 à 5 par exemple. Ensuite a lieu une discussion éditoriale, et on détermine laquelle sera développée (ou développée en premier si plusieurs s'avèrent intéressantes).

J'ai l'impression qu'il en va souvent des idées comme des espèces : les meilleures (mieux structurées, plus adaptées, etc.) survivent et prospèrent, les autres vont sommeiller, être perfectionnées, recyclées ou laissées de côté. En présenter plusieurs permet d'avoir de bonnes chances de travailler sur quelque chose qui vous plaira.

En ce sens, il me paraît indispensable d'apprendre à avoir des idées, s'investir, et accepter qu'elles ne soient pas retenues. Pour travailler sur la longueur, j'ai le sentiment qu'il faut s'impliquer et savoir lâcher prise ; apprendre à renoncer à un moment, revenir plus tard. Il s'agit d'un mélange de détermination et de souplesse. La détermination permet de ne pas perdre de vue votre cap (créer, développer des idées qui vous tiennent à cœur) ; l'adaptabilité vous donne les moyens de gérer les contraintes.

Ne jamais arrêter de créer


On craint moins de perdre des idées ou qu'elles ne soient pas utilisées, si on en a un stock suffisant. Il est indispensable de réserver du temps, chaque semaine, à mener des recherches, réfléchir, écouter, noter. Les premières idées qu'on a viennent peut-être par hasard, mais sur la durée, il est important d'apprendre à en avoir, trouver ce qui nous convient comme méthode pour créer. Ce n'est pas juste une histoire de fulgurance, c'est aussi beaucoup de travail.





Photographie prise par mes soins lors d'une visite d'une exposition consacrée au pastel, au Petit-Palais. Vous les voyez les mignons pique-assiette ? Évidemment le gâteau, c'est votre idée ! (métaphoriquement s'entend). S'ils picorent quelques miettes du gâteau, est-on vraiment perdant ? (en plus ils sont mignons et ça donne le sentiment que notre gâteau est bon !)

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Pour nous envoyer vos scénarios, écrivez-nous !  
Pour en savoir plus...

◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 1 - Introduction
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 2 - Attention aux stéréotypes
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 3 - Les contraintes et buts d'un scénario du commerce
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 7 - Quoi et dans quel ordre ? 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 8 - Le chemin de fer 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 9 - Les genres difficiles 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 10 - Les évidences qui ne le sont pas  
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 11 - Enquête de vérité 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 12 - Auteur professionnel 
◾ Proposer des canevas ou des scénarios, partie 13 - Le talent

Chronique de campagne dans la Forêt engloutie (1) - Ce que veulent les joueurs

En lisant ce blog, vous avez déjà pu voir que je travaille depuis un moment sur une campagne "Forêt engloutie" qui est actuellement jouée en "play by forum" en parallèle de sa rédaction.

- J'avais évoqué la question de sa structure en entrelacs, une méthode d'écriture et d'organisation des données visant à faciliter une maîtrise avec un groupe à composition fluctuante et avec des temps de parties limités (4h à 6h max). L'entrelacs est lié par défaut à des arcs narratifs qui facilitent l'organisation, ainsi dans un canevas d'étape, il est indiqué les arcs narratifs les plus aisément impliqués dans l'intrigue, ceux qui seront au cœur de l'affaire.

- Également, des recherches graphiques pour l'environnement marécageux, lui donner une identité. Outre cela, il y a des plans ébauchés, dont celui du petit château de Terfynisel.

- Certaines figures importantes sont déjà illustrées pour Terfynisel et les marais ; ou les Ronces présents dans les environs, notamment Cendres ; la mystérieuse Servane (mieux connue par mes joueurs comme "la sorcière") ; le célèbre feond nénuphar (on le trouve assez drôle jusqu'à ce qu'on constate les dégâts !)

Je vous propose ici une nouvelle série d'article ayant pour point commun les réflexions en coulisse sur la conception de cette campagne, et quelques clins d’œil à ce qui s'y déroule. Il s'agit d'une illustration des méthodes de travail, avec leurs tâtonnements et le plaisir de voir les joueurs explorer les intrigues, tisser des liens, s'impliquer et foncer dans la gueule du feond.

Mais que veulent les joueurs ?


Quand j'écris et mène, je me pose quantités de questions. Comment faire pour satisfaire autant que possible les uns et les autres ? Est-ce que je comprends bien leurs attentes ? Qu'est-ce qui les amuse ? Cette intrigue qui me plait tant est-elle appropriée à ce groupe ? Ceci n'est-il pas une fausse bonne idée ? Etc.

Récemment ces questionnements -- et des expériences ou échos d'expérience provenant notamment de parties de JdR dysfonctionnelles -- m'ont amenée à proposer un ensemble de grands groupes de goûts. Mes premiers sondages dans mon entourage m'incitent à penser que le modèle n'est pas totalement erroné, même s'il peut être certainement perfectionné.

Pour l'instant, j'identifie les axes de goûts suivants (sachant qu'ils peuvent tous être combiné mais que j'ai rarement vu de joueurs avoir plus de 3 goûts très marqués) :

- Accomplissement : surmonter un défi à composante physique / action
- Comprendre : trouver la vérité, déduire, créer un plan, bref surmonter un défi plus intellectuel
- Immersion dans le monde : voyager, apprendre des anecdotes, connaître le monde du jeu comme s'il était réel
- Immersion dans les relations proches : amitié, amour, bavardages, petites querelles et réconciliations
- Spectaculaire : pas de temps mort, des événements grandioses, des feux d'artifices, des effets spéciaux -- et un certain sentiment de puissance
- Tragédie : des dilemmes moraux, des émotions puissantes, le risque de l'échec, de la folie ou de la mort, des revirements puissants, des scènes à fendre le cœur, et aussi des historiques tourmentés, des psychés douloureuses et sensibles.

Note : il s'agit des goûts des joueurs. Il est peu probable que les personnages joueurs menés par un joueur aimant les tragédies se réjouissent de leur sort (ce serait assez antinomique, non ?).

Participez en nous disant ce que VOUS aimez !


Pour poursuivre la réflexion en étendant le champ des avis, j'ai préparé un petit sondage, et dès que j'aurai assez de réponses, je pourrai vous faire une synthèse. C'est par ici !




Photographie prise par mes soins au cours d'une visite du Jardin des fontaines pétrifiantes à côté du massif du Vercors (très chouette si vous aimez les jardins... certes, cette illustration n'a pas de lien évident avec ledit jardin !)

Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios (13) - Le talent

L'article du jour est inspiré de remarques que j'ai entendues récemment et ayant en commun le thème du talent d'auteur. Ils rejoignent aussi d'autres questions abordées dans des articles précédents de cette série (voir en bas d'article). Alors que certains sont convaincus que toute personne qui critique leur écrit a mal compris le texte, d'autres à l'inverse se remettent excessivement en question, et finissent par douter de tout.

"Il y a plein de gens plus talentueux que moi."


Il y a toujours des gens meilleurs que soi. Attendre d'être bon pour s'exercer aboutit juste à ne pas s'entraîner et donc ne jamais pouvoir s'améliorer. Ne vous comparez pas sans cesse à des modèles idéalisés et inatteignables, mais concentrez-vous plutôt sur ce que vous aimez.

Aimez-vous écrire ?

Aimez-vous passer des heures à imaginer une ambiance, une intrigue, un lieu ?

Si oui, le talent est une préoccupation secondaire : vous vous améliorerez de toute façon avec la pratique. L'essentiel c'est la flamme qui vous rend déterminé à persévérer.

Donc écrivez, chaque jour. Donnez-vous des objectifs : des nouvelles, un roman, une campagne en Play by forum, un recueil de scénarios, etc. et lancez-vous.

"Mon style n'est pas bon."


Dans cette affirmation, il y a souvent un mélange entre des faiblesses objectives et un manque d'assurance par rapport à des traits personnels.

La faiblesse objective, c'est le défaut de maîtrise de la langue dans laquelle vous écrivez. Si vous utilisez "faire" pour toute description d'action, votre texte sera truffé de répétitions qui seront rapidement pesantes. Si vous mélangez les homonymes, votre texte sera incompréhensible. Même chose si vous écrivez des phrases interminables dont les composantes ne s'articulent pas conformément aux règles de la grammaire (verbe accordé avec un mot qui n'est pas son sujet et autres joyeusetés qui apparaissent quand les propositions subordonnées s'enchaînent).

Si vous êtes concernés par des faiblesses techniques, oui, il faut travailler votre français.

En revanche, passé ce défaut objectif, si votre style est déclaré plat - fouillis - fade - lourd - (ou plein d'autres choses) par quelqu'un, ne vous désespérez pas immédiatement. Pensez par exemple à la réaction d'un public académique face aux premières œuvres impressionnistes ou cubistes. Ces toiles étaient considérées comme laides et mauvaises, et aujourd'hui, elles se vendent des millions.

Je ne prétends pas qu'une critique négative soit la preuve de la valeur d'un texte ! J'attire seulement votre attention sur le fait que le style est une affaire de goût et de sensibilité. Si vous décidez d'écrire à la manière de Victor Hugo, avec des figures de style à tous les étages, il y aura des gens pour dire que c'est ampoulé, tordu et incompréhensible ; et si vous écrivez dans un style sec, nerveux, avec peu d'adjectifs ou d'adverbes, on pourra vous dire que c'est plat, froid et dépourvu de sensibilité.

Quoi que vous fassiez, quoi que vous créiez, ce sera susceptible d'être critiqué et de ne pas être aimé.

Fondamentalement, la question que vous devez vous poser est : "Est-ce que ça ressemble à ce que je cherche ?" Si oui, alors c'est réussi.

Mais alors, est-ce que toute création réussie pour son auteur sera publiée ? La réponse est non ; c'est nécessaire, mais pas suffisant : il faut que cela plaise aussi à l'éditeur. Il faut donc trouver cet éditeur, ce lecteur particulier qui mettra ses moyens à disposition pour diffuser votre œuvre.


Conclusion


Une petite conclusion à cet article : ce n'est pas facile d'avoir la bonne attitude à l'égard de son travail créatif. Il faut s'y investir pour qu'il ait une âme et soit de qualité, et pouvoir arriver au bout de longs projets ; mais il faut aussi savoir prendre de la distance pour avoir un regard lucide sur lui. Prendre trop de distance peut rendre influençable, et aboutir à paralyser la création à force de chercher la perfection. Un livre n'est pas publié parce qu'il est parfait, mais parce qu'il a su "parler" à ses lecteurs, et en particulier à l'éditeur. Ce qui compte au fond, c'est d'écrire avec amour, et passion, mais en gardant aussi toujours à l'esprit qu'on pourra faire sans doute mieux encore. Cet équilibre fragile  permet de s'investir aujourd'hui et demain, tout en regardant les textes d'hier avec bienveillance et lucidité.




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- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
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- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 10 - Les évidences qui ne le sont pas  
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 11 - Enquête de vérité 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 12 - Auteur professionnel

Vous voulez proposer des canevas ou des scénarios - (12) Devenir auteur

Après déjà plusieurs articles consacrés à la soumission de manuscrits, je vous propose un détour sur le fait de devenir auteur. En soi cette formulation est étrange : on est auteur de ce que l'on crée, peu importe le support ou la diffusion. Vous avez créé une histoire ou une aventure, peu importe combien de personnes la connaissent (ou l'apprécient), vous êtes auteur. Le propos ici sera d'utiliser "auteur" au sens d'une personne qui est rémunérée régulièrement pour ses écrits, et plus précisément dans le cas du JdR.

Une absence de diplôme


A ma connaissance, il n'existe pas de formation pour devenir auteur de JdR. J'ai bien entendu parler de M2 enseignant les techniques d'écriture -- ils peuvent donc être appliqués ici par extension --, mais dans l'ensemble, je pense qu'on peut admettre l'approximation généralisatrice : la seule formation à l'écriture de JdR qui existe est autodidacte, c'est-à-dire "sur le tas".

Par conséquent, chaque auteur à venir redécouvre un peu tout seul le fil à couper le beurre : comment s'organiser dans la journée, dans la semaine, sur la durée, comment faire passer des idées, les structurer, etc. En substance : vous allez nécessairement galérer au début et pendant un bon moment. Il s'agit de persévérer même si ce n'est pas parfait, faire de son mieux sans se décourager, et petit à petit l'aisance viendra.

Une autre activité principale


Le fait que l'on apprenne à écrire en écrivant signifie aussi qu'au moment où l'on commence à écrire, on n'est pas opérationnel. Il manque des réflexes, des notions, des repères pour être à l'aise et savoir comment s'y prendre au mieux. On perd beaucoup de temps à découvrir son rythme d'écriture, ou la manière la plus optimale d'aborder un problème.

Il en découle que tout le monde (je pense) a une activité principale comme source de rémunération au moins au début. Avoir une vie professionnelle prenante à côté (et aussi amoureuse, familiale, associative, etc.) réduit inévitablement le nombre d'heures que vous pouvez consacrer chaque semaine à vos écrits.

Supposons que vous puissiez écrire 5h par semaine, cela représenterait dans les 10K d'écriture, peut-être un peu plus, mais pas énormément. Ajoutez autant de temps ensuite pour intégrer les retours, faire les reprises de texte etc. Il faut bien être conscient que 5h à consacrer chaque semaine, c'est comme faire 1h de jogging chaque jour, qu'il vente, pleuve ou neige. C'est le même type d'engagement.

- Un canevas avec des annexes pèse dans les 30 à 40K, soit 3 à 4 semaines d'écriture avec ce rythme. Si on ajoute le traitement des retours, on peut espérer que ce sera totalement terminé en 2 mois.
- Un module pèse 50 à 100K, soit 5 à 10 semaines d'écriture dans ces conditions. Si on ajoute les retours immédiatement derrière, cela ferait environ 6 mois de votre vie dédié à ce projet.
- Pour une campagne, disons ... 700K ? 70 semaines à ce rythme. Un an et demi juste pour écrire ; soit potentiellement 3 ans de votre vie pour faire aboutir une campagne avec rigueur en ayant une vie bien remplie à côté.

Dans le cas d'un module, il est possible d'écrire "à fond" au début, et ensuite finir plus tranquillement, avec toujours de la rigueur. En revanche, quand il s'agit d'écrire un gros volume, démarrer fort est peut-être utile, mais l'enjeu est surtout de tenir sur la durée.

A moins que vous soyez du genre super tenace, et que vous vous connaissez comme tel, je pense qu'il est plus sûr de commencer par un projet à taille humaine (le module ! le canevas !) pour vous faire la main. Rêver à plus grand, c'est bien, mais commencer trop gros peut aussi faire courir le risque de s'épuiser et se décourager.

... et d'ailleurs rien n'empêche de concevoir une campagne constituée de plusieurs modules : si vous arrivez vraiment au bout de tout ce qui était prévu, ce sera super, et si vous vous épuisez en chemin, vous aurez la satisfaction d'avoir déjà rédigé plusieurs aventures.

Au-delà de la première histoire


Vous avez réussi à créer un module ou une campagne courte, et mieux, elle plait ! A ce moment, vous devriez vous connaître suffisamment pour évaluer ce que vous voulez.

Peut-être que participer une fois à l'aventure de la création d'un module vous aura suffi, et pour la suite, vous n'éprouverez plus la même envie de suer sang et eau pour faire aboutir une oeuvre.

Ou bien vous vous rendrez compte que vous avez encore beaucoup d'idées, que vous n'avez fait qu'effleurer la surface et vous voudrez poursuivre. 

Peut-on en vivre ?


La question se pose avant tout pour ceux qui se rendent compte qu'ils écriront quoi qu'il arrive, parce que c'est quelque chose d'important pour eux, peu importe la forme que cela prenne.

La réponse est "oui, on peut en vivre". Mais il y a des "mais" : vous avez intérêt à être très bien organisés, à avoir des proches qui vous soutiennent (ou un bas de laine ou les deux) pour les périodes de vache maigre. Parvenir à gagner un SMIC en tant qu'auteur, c'est être privilégié par rapport à la masse des auteurs qui reçoivent très peu (et donc concrètement, n'en vivent pas). Si vous avez un métier par ailleurs bien payé ou un crédit à rembourser ou plusieurs enfants, ce n'est sans doute pas le meilleur plan d'avenir. Comme la plupart de ceux qui sont susceptibles de devenir auteurs ont une vie "avant", il est facile de mettre en balance ce qu'on a et qu'on est prêt à perdre, par rapport à ce que l'on rêve d'atteindre. Il y a un avant et un après lorsqu'il s'agit de devenir professionnel.

Le métier, même quand on a des contrats, reste précaire, et chaque année passée à vivre de vos créations est une victoire. Si vous passez un certains seuil de revenu, vous pouvez déposer un dossier auprès des AGESSA pour être reconnu comme auteur du point de vue administratif (sécurité sociale, caisse de retraite, caisse de retraite complémentaire obligatoire). Chaque année, il faudra préciser à nouveau vos gains en droit d'auteur pour avoir le droit de dépendre de ces administrations (bonne nouvelle : les démarches de réactualisation sont infiniment moins pénibles que le premier dossier).

Au-delà même des aspects matériels, faut aussi avoir conscience que les critiques peuvent être virulentes, et que les défis qui vous attendent ne diminuent pas en difficulté : stress des cadences de travail et des deadline, se renouveler malgré tout, travailler en équipe, faire face à des imprévus improbables (mais qui sont tout de même assez réguliers en fait !).

Un des buts du studio Agate


Au sein du studio Agate, nous cherchons à faire en sorte que les collaborateurs puissent vivre de leur travail créatif. C'est un but qui est en perpétuelle construction, nécessitant de se remettre sans cesse en question et de s'adapter, ne pas se laisser décourager, et rester ouvert aux opportunités. Il y a des difficultés, mais aussi de belles rencontres, de nouveaux membres d'équipe qui nous rejoignent plein d'enthousiasme et d'énergie.

... et peut-être qui sait, certains de ces futurs membres lisent ces lignes ?


Star rock - Muriwa - Par Jamie Wang - Nouvelle Zélande



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- Proposer des canevas
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- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 4 - La relecture de fond
- Proposer des canevas
ou des scénarios, partie 5 - Les petits riens formels qui coincent
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 6 - Persévérance
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 7 - Quoi et dans quel ordre ? 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 8 - Le chemin de fer 
- Proposer des canevas ou des scénarios, partie 9 - Les genres difficiles 
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